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Le Daily Telegraph dans le tourbillon numérique

09/11/2006 - par Élodie Cuzin, à Londres

Ses journalistes devront désormais écrire des articles pour le journal et le site Web tout en produisant des documents vidéo et sonores.

Le vénérable Daily Telegraph ­secoue 150 ans de tradition cet automne en emménageant, courant novembre, dans une nouvelle rédaction, dans le quartier de Victoria, à Londres. Une « news room » bimédia où seront produits à la fois le journal papier et sa version en ligne. Le changement de cap est radical pour cette publication, le dernier quotidien anglais au format « broadsheet », qui n'avait pas jusque-là misé sur Internet. Tous ses journalistes suivent en ce moment des formations aux nouvelles technologies. Objectif : écrire à la fois pour le journal et sa version électronique tout en produisant des documents audio et vidéo pour le site Web.

S'ils feront le même nombre total d'heures, les journalistes devront adopter de nouveaux horaires selon un système de travail posté (les « trois-huit ») pour répondre au rythme de l'information en continu. La première conférence de rédaction a été avancée à 7 heures. Sans annoncer un coût exact, le directeur général du Telegraph Group, Murdoch McLennan, affirme que la société a dépensé plusieurs millions de livres sterling pour cette restructuration, un investissement vital selon lui : « Les lecteurs sont en train d'émigrer en ligne et les annonceurs les suivent. Nous devons nous adapter à ces réalités ou faire face au déclin de notre secteur. »

Journalistes en grève

Tout n'est pourtant pas rose au pays du nouveau Telegraph. La rédaction a vu passer trois rédacteurs en chef en moins d'un an, le dernier, Will Lewis, nommé début octobre, en plein déménagement. En plus de cette instabilité au sommet, 133 salariés, dont 54 journalistes, ont été licenciés volontaires, après 90 journalistes déjà remerciés en février 2005. L'inquiétude est vive et les membres du Syndicat des journalistes britanniques (NUJ) du journal viennent de voter une grève de trois jours qui débutera le 14 novembre.

La direction affirme que les économies ainsi dégagées seront réinvesties dans du matériel et du personnel mieux adaptés à ces nouvelles conditions de travail. Will Lewis se veut rassurant quant au moral des troupes. « Nous avons plus de 150 ans, mais l'atmosphère est similaire à celle d'une start-up, le changement d'humeur est fantastique », a-t-il déclaré à l'hebdomadaire Press Gazette. De fait, ces bouleversements n'ont pas affecté les ventes du Daily Telegraph : les dernières statistiques ABC montrent une diffusion totale de 901 930 exemplaires, en baisse de 0,26 % sur un an.

Mais plus que les licenciements, c'est le bien-fondé du pari d'une rédaction bimédia que dénonce Richard Addis, ancien rédacteur en chef du Daily Express, actuel directeur de Shakeup Media, une société de conseils pour les médias. « Les journalistes qui seront capables de passer rapidement de l'écrit à la vidéo, ou du Web à l'audio, produiront un type de journalisme qui n'a aucune valeur aujourd'hui : de l'info de base, en continu, déjà accessible gratuitement, explique-t-il à Stratégies. L'avenir des journaux est au contraire dans des textes apportant une valeur ajoutée en offrant des analyses, de la personnalité et de l'esprit. »

www.telegraph.co.uk

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