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L'intérim, pas toujours faute de mieux

30/08/2007 - par Maxime Amiot

Désireux de varier leurs missions et d'être plus libres par rapport à leur employeur, certains cadres font le choix de l'intérim. Une tendance encore timide entraînant parfois quelques désillusions.

Six CDI refusés en sept ans. À première vue, Sandra Woolfenden est une jeune femme difficile. Et pourtant... « Le contrat à durée indéterminée n'est pas ce que je recherche, explique-t-elle. Ce que je veux, c'est garder ma liberté et varier les contenus. En cela, je préfère opter pour l'intérim. » C'est en 2000, après six années passées en agence et en régie (Newton 21, DI Group) au poste de directrice de clientèle, qu'elle tente l'expérience. « J'avais besoin de souffler et j'ai fait à ce moment une coupure d'un an. Lorsque j'ai voulu reprendre, je ne me sentais pas de regagner une équipe à plein-temps. J'ai alors pensé à l'intérim. » Par le biais d'une agence spécialisée, Publirelais, elle parvient à décrocher ses premières missions. « J'ai tantôt été responsable de production, directrice de clientèle, et même, au pied levé, directrice de création pour une petite agence. En restant en CDI, je n'aurais jamais pu obtenir cette variété de contenus. » Anecdotique, le parcours de Sandra Woolfenden ? Certes, les intérimaires cadres du secteur de la communication sont ultraminoritaires : quelque 180 équivalents temps plein en 2006, sur 11 000 tous secteurs confondus. Mais la tendance est là : « On sent une demande de plus en plus forte », constate Elsa Bourgeois, directrice marketing et recrutement du réseau Expectra, agence spécialisée dans l'intérim des cadres.

Un aspect financier plutôt attractif

Pour les employeurs, le système est séduisant par sa flexibilité et particulièrement adapté au travail sur projets de courte durée. Pour les salariés, outre la variété des contenus et la liberté recherchée, l'aspect financier est attractif : à la fin de chaque mission, le collaborateur se voit remettre une indemnité équivalente à 10 % de sa rémunération brute ainsi qu'une indemnité compensatoire. Et les employeurs, souvent pressés par le temps, sont parfois capables de quelques largesses. Sandra Woolfenden touche ainsi 30 % de plus que le salaire qu'elle percevait en CDI. De même, Julie Pin, intérimaire ayant effectué différentes missions dans le secteur audiovisuel, touche 15 % de plus que dans son précédent poste en agence. Autre avantage : depuis janvier 2005, la loi de cohésion sociale permet aux agences de travail temporaire de proposer des postes en CDI. « Si un poste me plaît particulièrement et qu'il y a une opportunité, il est clair que je viserai le CDI », poursuit Julie Pin.

Attention, cependant, au miroir aux alouettes. « Il faut être réaliste, de nombreux cadres se tournent vers l'intérim faute de mieux », rappelle Jean-Louis Tessier, directeur de l'agence Publirelais. Isabelle Muret peut en témoigner. Cette jeune cadre a expérimenté durant un an l'intérim après la perte de son emploi de chargée de communication dans un holding de presse. « J'ai effectué plus de huit missions différentes, sur des contenus très en dessous de ma formation, comme des postes d'assistantes de direction. Et je n'ai, évidemment, jamais retrouvé le niveau de mon ancien salaire », témoigne-t-elle. Depuis trois mois, elle est en CDI au sein du groupe Mondadori, à un poste de chargée de communication. L'intérim n'est pas fait pour tout le monde : « Mieux vaut disposer d'une solide expérience. Sinon, cela devient vite difficile », prévient Martine Prual, directrice de l'agence d'intérim Exelteam.

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