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TF1 face au livre de la discorde

31/01/2008 - par Amaury de Rochegonde

La sortie de Madame, Monsieur, bonsoir, un document écrit de façon anonyme par des salariés de TF1, vaut au patron de la chaîne, Nonce Paolini, d'avoir à gérer des remous au sein de sa rédaction.

TF1 a reçu jeudi dernier le soutien inattendu de Bertrand ­Meheut, président de Canal +, à propos du livre Madame, Monsieur, bonsoir, paru sous pseudonyme début janvier aux éditions du Panama et déjà vendu à plus de 80 000 exemplaires. « Si quelqu'un n'est pas content à TF1, il n'a qu'à partir, avoir le courage de le faire », a déclaré devant l'Association des journalistes médias celui qui avait jadis demandé aux Guignols de ne pas critiquer leur employeur.

C'est aussi, à quelques nuances près, l'avis de Robert Namias, directeur de l'information de TF1, qui estime que sa rédaction est « profondément choquée par une peinture faite d'elle-même qui est abominable, ignoble et sans rapport avec la réalité ». Il voit dans ce « livre lamentable » « des règlements de comptes extrêmement violents de gens qui ne veulent pas que TF1 change et qui n'ont pas compris qu'une page est tournée ». C'est peu dire que celui qui y figure sous le nom de Bob n'a pas apprécié Madame, Monsieur, bonsoir. Ce qui l'a le plus choqué ? « Qu'on puisse publier un tel ouvrage. Ou les auteurs sont des collaborateurs, et alors on s'explique et chacun prend ses responsabilités. Ou l'éditeur couvre une opération de bas étage. »

Trois semaines après sa sortie, l'ouvrage attribué à un collectif de journalistes de TF1 publiant sous le nom de Patrick Le Bel continue en tout cas de faire des vagues. Non pas tant à cause de l'écho qu'il susciterait dans la rédaction. Selon un délégué syndical, il y règne « le plus grand calme », tant la lecture du brûlot « n'apporte rien de plus que ce qui est sorti dans la presse » et s'apparente à un « récit d'enfants gâtés qui ont envie de se lâcher mais pas au point de partir ». En fait, c'est surtout pour ce qu'il révèle des mutations en cours à TF1 que le livre interpelle.

Climat de suspicion

Là où Robert Namias ne voit que « violence et hostilité », le nouveau patron de la Une, Nonce Paolini, a réagi de façon sensiblement différente. Consigne a été discrètement donnée de ne pas jeter de l'huile sur le feu en s'arc-boutant sur la notion assez imprécise de crime de lèse-majesté. En ancien directeur des ressources humaines, l'homme a géré la crise en cherchant à calmer les esprits : « Nous pensons que ce livre n'a pas été écrit par des gens qui sont encore dans la maison, explique un de ses proches. Nous avons fait passer le message que si on a quelque chose à dire, il faut pouvoir le dire... » Une façon aussi de montrer la différence de management avec son prédécesseur, Patrick Le Lay, connu pour ses mémorables coups de colère.

Nonce ­Paolini est épargné par les auteurs de ­Madame, Monsieur, bonsoir. Son nom est rarement cité, sauf pour évoquer l'éviction d'un cadre coupable de harcèlement moral. De là à imaginer que Patrick Le Bel est le nom de code d'une opération de déstabilisation de la vieille garde de l'information de TF1 après le départ d'Étienne Mougeotte, il n'y a qu'un pas...

Robert Namias soutient néanmoins le contraire en affirmant que le coup vient de ceux - « Ne me demandez pas de noms, je ne vous en donnerai pas » - qui refusent « la réorganisation globale » de la chaîne. Il dément aussi l'information du point.fr selon laquelle il se serait plaint la semaine dernière, avec ­Patrick Poivre d'Arvor et Claire Chazal, du manque de soutien de Nonce Paolini dans cette affaire, même si « on peut se dire des choses au cours d'une réunion interne ».

La crise est-elle terminée ? Au-delà de l'expression anarchique des rancoeurs, le livre laisse aujourd'hui des traces par le climat de suspicion qui règne dans la rédaction. Crainte de ligne téléphonique surveillée, journalistes appelant l'éditeur pour être innocentés auprès de leur direction... Une telle publication sous le manteau ne peut que favoriser la paranoïa. Nonce Paolini aura fort à faire pour rétablir de la collégialité au sein de la rédaction. Visiblement, les séminaires internes ne suffisent pas à canaliser les contestations. Gageons que le nouveau patron a tiré de cette plongée en eaux troubles quelques enseignements en matière de gestion des ressources humaines.

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