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Les stagiaires de la colère

24/11/2005

Ce jeudi 24 novembre, le collectif Génération précaire organise la première grève des stagiaires pour dénoncer l'exploitation des jeunes diplômés. La publicité et les médias sont montrés du doigt.

Le 24 novembre fera-t-il date auprès des recruteurs ? ­Prévue ce jeudi, la grève des stagiaires, chapeautée par le collectif ­Génération précaire, dénonce l'exploitation de cette main-d'oeuvre non ­salariée, souvent même non rémunérée. Certains sortent de Sciences Po ou de HEC. Pourtant, comme les autres, ces jeunes diplômés sont condamnés à enchaîner les stages durant des mois, voire des années, sans poste à la clé.

« C'est de pire en pire », soupire Cathy, RMiste et fondatrice du collectif, qui pointe les secteurs de l'audiovisuel, de la presse ou du marketing. Dans les agences de publicité, les professionnels évaluent le nombre de stagiaires à un cinquième des effectifs ! À peine moins dans le journalisme ou le marketing, où les entreprises sont soucieuses de comprimer leurs frais de personnel dans une conjoncture morose. « Des postes ne sont occupés que par des stagiaires qu'on renouvelle tous les six mois. De plus en plus de jeunes se réinscrivent à la fac, juste pour bénéficier d'une convention de stage », déplore Cathy. Au service communication de Prisma Presse, par exemple, les diplômés sont prévenus dès leur arrivée que leur stage d'un an ne débouchera pas sur un emploi.

Talents en fuite

Les employeurs ont le droit pour eux. Un arrêté datant de 1978 exonère de charges les entreprises qui paient leurs stagiaires moins de 30 % du Smic. Une économie colossale pour une agence de publicité, dont la masse salariale représente entre 50 % et 70 % des comptes d'exploitation.

Mais gare au retour de flamme. De L'Oréal à BNP Paribas en passant par Danone, des annonceurs élaborent, eux, de véritables systèmes de préembauche, correctement rémunérés. Conséquence : « Les jeunes diplômés des grandes écoles ont tendance à délaisser la publicité pour aller chez eux », s'inquiète-t-on à l'Association des agences-­conseils en communication (AACC).

Pour éviter cette fuite des talents, l'AACC a édité en 2004 une charte des stagiaires, qui limite la durée des stages et impose une rémunération. Dès 1997, Publicis a ouvert la danse en imposant une durée maximale de stage de six mois. Chez Euro RSCG, un système de tutorat des étudiants complète un dispositif composé d'un guide et de deux entretiens d'évaluation de stage.

Côté médias, le groupe Bayard Presse a planché fin 2004 sur un meilleur suivi des stagiaires, en ­informant tous les trois mois le ­comité d'entreprise sur leur nombre et leur affectation. « Pas de stage sur des postes pérennes », assure Catherine Béquelin, directrice des ressources humaines du groupe.

Hors la loi

« C'est bien, mais pas suffisant. Il faudrait une véritable loi pour que les étudiants aient des possibilités de recours en cas d'abus », milite Nicolas, en stage dans la publicité, qui compte bien se mettre en grève ce 24 novembre.

La mobilisation sera-t-elle suivie dans les agences et les médias ? Rien n'est moins sûr. « Légalement, seuls les salariés peuvent faire grève », reconnaît-on au collectif. Ses membres portent d'ailleurs tous des masques et des pseudonymes pour éviter d'être ­reconnus. Pas facile d'être contestataire quand on est précaire.

www.génération-précaire.org

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