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Le DIF en toute discrétion

12/04/2007 - par Lionel Lévy

Les entreprises tardent à communiquer en interne sur le droit individuel à la formation, qu'elles considèrent moins comme une opportunité que comme une contrainte. Il y a pourtant urgence.

Plus de deux ans après l'entrée en vigueur de la réforme de la formation professionnelle en janvier 2005, le droit individuel à la formation (DIF) n'a pas encore décollé dans les entreprises françaises. Selon une enquête Demos réalisée d'août à novembre 2006 auprès de 250 entreprises, et parue récemment, à peine 20 % d'entre elles ont négocié la mise en oeuvre du DIF. Le dispositif promettait pourtant de révolutionner le rapport à la formation des salariés français en leur permettant de bénéficier annuellement, sur demande et après acceptation de l'entreprise, de vingt heures de formation.

« L'un des objectifs du DIF était de faire en sorte que le salarié et son employeur se parlent enfin sur la formation », explique Mathilde Bourdat, manager des offres de formation à la Cegos. Mais le dialogue est loin d'être toujours au rendez-vous. Côté salariés, peu de demandes. Côté entreprises, peu de communication interne : « Près d'une entreprise sur deux a laissé faire les choses : informations minimles et réponses au gré des demandes », commente Gaëlle Epremian, chargée de projet DIF chez Démos.

Relation gagnant-gagnant

Parmi les agences de communication, le constat est similaire. « Le secteur de la publicité n'est pas en retard, soutient Valérie Schaekowiez, directrice du département publicité de l'Afdas, le principal organisme financeur des agences. C'est même le premier à avoir signé un accord de branche sur le DIF ». Il n'empêche, peu d'enseignes ont lancé une démarche proactive en la matière.

DDB France est au nombre de celles-ci. Dès mai 2004, les managers du groupe ont eu droit à des actions d'information-formation via le site intranet DDB Knowledge. Début 2006, un catalogue de formations axé sur leur coeur de métier leur a été fourni. Malgré cela, sur les 1 500 salariés du groupe, seule une vingtaine ont jusqu'à présent bénéficié d'un DIF. « Ce n'est pas que les salariés se ­fichent du DIF, précise Mathilde Vallot, responsable RH chez DDB. Certains attendent d'avoir un total d'heures plus important et d'autres, happés par le quotidien, n'ont tout simplement pas le temps de s'en ­occuper. »

Serait-ce aussi la faute des catalogues de formations trop formatés ? « Les formations éligibles aux DIF sont très strictement encadrées et laissent parfois peu de latitude aux salariés », constate Mathilde Bourdat, de la Cegos. La peur des « DIF-gadgets », alors ? « C'est une fausse excuse, estime-t-elle. Les salariés ont bien compris que le DIF s'inscrit dans une relation gagnant-gagnant : leurs demandes sont presque toujours en relation avec le coeur de métier de l'entreprise. Néanmoins, cela peut aussi expliquer le manque d'empressement des entreprises à communiquer. »

Les problèmes d'organisation liés à la mise en place du DIF sont souvent un frein. « D'une part, le DIF oblige les entreprises à réviser en profondeur le contenu de leur plan de formation, note Gaëlle Epremian, chez Demos. D'autre part, il n'est pas simple pour les entreprises d'organiser le travail avec des effectifs réduits du fait des prises de DIF. » Un problème qu'aura sans doute à gérer l'agence d'édition Publicorp qui, après avoir mis à disposition de ses salariés un catalogue interne d'une trentaine de formations, prévoit, selon son directeur associé Éric Tazartez, de « répondre positivement » aux demandes de DIF des trois quarts de ses salariés.

Pas tous à la fois !

Mais surtout, si les entreprises sont réticentes pour communiquer en interne sur la question, c'est à cause des coûts engendrés par la mise en place du DIF. « Si tous les salariés se mettent à demander individuellement des DIF à leur supérieur hiérarchique, les budgets formation des entreprises risquent d'exploser, explique Mathilde Bourdat, à la Cegos. Mais si elles ne se dépêchent pas de faire consommer du DIF, ce sera encore pire dans les années à venir, puisque le total d'heures augmente tous les ans pendant six ans. »

À moins que la réforme du DIF ne soit enterrée après l'élection présidentielle. « C'est le pari que font la majorité des directeurs des ressources humaines », assure un responsable de formation. Alors salariés, demandez votre DIF avant qu'il ne soit trop tard ! Mais pas tous en même temps... Tous les spécialistes de la formation s'interrogent en effet sur la question du financement. « Si les demandes affluent trop massivement, les organismes paritaires collecteurs agréés ne seront plus en mesure d'assurer les financements », conclut Valérie Schaekowiez, de l'Afdas.

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