
16/11/2006 - Si la profession attire toujours autant les jeunes, les places sont de plus en plus rares et les métiers évoluent. Aussi, les écoles accueillent moins d'étudiants et développent l'enseignement du journalisme en ligne.
Plus de formations reconnues, mais moins de travail à la sortie. Connaissant bien cette situation, les écoles et masters de journalisme tentent d'y faire face. D'abord en recrutant des promotions réduites, un choix fait par l'école de journalisme de l'Institut d'études politiques de Paris dès sa création, avec une quarantaine d'étudiants. Le Centre de formation des journalistes (CFJ), lui, est passé de 50 à 35 étudiants depuis deux ans : « Le problème se pose après les CDD d'été de fin de formation. Certains ne trouvent même pas de piges, c'est de plus en plus l'entonnoir », constate Fabrice Jouhaud, directeur général du CFJ. « Actuellement, si 2 ou 3 étudiants, sur une promotion de 25, décrochent à la sortie un contrat à durée indéterminée, c'est bien », témoigne Hervé Demailly, coresponsable du master de journalisme du Celsa.
Démarche différente à l'École supérieure de journalisme (ESJ) de Lille, où les effectifs restent à 50, sans compter les étudiants étrangers accueillis. « Bien sûr, il y a une précarisation croissante sur le marché du travail. Mais sur les nouvelles cartes de presse données chaque année, seule une minorité concerne des étudiants issus des formations reconnues », explique Éric Maitrot, directeur des études.
Polyvalence
L'autre évolution concerne le développement de l'initiation au journalisme en ligne. « La formation Internet est indispensable, il faut même l'augmenter. Je crois beaucoup à la polyvalence. Il faut être opérationnel sur les différents médias : vidéo, écrit et son », souligne Rémy Rieffel, directeur du master de journalisme de l'Institut français de presse. « Internet devient une plate-forme dans laquelle s'intègrent les médias classiques », renchérit Éric Maitrot. Depuis deux ans, la part du multimédia a été renforcée à l'ESJ de Lille, les travaux de 1re et 2e années sont totalement plurimédias. Les étudiants de 2e année du Celsa pourront suivre une spécialisation mêlant presse écrite et Internet. Au CFJ, une filière multimédia, ouverte aux étudiants de 2e année, fonctionnera de nouveau en janvier. Lancée au moment de la bulle Internet, la filière avait été fermée suite à l'éclatement de cette dernière. Selon Fabrice Jouhaud, il importe de préparer les étudiants aux contraintes techniques et éditoriales liées à Internet. Ce qui incite Jean-Claude Lescure, directeur de l'école de journalisme de l'IEP, à encourager « vivement » ses étudiants « à s'orienter vers les supports dématérialisés plutôt que les supports papier ».
12. Nombre de formations reconnues par la profession : Celsa, CFJ, Cuej, ESJ de Lille, Icom de Grenoble, IFP, IPJ, EJT, EJCM, IUT de Bordeaux, Tours et Lannion. La reconnaissance de l'école de journalisme de l'IEP de Paris devrait intervenir l'an prochain.
36 500. Nombre de cartes de presse accordées en première demande ou renouvelées en 2005.
6 900. Nombre de cartes de presse accordées à des pigistes en 2005, soit 60 % de plus qu'en 1994.
1 979. Nombre de cartes attribuées en première demande, dont 303 titulaires d'un diplôme délivré par l'une des formations reconnues.
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