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Le manager du bonheur

05/07/2007 - par Lionel Lévy

General Electric et la Caisse d'épargne ont créé des postes de cadres censés améliorer au quotidien le bien-être des salariés. Solution d'avenir ou fausse bonne idée ?

Toutes les études le confirment : l'ambiance en entreprise est un levier de plus en plus important pour attirer et fidéliser les collaborateurs. Dernier exemple en date avec la troisième vague du baromètre Cadremploi publiée le 7 juin 2007. Interrogés sur les éléments qui pourraient les inciter à changer d'employeur, les cadres placent, en tête des critères d'attractivité d'une entreprise, l'ambiance sur le lieu de travail, quasiment à égalité avec les possibilités d'évolution offertes et devant la politique de rémunération. « Dorénavant, les salariés demandent à être traités par l'entreprise pour ce qu'ils sont et non plus seulement pour ce qu'ils font », commente David Sibony, fondateur de l'agence de communication interne Instants de bonheur. De là à ce que des entreprises en viennent à créer des fonctions spécifiques au bien-être des salariés...

À Belfort, le fabricant américain de turbines General Electric vient de franchir le pas en nommant l'un de ses cadres, Gilles Herzog, ancien responsable du service informatique, au poste de directeur du projet bien-être. Rattaché à la direction générale, il coordonnera les actions des groupes de travail (direction-représentants du personnel-médecin du travail) mis en place il y a quelques mois pour améliorer tant l'organisation et l'environnement de travail que la communication interne et la reconnaissance des salariés, qui sont 1 600 sur le site. « En créant ce poste, nous souhaitons améliorer au quotidien le bien-être de nos salariés », commente Vincent Riss, le directeur des ressources humaines de GE à Belfort.

Une opération « cosmétique » ? C'est l'avis des syndicats. « Il s'agit d'une nomination en trompe-l'oeil pour faire passer la pilule d'une charge de travail en augmentation constante, estime Francis Fontana, délégué Sud. Jusqu'en 2007, nous fabriquions 60 turbines par an. Cette année, ce chiffre est passé à 80 et la direction a un objectif de 100 pour 2008. » Les partenaires sociaux sont d'autant plus vigilants qu'ils soupçonnent ce « monsieur bien-être » d'être nommé pour couper l'herbe sous le pied des syndicats et des membres du CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail). « Cela fait des années que nous nous battons auprès de la direction pour avoir des commissions " stress " en état de marche, renchérit José Garcia, délégué CFDT. On devrait savoir rapidement si cette nomination est de la poudre aux yeux ou une véritable réponse. » Les premiers chantiers de Gilles Herzog seront de s'assurer, cet été, du bon déroulement du déménagement de deux cents salariés du site et de veiller, à la rentrée, à la création d'une crèche d'entreprise pouvant accueillir les enfants d'une vingtaine de salariés. Sans compter une plate-forme Web consacrée au covoiturage. Vincent Riss, le DRH, précise cependant : « Le traitement des questions de stress n'entre pas dans les attributions de Gilles Herzog. »

Domaines d'expertise variés

À la Caisse d'épargne Provence-Alpes-Corse, c'est une « madame bien-être » qui officie, en la personne de Catherine Bernardini, chargée de la cohésion sociale. « Accompagnée d'une assistante sociale, je suis sur le terrain la majeure partie de mon temps pour prendre le pouls de l'entreprise, identifier les problèmes et tenter de les résoudre », explique cette ex-responsable de la communication externe de la Caisse, où elle travaille depuis vingt ans. Stress, problèmes relationnels dans les équipes, aide au logement des salariés, sentiments de harcèlement, discriminations, etc. Si ses domaines d'expertise sont variés, la plus grande difficulté de son travail consiste à « faire accoucher les collaborateurs de leurs problèmes ». Mais il n'est pas facile de se confier à une personne qui a pour supérieur hiérarchique le responsable des ressources humaines...

Ces postes de « spécialistes du bonheur » sont-ils amenés à se généraliser dans les entreprises françaises ? La Caisse d'épargne n'en prévoit pas l'extension. Pas plus que General Electric, pour qui « la fonction n'a pas vocation à demeurer pérenne ». Philippe Détrie, patron de l'agence en communication d'entreprise Inergie, ne doute pourtant pas que cette nouvelle fonction soit vouée à se développer : « Il y a vingt ans, personne n'imaginait des " messieurs " qualité ou sécurité. C'est la même chose aujourd'hui avec ces spécialistes de la convivialité. »

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