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Pendant la vente, Emap adopte une charte

08/06/2006 - par Amaury de Rochegonde

Les salariés du groupe de presse se sont mis en grève pour être pris pleinement en compte dans le processus de vente aux enchères de leur entreprise. Inédit.

Ya-t-il un droit moral des salariés dans un groupe de presse en passe d'être racheté ? C'est ce que l'intersyndicale du groupe Emap France est parvenue à faire avaliser par sa direction en lui faisant signer une « charte sociale » inédite. Cette dernière prévoit une enveloppe de primes d'un montant de 4 à 5 millions d'euros (2 000 euros par personne) et un gel de l'emploi pendant six mois minimum, au cours duquel chaque départ sera remplacé par des piges ou des CDD. Sans compter 500 000 euros de frais de formation. Ainsi, un journaliste du groupe Emap pourra à la fois toucher un montant forfaitaire au titre de la clause de cession et une « prime de transition » pour le remercier d'avoir sorti les journaux dans de bonnes conditions pendant tout le processus de vente.

« Depuis trois mois, explique une source proche de la direction, les ­salariés ont lancé les nouvelles formules de Pleine Vie et de Top santé, créé ­Closer TV ou FHM TV, et travaillé sur des partenariats avec Microsoft pour la filiale EMW. Il fallait les récompenser d'être restés professionnels pendant toute cette période. La vente aux enchères est, c'est vrai, un processus anxiogène qui consiste à se vendre sur le trottoir au plus offrant. »

C'est en effet ce type de vente hors du commun choisi par l'actionnaire anglais, Emap PLC, qui a déclenché une prise de conscience parmi les salariés. « Puisque nous étions entrés dans une logique de surenchère, explique Éric Pasquier, délégué de l'intersyndicale, nous avons adopté une ligne de revendication assez haute en rappelant que le volet social avait une incidence sur la vente. » En clair, les syndicats ont pesé de tout leur poids pour faire comprendre que la valorisation de l'entreprise pouvait être affectée par un climat social sous tension. Les 30 et 31 mai, une assemblée générale de 300 salariés a voté la grève pour faire monter la pression et, au passage, « dissuader les fonds d'investissement ».

Intérêts croisés

Alors que le dépôt des offres intervient ces jours-ci, l'objectif semble en partie atteint puisque les fonds Eurazeo, Candover et PAI se sont retirés. Seuls restaient en course, le 2 juin, Carlyle-Apax et Vestar ainsi que les groupes Prisma Presse, Rizzoli et Mondadori. Or, selon Éric Pasquier, « la charte ­sociale fait partie du package qu'achète le repreneur ». Menées avec souplesse par Jean-Luc Breysse, directeur général d'Emap France, les négociations ont permis la rencontre d'intérêts bien compris : à la direction le souci de calmer le jeu, d'apaiser les tensions ; aux délégués du personnel le soin de jouer le rapport de force. Et de rappeler que ce qui fait la valeur d'une entreprise, ce sont aussi les hommes et les femmes qui y travaillent.

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