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SOS talents !

25/10/2007 - par Lionel Lévy

Sur fond de pénurie de certains profils Internet, les agences interactives, concurrencées par les sociétés de services et d'ingénierie informatique et les annonceurs, essaient d'attirer les meilleurs talents.

C'est la misère ! » Voici des mois qu'Antoine Pabst, PDG de l'agence inter­active Nurun, ­recherche une dizaine de développeurs Flash supplémentaires. ­Annonces dans la presse professionnelle, sur des sites d'emploi en ligne... Il est même passé dernièrement sur BFM pour faire part de ses besoins dans une émission sur le recrutement. Rien n'y fait. Pourtant, les conditions d'embauche sont intéressantes : des CDI allant de 35 000 euros pour des jeunes diplômés jusqu'à 50 000 euros pour des profils plus expérimentés.

Antoine Pabst n'est pas un cas isolé. Tous les acteurs de la place éprouvent les mêmes difficultés de recrutement sur ces postes techniques. Qui sont ces développeurs tant recherchés ? Des profils qui interviennent sur la chaîne graphique et qui sont dotés, à côté de qualités artistiques, d'un savoir-faire en développement, voire en programmation. « Il y a un an, nous avions une équipe de trois développeurs. Aujourd'hui, nous en avons quinze et nous en recherchons six de plus », témoigne Anne Browaeys, directrice générale de l'agence Fullsix.

Une aubaine pour les écoles

Là encore, impossible de trouver son bonheur... D'autant que la ­concurrence des sociétés de services en ingénierie informatique (SSII) est rude. « Les développeurs que nous recherchons ont de plus en plus le profil d'ingénieurs, alors qu'il y a quelques années ils ­devaient surtout avoir des qualités créatives », explique Michel Matton, directeur des opérations chez Nurun France.

Les avantages concurrentiels des agences face aux SSII ? « Dans les agences, les projets Web sont courts et passionnants, avec des collaborateurs qui les mènent du début à la fin. Il n'y a pas de taylorisation des tâches comme dans les SSII, argumente Michel Matton. En outre, ils côtoient des profils différents, par exemple les créatifs. »

La pénurie ne concerne pas uniquement ces profils techniques. De forts besoins se font sentir en management et gestion de projet numérique, avec toujours aussi peu de candidats capables de passer de la stratégie interactive à son implémentation. De même, les professionnels du référencement (naturel ou liens sponsorisés) sont toujours autant recherchés : responsable trafic, responsable mots-clés, consultant marketing médias en ligne , responsable affiliation, etc. Avec en prime la concurrence sévère des annonceurs, tout aussi friands de ce type de profils que les régies et les agences médias ou de publicité inter­active. Au point pour certaines agences de se faire piller par leurs clients... Chez Nurun, sur dix ­experts du Net ayant quitté la société en 2006, sept ont rejoint l'un des clients de l'agence.

« Aujourd'hui, les profils Internet sont tellement recherchés que certaines écoles n'hésitent pas à demander une rémunération aux agences qui souhaitent présenter leurs métiers aux étudiants, alors qu'il y a seulement quelques mois, elles étaient prêtes à s'étriper pour les faire venir », ­affirme Antoine Pabst. « Le numérique est victime de sa croissance, résume Hervé Cuviliez, directeur général adjoint du groupe DDB France et vice-président de l'Association des agences-conseils en communication interactive (AACC Interactive). Même si l'offre de formation est en train de se structurer pour répondre aux besoins, il y a le même trou d'air qu'ailleurs. »

Cooptation et forums

Cette pénurie touche tous les pays où le taux de pénétration d'Internet est fort. « Aux États-Unis, par exemple, le marché est totalement sec de ces talents », précise Hervé Cuviliez. Mais les pays émergents en regorgent. Aussi une grande majorité d'agences françaises sous-traitent-elles la production de sites Web (réalisation et exploitation) en Europe de l'Est, en Asie ou au Maghreb, ou font venir en France les talents étrangers.

Cependant, la majeure partie des recrutements a encore lieu dans l'Hexagone. Parmi les méthodes les plus couramment utilisées, la cooptation. Depuis un an, elle a fini par s'étendre à la quasi-totalité des agences. Avec à la clé des primes qui varient, selon les structures et les profils recrutés, de 500 à 1 500 euros par collaborateur. Ainsi, chez Fullsix, un tiers des recrutements de l'année 2007 ont été réalisés par cooptation.

Autre technique utilisée : la veille sur les forums spécialisés. « C'est un très bon moyen d'attirer les talents, juge Anne Browaeys, chez Fullsix. À ­condition toutefois de respecter les règles de ces forums, à savoir ne pas faire ouvertement la pub de notre entreprise, sous peine d'être mis sur liste noire. » Fullsix est d'ailleurs en train de former « tant au langage technique qu'au discours à tenir sur ces forums » une collaboratrice des ressources humaines qui y sera détachée.

La chasse est aussi très en vogue dans le secteur. « Aujourd'hui, les trois quarts de nos missions en marketing-communication sont liées à Internet, contre un dixième il y a quatre ans, explique Alexandre Noto, président-fondateur du cabinet de recrutement Concerto. L'autre nouveauté, c'est que les missions ne concernent plus seulement les managers, mais tous les profils. »

Dérouler le tapis rouge

Au rayon des voies à explorer, le recrutement de jeunes diplômés formés directement par l'agence à la sortie de l'école. C'est ce qu'a commencé à faire Nurun, en 2007, avec trois jeunes ingénieurs qu'elle a ensuite formés à la technologie Flash. Si la démarche de l'agence ne s'est pas généralisée, ses concurrentes directes ont tout de même gonflé cette année leur budget formation (2 % chez Duke et chez Fullsix).

« Le temps où les agences considéraient les candidats comme des produits à acheter le moins cher possible est révolu, commente Alexandre Noto. Aujourd'hui, au vu de la pénurie, le candidat est un client. Il a le pouvoir. » Les agences ont-elles réellement intégré cette évolution ? « L'agence qui aura réussi à structurer son management de manière à pouvoir offrir de réelles perspectives de carrière à ses collaborateurs saura attirer et fidéliser les meilleurs », assure Emmanuelle Hipeau, directrice des ressources humaines chez Duke. Toutes les agences annoncent avoir fait du management le grand chantier de l'année. Mais, comme pour tous les chantiers, on sait quand ça commence mais rarement quand ça finit...

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