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Les « refusés » de Libération

23/03/2006 - par Muriel Signouret

La direction du quotidien a dû procéder à des arbitrages difficiles sur les candidats au guichet départ... plus nombreux que les postes supprimés.

Dernière note. Je quitte Libé (démission ; pas licenciement " plan social " : je fais partie des trente " refusés "). » Le 6 février dernier, Emmanuel Davidenkoff, journaliste spécialisé dans l'éducation à Libération depuis six ans, tire sa blog-révérence pour aller vers de « nouvelles aventures », écrit-il. Le groupe Bayard lui propose de devenir le rédacteur en chef adjoint de Phosphore. Il n'est donc pas obligé de rester rue Béranger contre son gré...

Tout le monde n'a pas eu cette chance : alors que la direction attendait 52 départs dans le cadre de son plan de restructuration lancé en novembre dernier, 85 salariés se sont présentés au guichet départ. Il a donc fallu procéder, malgré des rétractations, à de douloureux arbitrages. Il fallait éviter que la suppression des postes, qui a déclenché la plus longue grève de l'histoire du journal en novembre dernier, ne nuise au bon fonctionnement du quotidien. Il paraissait ainsi impensable que la rédaction technique soit privée des quatre correcteurs ayant exprimé le souhait de partir. À moins que d'autres salariés postulent, comme cela s'est finalement passé. « Le jeu des chaises musicales a bien marché, notamment au sein de la rédaction écrivante, qui a été amputée d'une vingtaine de journalistes », souligne François Wenz-Dumas, délégué syndical SNJ.

De même, difficile de se passer de spécialistes ou de plumes du journal. Emmanuel Davidenkoff était de ceux-là. « La direction m'a expliqué qu'elle ne pouvait accepter de me laisser partir car le secteur de l'éducation, jugé important par le journal, est trop lourd pour n'être suivi que par ma consoeur qui a, elle, choisi de rester », confie le journaliste. Sans compter qu'Emmanuel Davidenkoff, par ailleurs chroniqueur sur France Info, est considéré comme l'une des signatures assidues du quotidien. À l'instar d'Hervé Nathan, ancien chef du service économie de Libération, qui a lui aussi été recalé au guichet départ et a démissionné pour rejoindre Marianne. Au final, 56départs ont été acceptés.

La direction n'a pas été seule à ­décider de qui pouvait ou non claquer la porte de Libération. Elle a été épaulée par une commission de pilotage (composée de trois membres des syndicats, de trois représentants de la direction et du président du comité d'entreprise), chargée de donner un avis motivé sur lesdits candidats ou les mutations internes. La plupart de ceux qui n'ont pas été débauchés - notamment à la rédaction, où l'on murmure que « ­Marianne est venu faire son marché »- ont bénéficié des mesures d'âge en partant en retraite ou préretraite.

Parfum de contestation

« Il y a eu des cas difficiles à gérer, admet François Wenz-Dumas. Comme ce salarié, fortement endetté, qui voulait profiter de l'aubaine des indemnités sans toutefois penser à ses possibilités ultérieures de ­reclassement. » Le cabinet BPI, chargé de la mise en place du guichet départ, a d'ailleurs attiré l'attention de la direction et de la commission sur quelques signaux d'alerte, tels que l'âge du candidat, sa capacité à se reconvertir, ses charges familiales ou encore son état de santé.

Reste désormais, pour la direction, à assumer le parfum de contestation du patron-fondateur Serge July... Ou ­encore la certitude que la prochaine crise se soldera par des licenciements secs. Il lui faut surtout remobiliser les troupes restantes, à présent que le journal « a passé la phase de salle de réveil des urgences », selon l'expression de François Wenz-Dumas.

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