Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

L'armée s'entraîne à communiquer

19/04/2007 - par Erwan Benezet

Pour former ses officiers, l'armée française organise tous les ans une guerre virtuelle assistée par ordinateur. Un exercice où les médias ont désormais leur mot à dire. Reportage.

La guerre », titre sobrement Le Journal de Montrena en ce mardi 3 avril, au-dessus d'une photo montrant un navire militaire faisant parler la poudre. Mais la guerre où ? Car si le scénario rappelle bien des conflits, aucun des pays cités dans l'article ne trouve sa place sur une carte du monde. Et pour cause : tous sont nés de l'imagination d'officiers du Collège interarmées Défense, ou CID, anciennement École de guerre.

Cette guerre est en fait un exercice virtuel, un conflit assisté par ordinateur et organisé chaque année depuis 2003. Elle s'intègre à l'enseignement militaire de 2e degré, commun à toutes les armes (terre, air, mer, gendarmerie) et que reçoivent pendant un an les 330 officiers supérieurs qui ont réussi le concours d'admission. « Cela permet de se familiariser avec le fonctionnement d'un état-major pendant un conflit, ce qu'on appelle dans le jargon une planification à chaud », explique le colonel Dupire, responsable des modules ­simulation.

Conférences de presse et journaux-école

Un exercice qui prend en considération de manière active le facteur médias, grâce à une collaboration étroite avec une école de journalisme, l'Institut des médias (ISCPA). « Les 80 élèves de deuxième année participent à l'exercice en produisant chaque jour des journaux, des émissions de télévision et de radio, ainsi qu'un site Web, détaille ­Michel Baldi, ­responsable pédagogique de l'école. Outre un travail d'enquête sur le terrain, ils se rendent aux deux conférences de presse quotidiennes organisées par chacun des camps. »

Ces conférences ont fait l'objet de toutes les attentions afin de coller au plus près de la réalité. Armés de caméras, de micros ou de stylos, les élèves de l'ISCPA font face à des « PIO » (« Press Information Officers », officiers responsables de la communication) et la bataille est souvent rude. Dans cette guerre, chaque camp (bleu et rouge) est coaché par un journaliste civil. « Si l'exercice n'a pas pour vocation de former des chefs PIO, explique le chef d'escadron de gendarmerie Armelle Valentin, qui animait avec d'autres collègues les conférences de presse du côté bleu, il permet tout de même de donner une ­petite idée de ce que peut représenter la confrontation avec un parterre de journalistes sur un théâtre d'opérations. »

L'armée affiche ainsi sa volonté de se débarrasser de l'étiquette de « Grande Muette » qui lui colle à la peau. « Elle veille à ce que tous ses officiers soient au minimum sensibilisés à la communication, conclut le lieutenant-colonel Sallé, chef du centre presse à la Dicod, le service de communication de la Défense. Si seul un petit nombre d'entre eux deviendront des spécialistes, il est désormais primordial que tous comprennent le fonctionnement et les besoins des médias. »

Envoyer par mail un article

L'armée s'entraîne à communiquer

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.