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Cybermenace au coeur de l'entreprise

06/12/2007 - par Anne-Lise Carlo

Outil incontournable dans les échanges internes et externes d'une entreprise, Internet est très loin d'être un espace sécurisé face aux démarches d'espionnage industriel.

Si vous voulez être sûr que personne d'extérieur ne vous écoute, il faut toujours débrancher votre téléphone portable, voire même enlever sa batterie. » Intervenant le 28 novembre lors de la seconde édition de la Nuit des médias (lire l'encadré), le ministre de la Défense, Hervé Morin, n'a pas dessiné de scénario futuriste. Les nouveaux médias, Internet tout autant que les téléphones mobiles, sont de plus en plus la cible des pirates informatiques. Ces intrusions virales rendent cruciale la question de la sécurité au coeur de l'entreprise. D'autant plus que le recours à Internet dans les relations internes à l'entreprise prend de plus en plus de place : comment être certain de la protection des données et de leur confidentialité ? Internet est en effet un outil difficilement maîtrisable. Si l'espionnage industriel ne date pas d'hier, certes, le Web lui ouvre encore plus le champ des possibles. Car les pirates informatiques sont loin de n'être intéressés que par les morceaux de musique et les films de cinéma...

Peur d'une image négative

« Les entreprises ne se méfient pas suffisamment de ces nouveaux outils de communication. Pourtant, en les utilisant, elles peuvent réellement se mettre en danger », explique le lieutenant-colonel Philippe Baudoin, chef de la division de lutte contre la cybercriminalité créée au sein de la gendarmerie. Celle-ci et l'armée travaillent depuis longtemps sur ces questions de cybercriminalité via Internet. Contenu des courriels observés, mise sur écoute ou réseau interne infiltré : les antivirus et les pare-feu ne sont guère suffisants. À titre d'exemple, la simple connexion Internet via le réseau Wifi sur lequel fonctionnent de nombreuses entreprises et leurs salariés peut être très facilement piratée et donc donner accès aux documents échangés par ce biais. Pourtant, la cybercriminalité reste un sujet tabou dans le monde de l'entreprise. Celles qui ont fait l'objet d'une attaque observent une vraie loi du silence, conditionnée par la crainte d'un retour d'image négatif. Plus de six entreprises sur dix pensent que la cybercriminalité pourrait porter atteinte à la marque et à la réputation de leur entreprise, selon une étude réalisée par IBM auprès de 3 000 sociétés dans le monde en 2006.

Prudence en interne

Seules quelques affaires ont été dévoilées. Ainsi, en mai dernier, la deuxième plus grande banque estonienne a dû fermer son site Internet à la suite de « cyberattaques massives », dans un pays pourtant très en pointe sur ces questions. La prudence doit donc être de mise car sans s'en douter, le salarié peut ainsi devenir un « complice » tout à fait involontaire d'actes de piraterie. En 2006, 66 % des responsables informatiques interrogés par IBM étaient d'ailleurs persuadés que les menaces sécuritaires provenaient désormais essentiellement de l'intérieur de l'entreprise. « Il faut vraiment que les informaticiens fassent mieux remonter en interne les informations concernant les pratiques sécuritaires sur Internet, qu'ils pointent les comportements à risques. Souvent, c'est d'ailleurs le " patron " le moins prudent... », explique le lieutenant-colonel Philippe Baudoin. « À la vitesse où la piraterie progresse, on peut très bien envisager un jour une prise de contrôle globale d'Internet. Et ce n'est pas de la science-fiction... », conclut Hervé Morin, le ministre de la Défense. Et dire qu'en 1969 naissait Arpanet, l'ancêtre d'Internet, des mains même des réseaux de communication militaires...

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