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Candidat, un boulot comme un autre ?

21/02/2008 - par Bruno Fraioli

La cour d'appel de Paris a condamné la société Glem à verser des indemnités à d'anciens participants à L'Île de la tentation. La justice les considère comme des employés à plein temps.

Simple candidat ou employé rémunéré ? Un participant à une émission de télé-réalité serait un collaborateur d'une maison de production au même titre qu'un cadreur ou un preneur de son. C'est la lecture un peu surprenante effectuée par la cour d'appel de Paris du contrat de trois anciens candidats de L'Île de la tentation, le programme de télé-réalité estival de TF1 produit par Glem, sa ­filiale à 100 %. Les juges ont estimé que les participations ­d'Anthony, Marie et Arno à l'édition 2003 ­devaient être requalifiées en ­contrats à durée indéterminée. Aussi Glem a-t-elle été ­condamnée à verser près de 27 000 euros à chaque candidat au titre de salaire, incluant les heures supplémentaires et les congés payés. Sans oublier les dommages et intérêts pour licenciement irrégulier et les ­indemnités pour travail dissimulé. Un arrêt qui pourrait faire ­jurisprudence.

Cas particulier

Chez Glem et TF1, silence radio. La société de production indique simplement avoir déposé un pourvoi en cassation. Pour autant, ses démêlés avec la justice ne découragent pas la chaîne : la septième édition de L'Île de la tentation, programmée pour cet été, est sur les rails.

Ce n'est pas la première fois que la justice s'intéresse aux émissions de télé-réalité. En 2001, durant Loft Story, des représentants du ministère du Travail avaient déboulé chez M6 pour vérifier les contrats de Steevie, Loana et autres « lofteurs ». Toutefois, chez ­Endemol, qui réalise la plus grande part des programmes de divertissement des chaînes françaises (les fameuses « émissions de flux »), la confiance est de mise. « Cette décision est relative à un cas bien particulier, L'Île de la tentation, qui a sa propre mécanique, précise Virginie Calmels, présidente d'Endemol France. Ce programme n'est pas soumis à un règlement de jeu, contrairement à Star Academy, Koh Lanta ou Secret Story. Ce ne sont pas des programmes de télé-réalité mais des jeux, comme La Roue de la fortune. Nous n'avons pas d'inquiétude. »

L'affaire est évidement suivie de très près par le petit monde des sociétés de production. Car si elle fait jurisprudence, cette décision aura des conséquences, notamment pour l'application des 35 heures. « Ce jugement est surprenant, indique un producteur, qui préfère rester anonyme. On pourrait penser que les juges ont plus condamné le côté moral d'un programme comme L'Île de la tentation tout en se payant TF1. Il faut quelquefois faire preuve de bon sens : envoyer des jeunes gens se dorer la pilule, boire des cocktails et draguer, ce n'est pas un travail, mais bien un jeu. » Une vision que la justice ne semble pas partager.

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