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Cette femme porte La Croix

12/01/2006 - par Muriel Signouret

Nommée en avril dernier, après la promotion de Bruno Frappat à la présidence du directoire de Bayard, Dominique Quinio est la seule femme en France à diriger un quotidien payant.

Installée dans un bureau sans prétention, Dominique Quinio pilote La Croix depuis le mois d'avril dernier. Une révolution dans la presse française : elle est la seule femme à diriger un quotidien, si l'on exclut Valérie Decamp, directrice générale du journal gratuit Metro. C'est donc un groupe d'obédience catholique qui a, le premier, osé ne pas confier à un homme les rênes d'un journal payant, diffusé à 96 416 exemplaires payés, selon l'OJD. L'occasion pour Bayard de consacrer la fidélité d'une employée modèle, qui a passé trente ans au service du quotidien.

À la fois héritière et pionnière

Rue Bayard, dans le viiie arrondissement de Paris, l'ombre de son prédécesseur, Bruno Frappat, nommé président du directoire du groupe, plane encore sur la rédaction de quatre-vingts journalistes. « Il n'est jamais facile de succéder à un tel monstre, observe Dominique Gerbaud, l'un des rédacteurs en chef. Mais nous avons de la chance de voir un intellectuel-journaliste céder sa place à une journaliste intelligente. »

Plus modeste, l'intéressée se veut la dépositaire de l'oeuvre de ses aînés : « La Croix, c'est une série d'héritages. Je m'inscris dans une ­certaine continuité. Et comme disent les ­Assomptionnistes [congrégation religieuse propriétaire de Bayard], il me faut être à la fois héritière et pionnière. »

De Noël Copin, qui a dirigé La Croix de 1982 à 1995, elle a appris la nécessité d'exposer ce journal sur lequel « beaucoup de gens ont encore trop d'idées reçues », selon elle. De Bruno Frappat, arrivé à la direction du quotidien en 1995 après avoir dirigé la rédaction du Monde, elle retient « la rigueur, l'exigence et l'ambition ». C'est d'ailleurs grâce à lui que cette mère de quatre enfants, croyante, a pu être propulsée à ce poste. « Pour moi, elle incarne La Croix et son public », confie le président de Bayard, avant d'ajouter : « J'ai trois fiertés à ce sujet. D'abord que cette succession se soit passée sans difficultés. Ensuite, que ce soit une femme, car je suis féministe. Enfin, qu'elle ait réussi à imposer son management, en s'appuyant sur les leviers assez féminins que sont la ­patience, l'intuition et surtout la réserve par rapport aux pouvoirs extérieurs. »

Des débuts comme SR

À cinquante-trois ans, le visage serein mais déterminé, Dominique Quinio est consciente de ses propres atouts. ­Entrée à La Croix en 1975 en tant que secrétaire de rédaction (SR) - « une grande école d'humilité » - avant d'intégrer le service des informations religieuses, de créer le service Société, puis de gravir peu à peu tous les échelons de la direction, elle jouit d'une connaissance fine de son lectorat. Sans compter « son sens inné de l'actualité et son autorité naturelle », selon Dominique Gerbaud. Une autorité chaleureuse qui se distingue des accès un brin autoritaristes de Bruno Frappat. En tout cas, sa nomination a fait l'unanimité au sein d'une rédaction appelée à voter pour sanctionner les promotions à des postes clés. Tout comme ses premières décisions, dont celles de promouvoir deux femmes : « Mon rôle consistera aussi à convaincre d'autres femmes d'accepter des responsabilités vers lesquelles elles n'iraient pas naturellement », confie-t-elle.

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