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L'art subtil de diriger une société binationale

21/02/2008 - par Amaury de Rochegonde

Jérôme Clément, emblématique patron d'Arte France, livre quelques recettes de management franco-allemand au sein de l'entreprise qu'il dirige depuis 1992.

Les difficultés de gouvernance à EADS ont fait douter des vertus du management interculturel franco-allemand. Invité le 5 février du Cercle républicain, Jérôme Clément, président d'Arte France, s'est pourtant fait le chantre de ce modèle binational qui caractérise le siège d'Arte à Strasbourg, où 450 salariés français et allemands se répartissent les postes à parts égales. Depuis sa création en 1992, la chaîne franco-allemande qu'il dirige a eu le temps, il est vrai, de roder ses principes d'intégration.

Pour Jérôme Clément, la première clé de la réussite est d'exiger que chacun parle sa langue en comprenant celle de l'autre, plutôt que de favoriser le recours à un anglais rudimentaire. Il faut ensuite composer avec les idiosyncrasies culturelles : « Nous n'avons pas les mêmes relations à la crise, explique-t-il. Les Allemands sont très directs. Je me souviens d'une lettre épouvantable d'un ami et homologue. Mais il nous a suffi de nous retrouver et de dîner autour d'une bouteille de vin blanc pour repartir vers le consensus. »

Concertation préalable

Parallèlement, « les Allemands ont le ­fédéralisme dans la tête. Pour eux il n'y a pas de centre », poursuit-il. Les structures de décision se répartissent au niveau de chaque Land. Aucune chance donc de faire passer un message en le faisant descendre d'un pouvoir central. « Toute décision implique au préalable ­concertation et discussion. On examine tous les paramètres et c'est une fois qu'on a discuté qu'on décide », rappelle Jérôme Clément, qui se souvient de ses difficultés à congédier un directeur des programmes en raison du refus de l'intendant ­allemand. « En France, conclut le patron d'Arte, c'est tout le contraire. Quand on voit un Président prendre une décision sur la télévision publique, dont on peut se demander si c'est de sa compétence... Pour les Allemands, c'est inimaginable ! »

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