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Les seniors encore verts invités à témoigner

26/10/2006 - par Amaury de Rochegonde

Le gouvernement a lancé le 22 octobre une campagne destinée à changer le regard que les Français et les entreprises portent sur les plus cinquante ans.

J'ai vaincu le cancer », « Je peux vous battre aux jeux vidéo, à l'aise », « Je peux faire l'amour plus longtemps que vous »... Avec le slogan « Notre avenir se construit à tout âge », la campagne de Raymond Depardon - réalisée avec l'agence Ogilvy (budget : 3 millions d'euros) -, est diffusée du 22 octobre au 12 novembre sur l'ensemble des chaînes. Objectif : changer le regard des entreprises et de la société française sur les plus de cinquante ans. La conclusion de chaque film est sans appel : « Alors qu'est-ce qui vous fait croire que nous sommes trop vieux pour travailler avec vous ? ».

Si elle présente le risque de véhiculer des idées reçues au prétexte de renverser les préjugés sur les seniors, cette prise de parole gouvernementale a le mérite de soulever un problème : la très faible employabilité des individus qui ont passé l'âge fatidique du demi-siècle. Pour preuve, le taux d'activité des 55-64 ans ne dépasse pas 38 %, ce qui place la France au seizième rang européen. « Toutes les sociétés dynamiques ont des taux de 50 à 60 %, souligne Jean-Louis Borloo, ministre de l'Emploi et de la Cohésion sociale. On ­entend souvent en France : « Vous avez trop d'expérience », sous-entendu : vous êtes trop vieuxou trop cher. Pour changer ce regard, il faut communiquer. En général, on n'est pas mauvais pour élaborer des ­mesures mais on a un mal de chien à les faire partager, à communiquer... » Le ministre cite l'exemple de l'apprentissage, qui est passé de 29 % à 89 % d'opinions positives grâce à une action de communication forte, notamment sur les radios jeunes. « Je suis convaincu qu'on peut, là aussi, radicalement changer », ajoute-t-il.

L'âge, variable d'ajustement

La campagne télévisée, relayée par l'envoi de brochures aux entreprises, des programmes courts en radio, un appel aux témoignages sur Internet via la presse quotidienne régionale, de l'affichage dans les lieux publics, etc., s'appuie sur les expériences vécues par de « vrais gens ». Parmi eux, Véronique Lefèbvre, ex-salariée à la communication de Renault, de Microsoft ou encore d'une SSII où elle a vécu un licenciement brutal après six ans d'ancienneté. « J'ai appris le métier de chercheur d'emploi », souligne avec un enthousiasme communicatif cette quinquagénaire qui vient de rejoindre une start-up en management et stratégie après dix-huit mois de chômage. L'association Force Femme a notamment joué un rôle-clé dans son histoire : un coach lui a permis de comprendre « qu'on va dans une entreprise non pas pour chercher, mais pour apporter quelque chose ». Au total, Véronique Lefèbvre a décroché 400 entretiens et rencontré 225employeurs potentiels...

Son expérience en dit long sur les obstacles que rencontrent encore ceux qui cherchent du travail après cinquante ans. Les pouvoirs publics ont d'ailleurs leur part de responsabilité car ils ont développé des dispositifs de préretraite ou ont encadré financièrement et socialement l'emploi des seniors via la contribution Delalande du 10 juillet 1987. « L'âge est la variable d'ajustement des plans sociaux, reconnaît Gérard Larcher, ministre délégué à l'Emploi, au Travail et à l'Insertion professionnelle des jeunes. Mais nous nous sommes engagés, en 2001 à Stock­holm, à un taux d'emploi de 50 % pour les 55-64 ans en 2010. » Un engagement qui nécessitera sans nul doute des mesures plus volontaristes qu'une campagne de publicité (lire l'encadré).

www.emploidesseniors.gouv.fr

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