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Les scénaristes enfin homologués, mais en crise

13/12/2007 - par Lionel Lévy

D'un côté, la satisfaction d'être enfin reconnu comme un métier à part entière. De l'autre, l'inquiétude de voir leur rémunération encore réduite. Les scénaristes français ne savent plus s'il faut rire ou pleurer.

Hasard du calendrier : à l'heure où le Conservatoire européen d'écriture audiovisuelle (CEEA) ­organisait une conférence de presse pour annoncer que l'activité de scénariste devenait officiellement un « vrai métier », avec homologation officielle des pouvoirs publics, soixante-dix auteurs français manifestaient à Paris, le 28 novembre dernier, à l'appel de l'Union-Guilde des scénaristes (UGS) pour « dénoncer des menaces de dérégulation qui pourraient être fatales à la création audiovisuelle française ». En cause : le report des décrets d'application portant obligation d'investissement des diffuseurs TV dans les oeuvres originales en langue française (lire aussi l'interview de Simone Harari, présidente de l'Union syndicale de la production audiovisuelle, en p. 8).

Pour l'UGS, l'enjeu est de protéger la création française. Après avoir rappelé que la rémunération des scénaristes français s'élève à 3 % du coût total d'un téléfilm contre 10 % aux États-Unis, où la profession s'est mise en grève pour défendre sa rémunération sur les nouveaux médias, le syndicat en demande la réévaluation à hauteur de 5 % dans la nouvelle ­réglementation.

« Si nous soutenons les scénaristes américains, force est de constater qu'en France nous ne bénéficions pas de la même considération qu'eux, juge Vincent Solignac. Les chaînes de télévision sont actuellement en train de faire du lobbying pour réduire encore leurs obligations. C'est notre existence même qui est menacée. » Avant la réforme annoncée, le ministère de la Culture a confié à David Kessler, directeur de France Culture, et à l'ancien député UMP Dominique Richard, une mission sur les rapports entre producteurs et diffuseurs. Leurs premières propositions sont attendues pour le 15 décembre.

Du côté du Conservatoire européen d'écriture audiovisuelle, la joie supplante les inquiétudes. « Onze ans que nous attendions cela ! », explique son président, Albert Matthieu. La formation dispensée par le CEEA est enregistrée pour cinq ans au répertoire national des certifications professionnelles pour le titre de scénariste.

Formation ouverte à tous

Conséquence directe : la reconnaissance d'un nouveau métier, bien sûr, et pour le CEEA la possibilité de percevoir la taxe d'apprentissage. L'école, financée par les chaînes publiques et privées (600 000 euros de budget) parties prenantes de son conseil d'administration, accueille douze à quatorze étudiants par an. La formation dure deux ans, et délivre un diplôme assimilé à un master bac + 5.

Profil des étudiants : « Comme le ­concours d'entrée est ouvert à tous sans limite d'âge ni de niveau, il y a de tout, affirme Patrick Vanetti, directeur de l'établissement. Des tailleurs de pierre, d'anciens croupiers, etc. La moyenne d'âge est de vingt-sept ans. » Pour la pédagogie, pas de professeurs mais des scénaristes aguerris.

Reste à savoir si cette école ne risque pas de formater les scénaristes en herbe. « Il ne s'agit pas de brider l'imaginaire des étudiants, mais au contraire de leur permettre d'exprimer leur univers via l'apprentissage de la technique, plaide Albert Matthieu. De la technique naît le génie. » Encore faut-il que les chaînes de télévision soient prêtes à prendre certains risques dans leur programmation. « Nombre d'entre elles nous demandent de l'impertinence, mais quand on leur en propose, elles hésitent énormément de peur de heurter leur public », relève Patrick ­Vanetti.

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