Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

La grogne monte au Monde

13/12/2007 - par Muriel Signouret

Entre débrayages et manifestations, les salariés du groupe de presse expriment leurs inquiétudes face au plan de redressement que doit annoncer la direction le 19 décembre. Ils s'attendent à un nouveau plan social.

L'hiver s'annonce rude au groupe Le Monde. Les quelque 1 500 salariés qui y travaillent attendent, non sans angoisse, le conseil de surveillance du 19 décembre prochain. Ce n'est qu'à cette date que la direction dévoilera son plan de redressement. En attendant, les couloirs du siège, dans le XIIIe arrondissement de Paris, bruissent des rumeurs les plus folles. Traumatisé par le départ de plus de soixante salariés du quotidien en 2005, le personnel a de bonnes raisons de craindre que l'histoire ne se répète avec l'annonce d'un nouveau plan de départs volontaires, voire d'un plan social.

Car les économies que le groupe de presse doit réaliser ne sont pas négligeables. Dans un communiqué publié à l'issue du comité stratégique du 4 décembre, le directoire évoque en effet un manque à gagner structurel d'une « dizaine de millions d'euros ». Le résultat d'exploitation ne devrait pas dépasser 3 millions d'euros, alors que le budget 2007 prévoyait 8 millions d'euros. En cause : un marché publicitaire morose (cf. Stratégies n° 1480).

Cette fois, la réduction d'effectifs pourrait concerner une centaine de salariés. Et, de source interne, tous les titres déficitaires seront affectés, que ce soit Les Cahiers du cinéma, Le Monde diplomatique, Fleurus Presse, le pôle Édition jeunesse du groupe et, surtout, le quotidien, qui accuse en 2007 7 millions d'euros de pertes.

Pourtant, Éric Fottorino, le directeur du journal, après avoir averti ses chefs de service d'une telle éventualité, a démenti. « Il nous a promis qu'un tel projet n'était pas dans les cartons. Cela dit, nous restons vigilants. Les inquiétudes sont réelles et les risques aussi », confie Alain Faujas, délégué du Syndicat national des journalistes (SNJ). Reste que, pour lui, d'autres charges pourraient être amputées, telle celle de l'imprimerie du Monde ou le loyer du luxueux siège parisien. « La réduction de la masse salariale n'est pas la seule solution », martèle-t-il.

À part cette vague promesse, justifiée sans doute par la nécessité d'éviter un délit d'entrave, la direction n'a pas cherché à calmer les inquiétudes des salariés. « Nous avons reçu les représentants des sociétés de journalistes début décembre. Un comité de groupe a également réuni les représentants des salariés le 6 décembre. Mais il est vrai que toutes les décisions sont reportées au 19 décembre », se défend Fabrice Nora, le directeur délégué du groupe Le Monde.

Des augmentations dénoncées

« C'est le black-out total de la part des dirigeants, s'insurge pour sa part Nicole Morelli, secrétaire du comité d'entreprise à Fleurus Presse. C'est d'ailleurs ce qui nous inquiète le plus, sachant que nous avons un déficit de 1,5 million d'euros en 2007 et que notre budget 2008, qui prévoit un million de déficit, a été refusé par le groupe. » Elle a finalement obtenu la tenue d'une réunion informelle le 5 décembre au cours de laquelle Hervé Delangre, le directeur de la filiale, s'est engagé à dévoiler les différentes pistes envisagées dès le 13 décembre.

Cette grogne sociale, concrétisée par un débrayage le 3 décembre et par une manifestation bruyante des salariés le 6 du même mois, est attisée par les augmentations de salaire des dirigeants, dénoncées par l'intersyndicale. Pierre Jeantet, le président du directoire, aurait demandé une revalorisation de sa prime de logement qui porterait sa rémunération totale à 405 000 euros par an (+4,9 %), alors que son prédécesseur, Jean-Marie Colombani, touchait 440 000 euros. Éric Fottorino, directeur du quotidien, a demandé une augmentation de 75 000 euros, soit un salaire de 210 000 euros annuel (+55,6 %). Quant à Bruno Patino, vice-président du directoire, il perçoit un salaire annuel inchangé - prime comprise - de 250 000 euros. Fabrice Nora admet que cette revalorisation tombe au mauvais moment. « Elle aurait dû être faite en juillet, lors de leur nomination. Mais à cause de la contestation d'Alain Minc, le conseil de surveillance n'avait pas pu se réunir. Il appartient désormais au comité des rémunérations de trancher », indique-t-il. Une décision épineuse alors que la direction exige un effort collectif pour atteindre « un équilibre durable ».

Envoyer par mail un article

La grogne monte au Monde

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.