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« Donner à Radio France la culture de l'objectif »

20/04/2006 - par Entretien : Lionel Lévy et Muriel Signouret

Ancien DRH d'Air France et de France 3, Patrice Papet, arrivé à la direction des ressources humaines de la Maison Ronde en novembre dernier, a déjà été confronté à deux conflits sociaux. Premier bilan.

Frédéric Schlesinger vient d'être nommé directeur délégué de France Inter. Pourquoi un nouveau directeur pour cette radio encore régie par Gilles Schneider ?

Patrice Papet. Le président de ­Ra­dio France, Jean-Paul Cluzel, avait in­sisté, lors de la cérémonie des voeux, sur la nécessité de réfléchir à un renouvellement de la grille de France Inter. Il a souhaité faire appel à Frédéric Schlesinger, directeur du Mouv' jusqu'au 2 mai prochain, pour conduire le remodelage de la grille.

N'était-ce pas au directeur de France Inter de le faire ?

P.P. Dans un premier temps, Frédéric Schlesinger travaillera aux côtés de l'actuel directeur général, Gilles ­Schneider. À l'automne, celui-ci pourrait quitter la direction d'Inter, et ­occuper des fonctions transversales sur la stratégie éditoriale de Radio France tandis que Frédéric Schlesinger le remplacerait à France Inter.

Pour améliorer le management du personnel d'encadrement de Radio France, un système de prime sur objectif serait en cours d'élaboration. De quoi s'agit-il ?

P.P. Un accord concernant les quelque 150 cadres de direction est en ­négociation. Il s'agit de mettre en oeuvre une prime d'objectif, représentant 5 % de leur salaire annuel. Il y aura des entretiens d'évaluation selon des critères rigoureux. Pour une entreprise où la culture de l'objectif n'est pas habituelle, c'est un changement notable. D'ailleurs, diversement apprécié...

Vous avez été DRH d'Air France et de France 3. Avec les grèves des animateurs locaux, puis celles contre le CPE, estimez-vous que Radio France est une maison particulièrement difficile ?

P.P. Les organisations syndicales ne sont pas plus virulentes qu'ailleurs. Mais j'ai été surpris par le nombre de revendications catégorielles. Le CPE n'est pas ma galère, même s'il a généré des grèves (mais suivies par moins d'un tiers des salariés). Idem pour les animateurs des radios locales. Ce conflit a duré dix jours, mais ne concernait que 10 % de ces personnels, à la fin du mouvement.

Vous voulez dire que l'antenne peut être « prise en otage » par une minorité ?

P.P. Le problème vient des usages de l'audiovisuel public, avec un personnel gréviste non remplacé. Pour éviter les situations de blocage, je souhaite mettre en oeuvre des mécanismes d'alerte sociale, à l'instar de ce que fait la RATP. Il faut également en finir avec des préavis de grève déposés, alors même que nous sommes en négociation avec les syndicats. C'est ce qui s'est passé pour la grève des animateurs de radios locales.

Quelles étaient leurs revendications, et vos solutions pour sortir de la crise ?

P.P. Les organisations syndicales exigeaient une indemnité uniforme de 250 euros par mois. Certes, les animateurs, qui portent largement l'antenne, sont méritants. Mais des hausses uniformes étaient inenvisageables, à cause de l'hétérogénéité des salaires. Mon objectif était de réduire ces écarts. Nous avons signé un protocole qui prévoit certaines mesures, mais pas d'indemnité de fonction. Je ne peux répondre à une demande catégorielle, alors que je tente de mettre en place une politique salariale pour toute l'entreprise.

Comment améliorer le dialogue social dans l'entreprise ?

P.P. Je me rends au moins une fois par mois en région de manière informelle, pour rencontrer les salariés. Je fais ainsi la part des choses lors des négociations avec les syndicats.

La politique salariale est un sujet qui fâche à Radio France. Qu'est-ce qui va changer avec vous ?

P.P. Je souhaite revenir à une politique salariale classique, en communi­quant sur un « package » global. On peut imaginer des éléments variables, en jouant sur certains types de primes et, pourquoi pas, en intégrant des compléments salariaux.

Autre sujet épineux, la précarité : qu'allez-vous faire des quelque 340 journalistes non permanents ?

P.P. Nous avons mis en place un plan d'intégration de 45 salariés au cours des trois années à venir. Cette année, 30personnes vont être embauchées. Un jury les choisira en fonction de plusieurs critères tels que les compétences, mais aussi l'ancienneté, etc.

Quid des 302 précaires restant inscrits au planning ?

P.P. Certains pourraient être embauchés au gré des départs en retraite, car nous ne sommes pas dans une politique de réduction des effectifs. Concernant le planning, nous discutons d'un accord pour en préciser les modalités d'entrée et de sortie. Notre objectif est double : diversifier les sources de recrutement, via les contrats d'alternance, et mieux informer les gens sur leurs perspectives d'avenir au sein de la maison.

La diversité ethnique est-elle un critère dans les embauches ?

P.P. On veille de façon absolue à ce qu'il n'y ait pas de discrimination, mais la diversité n'est pas un critère. Nous réfléchissons néanmoins à la mise en place de préformations à destination des jeunes issus de milieux défavorisés, pour qu'ils atteignent des niveaux leur permettant d'intégrer des formations techniques dont nous avons besoin.

À quelles conditions considéreriez-vous votre mission à Radio France comme réussie ?

P.P. Trop de DRH sont cyniques. Je veux donner une autre image. Celle d'un homme intègre qui aura redonné du sens et des perspectives à ses salariés. Cela passe notamment par le développement de programmes de formation et une meilleure gestion prévisionnelle des emplois. Plus de visibilité insufflera à chacun plus d'envies.

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