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Harry, ses amis lui veulent du bien

23/03/2006 - par Amaury de Rochegonde

Le Club Averroès se consacre à promouvoir la diversité dans les médias. La nomination d'Harry Roselmack à la tête de TF1 ? C'est son oeuvre.

Amirouche Laïdi, président du Club Averroès, veut mettre les points sur les « i » du mot diversité. « Nous ne sommes pas une agence de placement mais un club qui a l'ambition de régler une question collective », explique ce Français d'origine algérienne de trente-sept ans, né au milieu d'une famille de neuf enfants dans les bidonvilles de Nanterre. Depuis l'annonce de la nomination d'un membre du club, Harry Roselmack, à la présentation du journal de 20 heures de TF1, le collectif Averroès a reçu pas moins de soixante-dix CV... Un record pour ce groupement de trois cents journalistes, producteurs, comédiens et réalisateurs, qui n'a pas de structure juridique et ne fournit aucune coordonnée sur son blog.

Exégète d'Aristote

Le Club Averroès, « l'ami Harry » lui doit beaucoup. C'est au cours d'un dîner entre ses membres (cooptés) que celui qui était encore journaliste à France Info a séduit Patrick Poivre d'Arvor. Et c'est en bonne partie grâce au présentateur vedette de TF1 que le journaliste d'origine antillaise assurera cet été l'intérim de la présentation du JT. « Par la suite, se souvient Amirouche Laïdi, par ailleurs salarié de l'agence Rumeur publique, lors d'un dîner avec Étienne Mougeotte [vice-président de TF1], Robert Namias, directeur de l'info de la chaîne, a proposé à Harry de venir piger, puis d'être reporter à plein temps. Les négociations ont duré pendant plus d'un an. » En août 2005, c'est finalement au groupe Canal +, sur I-Télé, qu'Harry Roselmack a fait ses armes de présentateur TV.

Le Club Averroès doit son nom à un philosophe arabe du xiie siècle. Il a été créé en 1997, année où un film de Youssef Chahine, Le Destin, retrace la vie de cet exégète d'Aristote qui a vécu en Andalousie, au confluent des mondes chrétien, musulman et juif. Au départ, le club ne regroupe qu'une quinzaine de journalistes, notamment David ­Pujadas, qui compte parmi les fondateurs. Le propos est simple : attirer l'attention des rédactions sur leurs déséquilibres internes en termes de diversité. Par le bouche-à-oreille, c'est ensuite la question des minorités visibles dans les émissions de fiction ou de divertissement qui est posée et des stéréotypes culturels qui y sont véhiculés. Trente à quarante fois par an, le collectif organise des dîners où l'on retrouve les patrons de La Chaîne parlementaire ou de TPS Star, mais aussi des journalistes de TF1, France Télévisions, Libération, L'Équipe, Radio France ou RTL. Et reçoit régulièrement les grands patrons des médias.

Considérations politiques ?

Le collectif a eu son heure de gloire médiatique en pleine crise des banlieues, en novembre dernier, lorsqu'il a été reçu par ­Jacques Chirac à l'Élysée avec les présidents de chaînes. Le chef de l'État annonce alors à Amirouche Laïdi qu'il a l'intention de donner des prérogatives au Conseil supérieur de l'audiovisuel sur la question de la diversité. Le 17 février, au cours d'un déjeuner place Beauvau, ce fut ensuite Nicolas Sarkozy qui fit aux représentants du club une confidence qu'il tenait de son ami Martin Bouygues, avant un voyage délicat aux Antilles : « Je sais qu'il y aura un Noir au 20 Heures de TF1 cet été. »

De là à penser que cette nomination obéit aussi à des considérations politiques, il n'y a qu'un pas qu'Amirouche Laïdi, maire adjoint apparenté UMP de Suresnes, ex-chargé de communication de Didier Schuller, se garde bien de franchir en faisant valoir ses différences sur la question sociale ou même la discrimination positive. Pour lui, l'explication est ailleurs : « Cela fait trois ans qu'Étienne Mougeotte nous dit que les JT de TF1 ne sont pas une citadelle. La chaîne se veut de plus en plus européenne et elle est pressée par sa direction marketing et commerciale de séduire une population jeune, urbaine et métissée. C'est important pour les annonceurs des nouvelles technologies et le développement des produits dérivés sur supports numériques. » Si TF1 compte 12 % de journalistes issus des minorités visibles, les publicitaires sont encore à ses yeux bien trop frileux. Un nouveau combat en perspective ?

 http//:club-averroes.over-blog.com

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