
05/04/2007 - Autonomes, réactifs et créatifs, les free-lances sont indispensables à la bonne marche des entreprises de communication. Mais, à la fois dedans et dehors, ils nécessitent un management spécifique.
Responsable marketing chez Sleever International, société spécialisée dans le film plastique rétractable, Pascal Leroy bloque systématiquement dans son agenda un déjeuner ou une rencontre tous les deux mois avec ses principaux prestataires externes : graphistes, Web agency, etc. « C'est une façon de leur montrer tout l'intérêt que j'accorde à notre collaboration et d'évoquer avec eux d'autres sujets. On peut ainsi explorer de nouvelles pistes créatives », explique-t-il. Largement « consommatrices » de free-lances en tout genre (photographes, graphistes, chefs de projet, etc.), les entreprises et les agences de communication entretiennent avec ceux-ci des relations de nature assez variable, selon le contexte ou la sensibilité du donneur d'ordre à ce type de collaboration externalisée. Si le management de proximité classique n'a rien d'une sinécure, que dire alors de cette gestion humaine à distance d'une population qui revendique plutôt fièrement son autonomie ? Alors, quelle distance relationnelle et opérationnelle instaurer avec des professionnels indépendants, mais bien souvent en quête de reconnaissance ?
Soigner le recrutement
Les donneurs d'ordre le reconnaissent volontiers, le préalable d'une collaboration pérenne, c'est d'abord la qualité du « recrutement ». Directeur de l'agence de design Vitriol, Jean-Marc Dimanche choisit ses free-lances parmi les consultants qu'il a vu évoluer dans sa structure. « Ils connaissent parfaitement la philosophie de l'agence et nos méthodes de travail. C'est donc du temps gagné des deux côtés. La confiance que l'on accorde est essentielle car cela conditionne notre crédibilité vis-à-vis de nos clients. De manière générale, je ne fais travailler que des free-lances possédant au moins cinq ans d'expérience en agence, car j'ai besoin de collaborateurs qui sachent rebondir en cas de problème ou d'imprévu », explique-t-il. Même soin accordé à l'approfondissement de la relation avec le free-lance chez Éric Phélippeau, président de l'agence de design Duetto et du réseau By agency. « L'expérience montre que ce temps de validation des compétences professionnelles et relationnelles n'est jamais perdu. Ainsi, je me sens zen dans ma prospection commerciale car je sais que j'ai une équipe solide, fiable et multicompétente », souligne-t-il Une fois instaurée la confiance et définies les conditions financières de la collaboration, reste à mettre en place le cadre méthodologique de la prestation.
Structurer la relation
« Chacun doit faire un pas vers l'autre, il s'agit d'une relation entre adultes mais, in fine, le free-lance doit s'adapter au style et au rythme de travail de l'agence ou de l'annonceur », pointe Aurélie Porée, responsable communication chez CB Richard Ellis (Immobilier d'entreprise et résidentiel). Afin d'éviter toute dérive susceptible de compromettre ses projets de communication, Pascal Leroy (Sleever International), qui sollicite régulièrement des graphistes print et Internet, est partisan d'une démarche particulièrement structurée. « Je ne peux pas appeler mes free-lances à tout bout de champ et les " interpeller " en franchissant la porte d'un bureau comme on le fait avec un collaborateur " classique ". Je définis donc bien mes besoins au préalable, je soigne le brief et je programme avec eux des étapes intermédiaires de suivi. »
Selon Jean-François Moine, consultant à la Cegos, « l'agence ou le client doit bien comprendre que le free-lance régulier n'est pas un client. Il fait bel et bien partie du noyau dur de l'activité et il est nécessaire de le faire adhérer au projet de l'entreprise en lui signifiant, par ailleurs, qu'il existe des droits et des devoirs de chaque côté. Chaque fois que cela est possible, il est judicieux de l'inviter aux réunions, manifestations, fêtes et autres changements, qui rythment l'activité de l'agence ou de leur annonceur. » Cette démarche peut contribuer à pérenniser les liens et inciter les free-lances à se montrer davantage proactifs.
Réagissez à cet article
Merci de vous identifier afin de pouvoir publier un commentaire :
Identifiez-vous

Formations et conférences Stratégies
• Gérer la réputation de sa marque sur internet
• Réussir sa stratégie de marque
• Trouver des sponsors et partenaires...
• Stratégie de communication 2.0
• Les clés de la conception graphique
• Les tendances graphiques print et web