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Du bon usage de la mission humanitaire

Partir est une chose, revenir à une vie professionnelle classique en est une autre... Après un, voire deux ans passés à l'autre bout du monde dans des conditions parfois extrêmes, nombre de volontaires peinent à réintégrer un univers toujours plus exigeant. En outre, peu savent réellement justifier leur choix face aux recruteurs. Conscientes de ces difficultés, certaines ONG développent de véritables programmes de réinsertion. L'association Résonances humanitaires propose ainsi à ses volontaires d'effectuer des entretiens avec des consultants en ressources humaines, bilan de compétences à l'appui. « L'idée est d'apprendre au volontaire à valoriser son expérience, afin qu'il n'aille pas devant les recruteurs seulement avec son émotion et ses belles intentions, mais avec des compétences à valoriser », explique Éric Gazeau, directeur de cette association qui a aidé quelque 500 volontaires à retrouver du travail.

Un nouveau départ

Ainsi encadrée, l'expérience humanitaire peut constituer un nouveau départ dans une carrière. « Ce type d'expérience est très fort et peut être l'occasion d'une véritable reconversion professionnelle », relève Laurie Chambon (Clong). Après sa mission de six mois aux Philippines, Denis Legat s'est ainsi lancé dans la communication événementielle et artistique. « Je suis passionné de musique et d'art en général. À mon retour, je me suis décidé à en faire mon métier », explique-t-il. Grâce à son réseau, il s'est mis en relation avec l'agence de communication événementielle et artistique La Lune rousse, dont il est devenu l'un des associés.

L'humanitaire peut-il être un tremplin de carrière ? Damien Hardy le revendique. Après deux années passées en Mauritanie sur un projet de microcrédit et d'aide aux populations locales, il s'est retrouvé propulsé rédacteur en chef d'une revue agricole. Une réelle promotion pour cet ancien journaliste d'une revue de conseil général : « Lors de mon entretien d'embauche, mon futur employeur m'a longuement interrogé sur mon expérience, je sentais que cela l'intéressait », se souvient-il. Avec un budget de 150 000 euros à gérer, des équipes d'autochtones à encadrer dans un environnement pas toujours facile, Damien Hardy a en effet acquis de réelles expériences lors de son séjour en Afrique.


Maxime Amiot
Information traitée dans Stratégies Magazine n°1469

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