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La fin de l'embellie salariale

22/11/2007 - par Lionel Lévy

Après deux années de dynamisme, les salaires 2007-2008 des managers de la communication et du marketing progressent moins vite que ceux de l'ensemble des cadres. Revue de détail chez les annonceurs et dans les agences.

Depuis dix ans, jamais l'enquête annuelle Maesina International Search-Hewitt Associates portant sur la rémunération des professionnels du marketing et de la communication n'avait affiché de si faibles augmentations. Après des croissances de salaires annuels de 4,8 % et 4,9 % en 2005 et 2006, la moyenne des augmentations des marketeurs et communicants n'est plus en 2007 que de 3,1 %, parties fixe et variable comprises. Soit des augmentations moindres que celles de l'ensemble des cadres, évaluées à 3,5 % par différentes études (Apec, Hay Group). Au vu de la bonne orientation du marché de la communication et du marketing et du nombre d'offres d'emploi en progression sur ces postes, cette baisse est difficile à comprendre. « Elle est sans doute liée à des mouvements moins nombreux que les années précédentes, risque Éric Gandibleu, directeur France du cabinet de recrutement Aquent. Cette année, des secteurs grands consommateurs de marketeurs, telle la grande distribution, ont été beaucoup moins actifs que d'habitude. »

La pharmacie et la cosmétique, meilleurs payeurs

Heureuses sont les fonctions marketing et communication évoluant dans les laboratoires pharmaceutiques. Les augmentations de salaires y tournent autour de 10 % pour les marketeurs et plus de 20 % pour les communicants. Il fait également bon travailler dans l'hygiène et la cosmétique, où les évolutions dépassent en moyenne les 5 % en marketing et 15 % en communication, et à un degré moindre dans l'alimentaire. En revanche, les salaires stagnent, voire régressent, dans la métallurgie, l'automobile, le tourisme et la presse-édition, les moins bons payeurs du marché. « Les marges y sont très basses et la concurrence exacerbée. En période de tension, les fonctions communication et marketing sont les premières à en pâtir », commente Jean-Michel Azzi, président de Maesina. Qu'en est-il du côté des évolutions de salaires en agence ? Si l'étude Maesina-Hewitt ne traite que des annonceurs, de nombreux observateurs estiment que 2007, voire 2008, ne devrait pas être un grand cru.

Pas d'augmentation en vue pour les juniors en agence

Les premiers à payer le prix des limitations budgétaires devraient être les juniors. Motif : leurs salaires ont déjà été réévalués récemment. « Pour rester compétitifs face aux annonceurs, nous avons, il y a un an et demi, augmenté les bas salaires entre 5 % et 15 % selon les postes, explique Pierre-Yves Frelaux, le directeur général de TBWA Corporate. D'autre part, nous avons resserré les périodes de renégociation à neuf mois au lieu de douze. » Ainsi, les salaires d'entrée dans les équipes conseils de l'agence ont été relevés à 2 500 euros brut par mois. Durant la même période, la majorité des grandes agences ont également revu à la hausse les « petits revenus ». « Mais comme les agences croulent sous les demandes de candidats, elles ne voient aucune nécessité à relever les salaires d'entrée à plus de 27 000 ou 28 000 euros », constate Damien Crequer, associé du cabinet de recrutement Taste.

Euphorie des pros d'Internet et des cadres expérimentés

Sur la planète agence, il y a deux tribus : celles des fonctions extrêmement recherchées et les autres. À n'en pas douter, les professionnels d'Internet font partie de la première catégorie (lire Stratégies n°1474). Les profils techniques (par exemple les développeurs Flash), les professionnels du référencement (responsables trafic, responsables mots-clés, consultants marketing médias en ligne, etc.) et les managers de projets numériques sont des oiseaux rares. Aussi, les agences sont prêtes à leur faire des ponts d'or pour les recruter et les fidéliser. Déjà en poste, ils peuvent compter sur des augmentations d'au moins 10 %. « En agence, dès que l'on a un peu d'expérience (trois à cinq ans minimum) et que l'on est bon, on est dans le même cas de figure, estime Éric Gandibleu, du cabinet Aquent. Les directeurs-conseils et directeurs artistiques de talent peuvent tabler sur des augmentations entre 10 et 15 % cette année. » « À partir de cinq ans d'expérience sur les postes de directeur de clientèle ou directeur-conseil, les agences paient aujourd'hui mieux que les annonceurs », considère Damien Crequer, du cabinet de recrutement Taste. Des salaires compris généralement entre 80 000 à 120 000 euros.

Précarité accrue en agence pour les attachés de presse

« Les contrats à durée déterminée sont devenus les modes de recrutement majoritaires avec des salaires qui, en agence, ne devraient pas être augmentés cette année. » Bruno Huisman, directeur de l'école française des attachés de presse (Efap) n'est pas très optimiste sur les perspectives pour 2008. Bien que les enveloppes budgétaires des relations presse soient globalement en hausse cette année (de l'ordre de 6 %), l'Efap constate parallèlement une augmentation des petits budgets. Selon son dernier baromètre 2006, 43 % des enveloppes budgétaires sont inférieures à 38 000 euros. Soit une augmentation des minibudgets de 20 % par rapport à 2003. En matière de rémunération, selon l'école, 60 % des attachés de presse touchent moins de 37 999 euros brut de salaire annuel, dont 13 % moins de 23 000 euros et 22 % entre 23 000 et 29 999 euros. Parmi les personnes interrogées, 27 % ont un salaire annuel brut situé entre 38 000 et 75 999 euros et 13 % ont un salaire supérieur à 76 000 euros. Bruno Huisman constate que « les écarts entre les salaires pratiqués en agence et chez les annonceurs ne cessent de se creuser ».

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