
Le collectif a eu son heure de gloire médiatique en pleine crise des banlieues, en novembre dernier, lorsqu'il a été reçu par Jacques Chirac à l'Élysée avec les présidents de chaînes. Le chef de l'État annonce alors à Amirouche Laïdi qu'il a l'intention de donner des prérogatives au Conseil supérieur de l'audiovisuel sur la question de la diversité. Le 17 février, au cours d'un déjeuner place Beauvau, ce fut ensuite Nicolas Sarkozy qui fit aux représentants du club une confidence qu'il tenait de son ami Martin Bouygues, avant un voyage délicat aux Antilles : « Je sais qu'il y aura un Noir au 20 Heures de TF1 cet été. »
De là à penser que cette nomination obéit aussi à des considérations politiques, il n'y a qu'un pas qu'Amirouche Laïdi, maire adjoint apparenté UMP de Suresnes, ex-chargé de communication de Didier Schuller, se garde bien de franchir en faisant valoir ses différences sur la question sociale ou même la discrimination positive. Pour lui, l'explication est ailleurs : « Cela fait trois ans qu'Étienne Mougeotte nous dit que les JT de TF1 ne sont pas une citadelle. La chaîne se veut de plus en plus européenne et elle est pressée par sa direction marketing et commerciale de séduire une population jeune, urbaine et métissée. C'est important pour les annonceurs des nouvelles technologies et le développement des produits dérivés sur supports numériques. » Si TF1 compte 12 % de journalistes issus des minorités visibles, les publicitaires sont encore à ses yeux bien trop frileux. Un nouveau combat en perspective ?
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