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France 3 dresse sa filière de production à la verticale

01/11/2007 - par Amaury de Rochegonde

La chaîne publique met en place une nouvelle organisation verticale pour optimiser la planification des ressources humaines et des moyens de sa filière de production.

C'est à partir du 1er novembre que France 3 met en place la « planification verticale » de sa filière de production. D'abord réservée à la fiction et à la vidéo mobile, cette réforme instaurant la gestion centralisée de l'activité sera élargie en janvier à l'ensemble de la filière, à savoir les équipes légères et de postproduction. Pour Geneviève Giard, directrice générale de la chaîne, il s'agit d'une réforme « emblématique » de la réorganisation possible au sein de France Télévisions. « Lorsqu'il y a un risque et un état des lieux partagé, explique-t-elle, on arrive à faire bouger l'entreprise. » Quelque 470 salariés sont concernés par cette restructuration qui vise à décloisonner les huit unités régionales de production, disposant chacune d'un compte d'exploitation séparé, pour les intégrer verticalement dans une nouvelle organisation. Une même plate-forme centralisera désormais les demandes d'achat et de location de matériel.

Harmoniser les commandes

Déficitaire de 3,6 millions d'euros en 2006, la filière de production revient de loin. Un rapport de l'Inspection générale des finances tout comme l'ex-directeur général Thierry Bert préconisaient de la fermer en 2006. Une solution d'autant plus simple que Bruxelles, saisi d'une plainte de M6 et de TF1, avait légitimé peu de temps auparavant la perception de la redevance pour les seules activités de diffusion... Donc, sans y inclure la production. Résultat : pas question pour la filière d'être déficitaire. Or, du fait d'une organisation mise en place il y a une quinzaine d'années, héritée de l'aménagement du territoire, le chiffre d'affaires de la structure ne parvenait plus à compenser la montée des charges, fixes et variables.

« Ce qui manquait à l'ensemble des ­salariés, c'est une culture économique, comme souvent dans les entreprises », estime Geneviève Giard. Le découpage régional contribuait en effet à déresponsabiliser les managers sur les dépenses engagées, chacun comptant sur le voisin pour assurer l'équilibre de la filière. Il n'était ainsi pas rare de voir une unité régionale recruter des CDD pour faire face à un surcroît d'activité, pendant qu'une autre restait sous-­employée. La planification verticale vise donc à harmoniser les commandes, tout en allégeant de 20 % les tarifs sur la vidéo mobile de façon à attirer les autres chaînes du groupe. Objectif : 7 millions d'économies à la fin 2008.

Ancienne chargée de production de France 3 Lyon, Geneviève Giard s'est efforcée de faire de la communication interne un relais d'action efficace. Une approche facilitée par le fait qu'elle est elle-même issue de la filière de production. Elle a donc écrit à chaque salarié par courriel pour expliquer les enjeux de la réforme, et plaquette et affichettes ont été largement diffusées. Le partage de l'état des lieux est, à ses yeux, d'autant plus essentiel que syndicats et salariés n'étaient au départ « pas persuadés du déficit réel de la filière ». Des experts indépendants ont donc démontré que l'affectation des charges n'était « pas majorée, mais plutôt ­le contraire ».

Inquiétude sociale

Parallèlement, après consultation des comités d'entreprise régionaux en septembre et les premières formations destinées aux planificateurs en octobre, deux séminaires seront organisés à la mi-novembre à l'intention de la quarantaine de chargés de production appelés à jouer un rôle pivot. « J'ai à coeur de leur donner les outils économiques qui permettent de mieux rapprocher les bilans des devis », souligne Geneviève Giard.

Mais comment la réforme est-elle perçue en interne ? « Il y a eu six mois de mobilisation et des concerts de casseroles dans le hall de France Télévisions », raconte Marc Chauvelot, secrétaire général CGT. Mais une fois la grève et la menace d'une suppression des équipes légères et de postproduction passées, la crainte d'une liquidation de la filière semble se dissiper. À condition toutefois qu'un sursaut de l'activité accompagne la réduction des coûts liée à la centralisation. L'annonce de la réforme des ­décrets Tasca sur la production est donc pour lui une aubaine : « Cela permettrait aux chaînes de fabriquer en interne. Tant mieux, car pour l'instant, il n'y a aucun signe de rétablissement ­économique. »

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