Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

La réputation professionnelle se travaille en ligne

08/02/2007 - par Lionel Lévy

Les réseaux sociaux sur Internet séduisent de plus en plus de salariés. Enquête sur ces nouveaux instruments de gestion de carrière et de recrutement.

Xavier Blanchot est un « réseauteur » forcené. Patron de Viafrance, une société spécialisée dans l'annonce d'événements liés au tourisme et aux loisirs, il passe près d'une heure par jour à soigner ses 3 500 contacts professionnels. Un joli carnet d'adresses construit ni au Rotary ni au Lions Club mais sur les nouveaux réseaux sociaux d'Internet, les Viadeo (ex-Viaduc), Linkedin et autres Xing. Ces plates-formes sont au monde professionnel ce que MSN ou Myspace sont au grand public ou Meetic aux clubs de rencontres. Chacun y expose son profil, avec parcours et projets professionnels, et peut y inviter ses contacts dans l'objectif d'échanger sur une même expertise, de trouver des occasions commerciales, de recruter ou de se faire recruter.

Sur un pied d'égalité

« Je réalise la moitié de mon activité par ce canal, raconte Xavier Blanchot. Grâce notamment à des relations nouées avec des directeurs de grandes sociétés que je n'aurais jamais pu approcher autrement. » Cet ancien journaliste de Science&Vie va jusqu'à estimer que l'apparition de ces nouveaux réseaux est « une révolution comparable à l'arrivée de l'imprimerie ou du téléphone ». Diable ! En tout cas, ces réseaux socioprofessionnels venus des États-Unis séduisent de plus en plus en France. D'abord les investisseurs, qui semblent adhérer au modèle économique fondé sur l'inscription gratuite et le paiement des services par les utilisateurs, soit à l'acte soit dans le cadre d'abonnements. Mais ce sont surtout les internautes qui répondent présents : Viadeo, le leader français des réseaux professionnels en ligne, vient de dépasser le million d'inscrits après avoir levé 5 millions d'euros en juin dernier.

Pour les professionnels du « réseautage », les raisons de ce succès sont multiples. « En France, les trois quarts des recrutements se font par réseau, note Nicolas Thébault, patron de la société Tebopro, spécialisée dans l'activation de carrières. Sans connaissances, peu ou pas de possibilités de boulot ou de changement de cap. Aussi, il faudrait être fou pour se passer des réseaux Internet. » André Dan, formateur et conférencier ès réseaux, voit dans ces plates-formes un retournement complet de logique : « Plus besoin d'être sorti de Polytechnique pour bénéficier d'un fort réseau. Avec Internet, la consanguinité ne joue plus, tout le monde est sur un pied d'égalité. Et comme avoir plus de démocratie correspond à un besoin dans l'air du temps, ça marche. »

Pourtant, à y regarder de plus près, malgré les nombreux inscrits, le volume de membres actifs semble plutôt réduit. Viadeo refuse de s'exprimer sur le sujet. Valérie Abehsera, directrice générale adjointe B to C du site, évoque simplement « une moyenne de sept contacts directs par utilisateur ». « C'est faible, juge André Dan. Au bas mot, 80 % des utilisateurs sont totalement passifs. » Or ce type de réseau n'a de sens que si l'on s'en sert... Mais pour quoi faire ? « Les trois quarts des utilisateurs sont des salariés à l'écoute des opportunités du marché de l'emploi », explique Valérie Abehsera. Bref, des personnes en poste désireuses de changer de job. « Espérons qu'à l'avenir, les entreprises ne prennent pas de mesures coercitives contre les salariés présents sur ces sites, souligne André Dan. Ce risque existe, tant elles redoutent de voir des informations confidentielles éventées ou de se faire piller leurs meilleurs éléments. »

De fait, de nombreux recruteurs et la quasi-totalité des chasseurs de têtes sont présents sur ces sites, qui constituent des viviers alternatifs aux classiques CVthèques des portails d'emploi. Mais les recruteurs y connaissent des fortunes diverses. Au cabinet Taste, spécialisé dans les profils de la communication, 15 % des recrutements ont lieu par ce biais. « C'est un axe de développement fort, commente Damien Créquer, associé du cabinet. Nous allons d'ailleurs embaucher une seconde personne pour chasser à temps complet sur ces sites. »

Pour d'autres, ces réseaux sont loin de constituer une mine d'or. « L'animation d'un réseau est trop chronophage (trois à quatre heures par jour pour un débutant), les meilleurs profils n'ont tout simplement pas le temps d'y être, commente Christophe Comas, directeur général du cabinet de recrutement Caméléon Com Mark. Sans parler de ceux qui se survendent en ligne. » Les profils fantaisistes sont nombreux : rien qu'en tapant « Toto », près de 200 profils apparaissent, sans compter les innombrables « Nicolas Sarkozy » ou « Dark Vador »...

Transparence obligatoire

Mais tous les utilisateurs assurent que les usurpateurs sont très vite démasqués. D'abord, parce qu'il existe sur ces sites une multitude de forums thématiques (appelés « hubs ») qui débouchent sur quantités de soirées où l'on peut mieux se rendre compte de la valeur de chacun. Mais, surtout, la philosophie de ces sites repose sur l'honnêteté et la transparence. Et sans transparence pas de confiance ni de réputation et donc... pas de réseau ! « Nous sommes entrés dans l'ère de la réputation, estime Xavier Blanchot. Et en ce domaine, Internet est voué à jouer un rôle de plus en plus important. » À ses yeux, ces réseaux sociaux vont créer une nouvelle couche de sélection des candidats. « À compétences égales, un employeur choisit toujours celui qui a le réseau le plus étoffé », conclut-il.

www.viadeo.com(ex-Viaduc)

 www.6nergies.net

 www.linkedin.com

 www.xing.com(ex-OpenBC)

Envoyer par mail un article

La réputation professionnelle se travaille en ligne

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.