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Les salariés connaissent la chanson

24/01/2008 - par Lionel Lévy

L'interprétation mimée de chansons dans des vidéos d'entreprise ou « lipdub » est le dernier phénomène de communication d'entreprise. Survivra-t-il à l'effet de mode ?

Le « lipdub », vous connaissez ? Difficile de passer au travers de cette tendance dernier cri de la vie au travail. Sur les sites de partage de vidéos, Daily Motion et You Tube, ces « play-back de bureau », pour ne pas dire ces « synchronisations labiales » (traduction de « lipdub »), cartonnent. Le concept ? Filmer en une seule prise un clip vidéo qui met en scène des salariés doublant les paroles d'une chanson. À l'origine du phénomène, Connected Ventures, une agence de communication new-yorkaise dont les employés se trémoussent les uns après les autres en faisant semblant de chanter le tube Flagpole Sitta du groupe Harvey Danger. Un joli coup de pub pour l'agence, dont le film a été visionné depuis mai dernier par plus de 1,5 million d'internautes.

Difficile de trouver plus simple et moins cher pour faire parler de sa boîte : des salariés qui voulent s'amuser, une caméra, une sono, une heure ou deux, une chanson dans le vent... et le tour est joué ! Pas étonnant que la bonne idée se soit transformée en virus. En France, l'agence Heaven a dégainé la première. Résultat : une notoriété nouvelle grâce à près de 200 000 visionnages de son « lipdub » sur les sites de partage de vidéos et des passages à la télévision, notamment sur LCI et France 2 (Envoyé spécial).

De quoi décoincer les autres agences du secteur, soucieuses d'apparaître dans ce nouveau baromètre de la « cool attitude ». Sous la bienveillance appuyée de leur direction, les salariés de Rumeur publique, du Public Système, de Digitas France (ex-Business Interactive) ou de BDDP&Fils ont également poussé leur chansonnette. Tout comme ceux des directions de la communication de France 5 et d'Orange.

« Chacun aura son quart d'heure de célébrité »

Le « lipdub » crée, il est vrai, des attributs de marque très positifs. « Plus que n'importe quel site Web ou plaquette, l'outil nous a permis de témoigner de notre créativité et de notre fraîcheur auprès de nos clients et prospects, mais aussi de rénover notre image employeur », explique Christophe Ginisty, patron de Rumeur publique, dont les salariés se sont récemment mis en scène sur le tube Louxor j'adore de Philippe Katerine. Depuis, l'agence a reçu un nombre de CV beaucoup plus important qu'à l'ordinaire. Idem chez Heaven, où le nombre de candidatures reçues est en hausse de 30 % depuis la réalisation de son premier « lipdub » (l'agence en a fait deux). Il faut dire que les clips réalisés respirent la bonne ambiance et la joie de vivre. Mieux, les salariées filmées - ce sont surtout des filles - sont toutes plus ravissantes les unes que les autres. À croire que celles qui l'étaient moins avaient pris leur RTT...

Pour Sophie Noël, directrice générale d'Heaven, le « lipdub », plus qu'un outil de communication externe, peut aussi servir le management et la communication interne. « C'est un moyen de renforcer la cohésion d'équipe autour d'un projet commun ludique, affirme-t-elle. On en parle avant, on se marre pendant et l'on en est fier après. » Un nouvel outil de « team building » ? « Pourquoi pas, estime-t-elle. Pour réussir à le réaliser, il faut que les collaborateurs apprennent à s'écouter. Après tout, pour souder une équipe, ça n'a pas moins de sens que de faire du rafting ou du saut à l'élastique ! »

Vu de l'extérieur, le phénomène est diversement apprécié. « J'ai l'impression que les jeunes stagiaires agitent les bras comme si leur passage en CDD en dépendait », s'amuse Hervé Resse, consultant indépendant dans la communication d'entreprise. À en croire les agences de communication, il s'agit d'une démarche spontanée émanant des collaborateurs et non de la direction de l'entreprise. Pourtant, certains salariés craignent d'être instrumentalisés en y participant. « Je veux bien faire la promo de ma boîte à condition d'être payé », explique un commercial qui a refusé d'apparaître dans le « lipdub » de son agence. À ce propos, il est à noter que malgré toutes les qualités supposées de ce support, la quasi-totalité d'entre eux ont été réalisés en dehors des heures de travail.

Le « lipdub » a-t-il un avenir ? Hugo Boss a récemment contacté Heaven afin que l'agence en réalise un de marque pour le lancement du duo de parfums destinés aux hommes et aux femmes, Hugo XX et Hugo XY. Une vingtaine d'influenceurs de la blogosphère ont été réunis pour s'égosiller sur la chanson du groupe Blur, Girls and Boys. À charge pour eux, ensuite, de promouvoir la vidéo via leur blog. « Nous n'avons pas eu besoin de les rémunérer, précise Sophie Noël. Pour eux aussi, c'était l'occasion de faire leur promo et de montrer leur visage. L'effet Warhol [« À l'avenir, chacun aura son quart d'heure de célébrité »] a joué à plein. » Mais les résultats ont été décevants. Malgré de l'achat médias sur Daily Motion pour donner plus de visibilité à la vidéo, cette dernière n'a pas dépassé 20 000 visionnages (6 000 vidéos ont été vues hors plan médias).

Quels prolongements ?

« Sur Internet, les modes passent vite, reconnaît Sophie Noël. Nous n'avons pas l'intention de généraliser la recommandation de l'outil à nos clients. » Quant à savoir si d'autres agences créeront leur « lipdub », Christophe Ginisty n'y croit pas. « Si cela a fonctionné, c'est avant tout parce que ça paraissait frais et spontané, commente-t-il. Les entreprises qui vont tenter de récupérer le filon vont surtout passer pour de mauvais suiveurs. » D'ailleurs, sur le site officelipdub.com, créé par Heaven, qui invite les entreprises à pousser la chansonnette, on ne se bouscule plus vraiment au portillon. « Le phénomène " lipdub "»peut néanmoins avoir des prolongements, estime Christophe Ginisty. Dans la mesure où il est révélateur d'une volonté des consommateurs de comprendre ce qui se passe en coulisses. » Et si le prochain s'inspirait du tempo d'Avec le temps de Léo Ferré ? Pas très « corporate », mais nul doute que ce serait vu.

 www.officelipdub.com

 www.heaven.fr

 www.rumeurpublique.fr

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