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L'entreprise se met doucement au 2.0

27/09/2007 - Si, pour les entreprises, les bénéfices liés à la création de blogs internes, de plates-formes collaboratives et autres messageries instantanées semblent nombreux, seule une minorité d'entre elles les ont adoptés.

McAfee, vous connaissez ? Pas l'antivirus homonyme, mais Andrew McAfee, une sommité dans le monde des nouvelles technologies. Comme nombre de ses confrères, cet éminent professeur de la Harvard Business School prophétise depuis plusieurs mois une révolution dans le monde de l'entreprise liée à l'adoption en interne des nouveaux usages du Web. Pour résumer son propos, les blogs internes, ceux collaboratifs (« wiki ») et autres messageries instantanées transformeraient radicalement les modes relationnels. « L'entreprise 2.0 » se substituerait à un management vertical en devenant une sorte d'école du partage et de la connaissance généralisée. Une philosophie pas vraiment dans l'ADN des entreprises traditionnelles.

Les obstacles à l'épanouissement de cette nouvelle culture en entreprise sont nombreux. « Si je veux progresser dans la hiérarchie, j'ai tout intérêt à apparaître comme indispensable et donc à ne pas partager mon expertise avec d'autres collaborateurs », témoigne ainsi un cadre d'une grande entreprise du secteur bancaire. « Les principaux freins à l'adoption de ces nouveaux outils sont culturels, confirme Carlos Diaz, directeur général de Blue Kiwi Software, une société qui commercialise des solutions intranet. Comme la peur des directions de perdre le contrôle en laissant la main aux salariés. »

Des préjugés persistants

Crainte des « dérapages » verbaux de salariés ? Pas seulement. Aussi celle de voir certains d'entre eux « se tourner les pouces ». « Quand Internet est arrivé en entreprise, on disait exactement la même chose, idem avec l'usage du courriel », remarque Carlos Diaz. Ce type de préjugés persiste. Nombre d'entreprises préfèrent miser sur des solutions de surveillance de l'activité des salariés sur le Web et brident les ordinateurs de leurs collaborateurs. Pas convaincu ? Essayez donc d'installer un logiciel sur votre poste de travail : le plus souvent, cette demande s'apparentera à un véritable parcours du combattant.

Quel est l'intérêt, pour l'entreprise, de disposer de tels outils de partage ? « Déjà, gagner un temps précieux », affirme Éric Camel, patron d'Angie, l'une des deux agences de communication - l'autre étant TBWA Worldwide -, ayant mis en place pour ses collaborateurs une plate-forme « wiki » (collaborative). « Avec ce type de plates-formes, fini la réunionite et les courriels à rallonge car elles permettent de mettre en relation les bonnes personnes pour mutualiser les compétences, récupérer une information ou monter une équipe sur un projet précis. » L'équipe de communication de la banque de financement et d'investissement de BNP Paribas (une trentaine de personnes) travaille ainsi depuis mars 2007. « Les collaborateurs sont valorisés car confortés dans leur rôle d'expert, explique Thierry Valdant, responsable des plates-formes collaboratives au sein de l'établissement. Ils savent qu'en participant à ces plates-formes, ils peuvent être repérés par leur hiérarchie. »


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Syndicalisme virtuel

Grande première dans le syndicalisme français : la Confédération française de l'encadrement (CFE-CGC), syndicat majoritaire dans la société de conseil Accenture, vient de créer son île sur Second Life. « Quatre-vingt-quinze pour cent de nos salariés sont nomades, c'était donc la meilleure façon de les toucher, explique Éric Pigal, délégué CFE-CGC. Et sans doute aussi le moyen le plus efficace de dépoussiérer l'image vieillotte des organisations syndicales. » Dans cet « espace virtuel du dialogue social », des vidéos de représentants syndicaux et des forums d'échange avec les salariés permettant de « réfléchir ensemble à l'entreprise du futur », précise Éric Pigal. Encore plus fort : la Représentation syndicale unitaire (RSU), un syndicat d'IBM Italie, vient d'inventer la première grève du futur. Soutenue par l'Union Network International (UNI), elle est annoncée sur Second Life d'ici au 30 septembre pour dénoncer la non-attribution d'une prime de participation aux salariés. Une grève virtuelle pour obtenir une prime réelle : il fallait y penser !

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