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Les salariés de La Tribune occupent la une

01/11/2007 - par Muriel Signouret

Le personnel du quotidien économique, dont veut se délester le patron de LVMH, refuse d'être mis devant le fait accompli.

Les temps ont changé : désormais, les propriétaires de journaux doivent compter avec leurs salariés C'est en tout cas le message des 180 employés de La Tribune, le quotidien économique mis en vente par Bernard Arnault, qui ne veulent pas « être mis devant le fait accompli », selon Jean-Christophe Chanut, élu du comité d'entreprise (CE). Échaudés par les procédés utilisés chez leur concurrent Les Échos, où le personnel a appris de façon quasi concomitante la vente de leur quotidien par le groupe britannique Pearson et l'ouverture de négociations exclusives avec un candidat - en l'occurrence Bernard Arnault -, ils se sont décidés à passer à l'action. « Nous ne demandons pas à choisir notre repreneur, explique Jean-Christophe Chanut, mais nous voulons être associés au processus de vente. »

Les salariés se sont ainsi emparés de leur quotidien, lundi 22 octobre, en interpellant leur patron à la une : « M. Arnault, divorçons dignement. » Suivent deux pages dans lesquelles ils expliquent leur démarche, exposent leurs craintes et présentent leurs revendications. « Comment s'assurer que LVMH, en passe d'acquérir Les Échos, ne soit pas tenté de vendre La Tribune, son unique concurrent, à un repreneur qui ne lui fera pas d'ombre ? » s'interrogent-ils. « Nous souhaitons une vente propre et respectueuse, martèle Marie-Caroline Lopez, secrétaire du CE. Cela passe par un plan de relance sérieux, le maintien des emplois, l'assurance que le repreneur dispose d'un périmètre financier suffisant et d'une expérience dans la presse ainsi que le respect de l'indépendance éditoriale. »

Trois dossiers en concurrence

Le coup a porté puisque le même jour, à l'issue d'un CE extraordinaire, les salariés ont obtenu gain de cause sur certains points. La direction a notamment accepté le calendrier proposé par les élus pour l'examen des offres de reprise en leur garantissant de ne pas ouvrir de négociation exclusive avec un repreneur avant le 8 novembre. À ce jour, trois dossiers sont sur le bureau de la banque Lazard : celui d'Alain Weill, le PDG de NextradioTV, celui de Cyril Zimmermann, patron de la régie sur Internet Hi-Média, tous deux intervenant à titre personnel, et celui de Philippe Micouleau, ancien patron de La Tribune et ex-PDG de L'Agefi. Quant à Vincent Bolloré, on le dit mitigé face à un quotidien structurellement déficitaire. Les salariés, qui n'excluent pas que l'industriel breton négocie en direct avec Bernard Arnault, ont aussi obtenu des garanties sociales, dont la constitution d'« une enveloppe d'argent sanctuarisée » qui permettra de faire face aux inévitables conséquences sociales de cette cession.

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