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« Le management français doit être plus démocratique »

10/01/2008 - par Entretien : Lionel Lévy

Les salariés Français sont les plus critiques vis-à-vis de leur hiérarchie, selon une enquête internationale de l'institut BVA pour la société de conseil en ressources humaines BPI. Brice Maillé, directeur de sa branche management, revient sur les carences du management hexagonal.

Selon votre enquête (1), c'est en France que les managers sont le plus mal jugés par leurs salariés. Cela vous surprend-il ?

Brice Maillé. Nous ne nous attendions pas à de tels écarts entre les pays. Les managers français sont globalement les moins appréciés. Dans l'Hexagone, 75 % des salariés estiment leur manager comme compétent : c'est le taux le plus bas des dix pays concernés. Conséquence directe, un Français sur deux reconnaît ne pas suivre les directives de son supérieur hiérarchique. Seuls les Roumains font pire. De même, ils estiment que seulement deux tiers des managers sont prêts à écouter leurs remarques et que moins d'un sur deux est prêt à aider son collaborateur pour lui permettre de progresser.

Comment expliquer ces mauvais résultats ?

B.M. Il existe dans les entreprises françaises une double crise : de confiance et d'autorité. Mais les managers ne sont pas responsables de tous les maux. Les salariés expriment à leur égard des exigences beaucoup plus élevées qu'ailleurs qui induisent avec leur management une relation de tension et de déception. Ils ont une vision fantasmée de leurs managers. Ceci traduit une forme d'immaturité relationnelle. Autre difficulté : les Français confondent volontiers autorité avec autoritarisme et volonté de sanctionner, quand l'autorité est entendue comme leadership et capacité à prendre des décisions outre-Atlantique.

Que faut-il faire pour améliorer le management dans les entreprises françaises ?

B.M. Le management français se distingue par un formalisme excessif. Il n'y a que chez nous où la barrière cadre/non cadre revêt encore un sens. Cela entraîne des frontières hiérarchiques, des rigidités dans les relations et les conditions de travail qui n'ont pas lieu d'être. Il faut donc insuffler plus de démocratie dans le management. Le manager de demain doit être un communicant vis-à-vis de ses équipes. Pour garantir une bonne qualité de dialogue, les entreprises françaises gagneraient à mieux appréhender cette dimension communication dans les fonctions des managers, en l'intégrant par exemple dans leurs rémunérations.

Existe-t-il des spécificités managériales dans le secteur de la communication ?

B.M. Le management y est particulièrement ardu. Les talents y sont plus difficiles à cerner et à objectiver que dans d'autres secteurs, avec des organisations de travail qui laissent une large place à l'autonomie. Pour autant, c'est sans doute dans ce secteur que l'on trouve le plus haut niveau d'exigence vis-à-vis des managers. Il est donc temps qu'en termes de management, le secteur de la communication rattrape son retard.

(1) « Les Salariés évaluent leur manager », décembre 2007. Enquête réalisée pour le cabinet-conseil BPI par l'institut BVA auprès de 5 500 salariés travaillant dans 10 pays (Allemagne, Espagne, États-Unis, France, Italie, Maroc, Pologne, Roumanie, Royaume-Uni et Suisse).

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