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« On est comme une famille à un enterrement »

31/01/2008 - par Lionel Lévy

Avec la suppression de la publicité sur le service public prévue pour janvier 2009, France Télévisions Publicité vit ses derniers mois d'activité. Malgré le traumatisme, les salariés se serrent les coudes.

C'est comme si le ciel leur était tombé sur la tête. En ce mardi 8 janvier 2008, malgré la météo clémente, c'est bien la foudre qui s'est abattue sur les 318 salariés de France Télévisions ­Publicité. En cause, l'annonce par Nicolas Sarkozy, lors de ses voeux à la presse, d'une « réflexion » - rapidement transformée en décision - sur la suppression de la publicité sur les chaînes du service public. « Comme chaque collaborateur dispose d'un accès TV, tous ou presque ont vécu l'annonce de leur mort prochaine en direct, indique Bruno Belliat, directeur de la communication et des études à France Télévisions Publicité. Cela a été un traumatisme pour tout le monde. » Un traumatisme exacerbé par le communiqué de presse envoyé dans la foulée par le président de France Télévisions, Patrick de Carolis, se félicitant presque de la décision du chef de l'État. « Les salariés ont eu le sentiment de compter pour du beurre et d'avoir été totalement lâchés par leur direction », explique ­Dominique Salvi, assistante marketing et déléguée syndicale Unsa-CFTC à la régie ­publicitaire.

Tous dans le même bateau

Du ressentiment aussi vis-à-vis des journalistes. « Quand nous avons découvert les premiers papiers dans la presse sur la suppression de la publicité sur le service public, nous avons été ulcérés de constater qu'aucun ne faisait référence aux ­conséquences sociales », se souvient un cadre du service diffusion. Les conséquences ? Plus que 48 semaines de travail avant la fermeture de la boutique. Autant dire que, dans ces ­conditions, il est difficile de rester serein et motivé. Un sacré chantier de communication interne et de gestion des ressources humaines en perspective...

« Nous avons réagi immédiatement après l'annonce, en diffusant sur l'intranet un communiqué faisant part aux salariés de notre étonnement et mécontentement », précise Bruno Belliat, directeur de la communication de de France Télévisions Publicité. Le soir même, Philippe Santini, son directeur général, réunissait tous les salariés pour les assurer de son soutien. Depuis, trois autres réunions d'information et d'échanges ont eu lieu. Prévu pour le 17 janvier, le séminaire annuel de l'entreprise, où sont définis la stratégie et les objectifs de la régie, a même été maintenu. « L'important pour nous est que les salariés continuent leur activité. Mais, pour cela, nous n'allons pas leur raconter la messe, explique Bruno Belliat. Tous les collaborateurs, membres de la direction compris, sont dans le même bateau. » Une situation inédite que l'ensemble des syndicats du groupe audiovisuel public qualifie de « plan social présidentiel ».

Du coup, en interne, tout le monde se serre les coudes. « On est comme une famille à un enterrement, analyse un ­salarié du service diffusion de la régie. On se ressoude autour du cercueil. » La direction ne peut que se féliciter de la bonne tenue des troupes. « Les salariés restent très motivés pour le moment, assure Thierry-Pierre Jouandet, directeur des ressources humaines de la régie. Ils font preuve d'un étonnant professionnalisme et d'un grand sang-froid. » Selon la direction, « malgré les nombreuses sollicitations de l'extérieur », aucun n'aurait encore démissionné. Mais jusqu'à quand ­durera cette union sacrée ?

Promesses et doutes

Difficile à dire, d'autant que la ­direction pourrait rapidement avoir à gérer des frictions en interne, suite à la décision du gouvernement de ­conserver les recettes de partenariat. « Le service parrainage, soit une dizaine de collaborateurs, devrait être maintenu. C'est sûr que cela peut faire des envieux, note Thierry-Pierre Jouandet. De plus, d'ici à janvier 2009, nous devrons piloter une réduction des effectifs dans plusieurs services. Paradoxalement, les ressources humaines pourraient avoir à s'étoffer... » « Ce qui est sûr, c'est que pour maintenir le climat interne actuel, il faut très rapidement donner aux salariés des informations sur leurs conditions de sortie, statuts et destinées personnelles, résume Bruno Belliat. Nous nous sommes engagés à leur en fournir fin février. »

Les employés de France Télévisions Publicité ont d'ores et déjà obtenu deux promesses. La première émane de Patrick de Carolis, qui les a réunis le 11 janvier dernier pour leur assurer qu'ils seront prioritaires sur toute nouvelle création de poste au sein du groupe. La seconde provient de la ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, qui a garanti sur RTL, le 18 janvier, qu'il y aurait « zéro licenciement ». Les salariés restent perplexes. « Comment reclasser aussi facilement des commerciaux vendeurs d'espace publicitaire ?, s'interroge l'un d'eux. À moins de créer un centre commercial dans le hall de France Télévisions, je ne vois pas. »

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