Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Le Figaro importe ses talents sur le Web

26/04/2007 - par Amaury de Rochegonde

Le groupe de presse a fait le pari d'acquérir des compétences sur Internet en achetant des actifs animés par des pionniers du Web, sans rechercher à tout prix un mariage managérial avec le papier.

Ce fut un scoop mondial. Dimanche 18 mars, l'arrestation de l'ancien terroriste italien Cesare Battisti par la police brésilienne - appuyée par des policiers français - a été révélée par un journaliste du Figaro, Jean-Marc Leclerc, une heure et demie seulement après les faits. Toute la presse internationale a alors repris l'info en citant Le Figaro, alors que la nouvelle avait été délivrée par le site du quotidien, lefigaro.fr, le rédacteur ayant fort justement estimé qu'il ne pouvait attendre la sortie du quotidien le lendemain.

« Les journalistes ont compris que le Web était un outil de valorisation de leur travail », observe Pierre Conte, directeur général adjoint du groupe Figaro, notamment chargé des nouveaux médias. À la tête d'une entité Internet qui compte aujourd'hui soixante-quinze personnes, soit cinq fois plus qu'il y a dix-huit mois, il s'applique à encourager les interfaces entre les rédactions Web et papier. Que ce soit au niveau de la régie publicitaire ou des journalistes, il n'est pas encore question de fusionner les équipes. Le Figaro, qui a choisi de réunir en ligne toutes ses marques sous la bannière du portail lefigaro.fr, ne pratique que rarement les transferts humains entre ses différentes entités.

Rattraper lemonde.fr

En effet, la construction du site s'est faite au moins autant par achat d'actifs que par acquisition de compétences liées à des personnalités extérieures. Ainsi, le pôle Bourse et patrimoine du figaro.fr s'est monté après la reprise de la société spécialisée AG Press alors pilotée par Christophe Mazzoleni, aujourd'hui à la tête du pôle. De son côté, la rédaction sur le Web n'a pu se constituer qu'après la venue à sa direction de Laurent ­Guimier, ex-rédacteur en chef à Europe 1 et spécialiste de la gestion de l'actualité chaude. Laurent Rojot, directeur du pôle féminin du portail, est quant à lui un ancien du magazine Elle. Les deux dirigeants du pôle nouveaux médias, Frédéric Sitterlé et Bertrand Gié, viennent respectivement du site Sport24 - racheté en janvier 2006- et de RTL Net. Enfin, Aden Classifieds (récemment introduit en Bourse), un des leaders des annonces classées en ligne avec monster.fr, n'aurait pas intégré à 54 % le périmètre de la régie Publiprint sans l'arrivée de Cyril Janin (Keljob) et de Thibault Gemignani (Cadremploi). « Avec 33 millions d'euros de chiffre d'affaires, Aden Classifieds permet au groupe de relativiser la baisse des annonces classées dans Le Figaro », observe Pierre Conte.

Après avoir compté jusqu'à cent cinquante collaborateurs sur ses activités Internet en l'an 2000, Le Figaro se reconstruit ainsi peu à peu une surface de visibilité sur la Toile. Pierre Conte assure que le retard avec lemonde.fr se comble : « Nous ne sommes plus qu'à 15 % de leur audience, avec deux millions de visiteurs uniques. » L'enjeu est aujourd'hui de valoriser cette fréquentation grâce à des techniques de « yield management », qui permettent de ­commercialiser un emplacement publicitaire en fonction de la demande. Et de poursuivre la stratégie de déclinaison thématique avec, en avril, le nouveau site du Journal des finances et le lancement, avant l'été, d'un « city guide entertainement » autour du Figaroscope.

Reste une question : le groupe ­Figaro parviendra-t-il à faire de son portail un lieu d'expression naturel pour les journalistes du papier ? Pour l'heure, on ne compte guère plus de deux ou trois journalistes qui ont choisi d'abandonner le quotidien imprimé pour le Web. Contrairement à ce qui se passe aux Échos, on ne voit pas encore de ­« vedettes » du titre papier migrer sur le portail. Internet est-il donc toujours une ­culture d'importation au Figaro ? « Il y a de plus de plus de cadors du papier intéressés par ce que l'on fait sur le Web », assure néanmoins Pierre Conte. Et l'exemple de Jean-Marc Leclerc ne peut qu'inciter à davantage encore de synergies...

Envoyer par mail un article

Le Figaro importe ses talents sur le Web

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.