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Les journalistes du Parisien deviennent plurimédias

30/04/2008 - par Lionel Lévy

Difficile de fusionner des rédactions Internet et papier. Après d'autres, Le Parisien est en train d'en faire l'expérience.

Quelle est la meilleure façon d'organiser les relations entre le Web et le print : une rédaction unique ou deux équipes différentes ? Si Le Figaro ou encore Le Monde ont choisi la ­seconde option, Le Parisien-Aujourd'hui en France (groupe Amaury), à l'instar d'Ouest-France ou encore de La Voix du Nord, a préféré la première, celle de la rédaction unique. Un accord sur la création d'une ­rédaction plurimédia, journal papier et Web, a été signé le 18 avril dernier par les syndicats Force ouvrière (majoritaire avec 45 % des voix aux dernières élections) et CGC (2 % des voix).

Révolutionner les habitudes de travail

Une fois l'accord validé (il sera soumis au comité d'entreprise le 13 mai), les 350 journalistes se verront proposer un avenant à leur contrat de travail pour collaborer aux sites Web du Parisien et d'Aujourd'hui en France « quel que soit le terminal utilisé ». Le lancement d'un journal TV sur le Web et des projets d'information sur les téléphones mobiles devraient en effet être déployés dans les mois à venir. Selon les termes de l'accord, les journalistes papier devront fournir pour le Web des informations exclusives de 500 à 1 000signes et, le cas échéant, participer à l'alimentation des sites en sons et vidéos. En contrepartie, ils recevront, quel que soit le nombre de contributions fournies, une prime mensuelle de 68 euros brut pour les bas salaires et de 48 euros pour les autres, à l'exception des rédacteurs en chef.

De quoi transformer durablement les habitudes de travail des journalistes du quotidien, qui jusqu'alors ne participaient pas au Web. Depuis 8 mois, une rédaction Internet composée de 14 journalistes s'en chargeait. Bilan : en moins d'un an, selon Médiamétrie, leparisien.fr est passé de la 32e à la 3eplace des sites de presse d'information générale, derrière lemonde.fr et lefigaro.fr, avec une fréquentation dépassant dorénavant les 3 millions de visiteurs uniques mensuels.

Pourquoi alors changer son fusil d'épaule ? « Nous avons toujours dit en interne que la rédaction spécialisée n'était qu'une formule transitoire, explique Isabelle André, responsable du développement Web du Parisien-Aujourd'hui en France. Ce qui n'exclut pas la création de quelques postes supplémentaires dévolus au ­numérique. » Vincent Régnier, directeur des rédactions, renchérit : « L'union fait la force. Dans tous nos services, nous avons des journalistes spécialistes susceptibles d'enrichir le site. Mais nous ne forcerons personne à participer. »

Du côté des syndicats SNJ et CFDT du quotidien, non signataires de l'accord, on dénonce un « projet inacceptable ». « Nous souhaitons tous collaborer au Web, mais pas n'importe comment, proteste Frédéric Augendre, délégué syndical SNJ. Au-delà de la somme ­dérisoire annoncée [le SNJ proposait soit un forfait de 248 euros mensuels, soit une prime à chaque participation au site], le périmètre de l'accord est beaucoup trop large : tous les papiers devront être "repatouillés" en fonction des supports. En outre, garderons-nous la main sur le contenu et la mise en ligne de nos infos ? Nous n'en savons toujours rien. »

Défendre la qualité de l'info

Ce flou inquiète les journalistes. « Quand on navigue à vue sans savoir comment le changement va s'organiser, il est difficile de rester serein. Du coup, c'est " radio moquette " », explique l'un d'eux. Certains évoquent une « surcharge de travail considérable », liée notamment à la réécriture des papiers, d'autres parlent de « course au scoop organisée » qui aboutirait à des erreurs faute de temps pour vérifier les informations. « Ce qui fait la différence sur Internet, c'est la qualité des infos. Qui peut croire que nous n'en sommes pas conscients ?, rétorque ­Vincent Régnier. Pour le reste, nous n'avons pas de boule de cristal : c'est en forgeant que l'on devient forgeron. »

Les journalistes du Parisien signeront-ils l'avenant ? Vincent Régnier a bon espoir. « À Ouest-France, 8 mois après la formulation d'un avenant similaire, 90 % des journalistes l'ont signé. Et ce, pour zéro euro en contrepartie. » Même sentiment au coeur de la rédaction. « La majorité des journalistes signeront, prédit l'un d'eux. Tout simplement parce qu'au vu de l'état de la presse, ils n'ont pas le choix. Mais entre ceux qui signeront et les autres, les relations risquent de se tendre. »

www.leparisien.fr

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