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Journalistes en quête de point de chute

10/07/2008 - par Muriel Signouret

Entre Le Monde, Le Figaro, Les Échos et La Tribune, ce sont plus de 150 titulaires de la carte de presse qui se retrouvent sur un marché du travail déjà très tendu.

Mais que vont-ils donc faire ? Alors que la presse est en crise, 60 journalistes au Monde et 45 au Figaro viennent de se déclarer candidats au départ dans le cadre d'un plan de redressement mis en place dans chacun des deux quotidiens. Et c'est sans compter la restructuration, visant à économiser 2 millions d'euros sur la masse salariale, annoncée fin juin à L'Humanité. Autant de « cartes de presse » qui vont rejoindre un marché du travail déjà encombré par la quarantaine de journalistes de La Tribune et la vingtaine des Échos qui ont décidé de prendre leur clause de cession après leur changement d'actionnaire.

« Au Monde, les candidats au départ ont, en grande majorité, plus de 55 ans, nuance Michel Delberghe, délégué syndical CFDT. Ils en profitent pour partir maintenant alors que le contexte national est à la renégociation des conditions de départ à la retraite, d'emploi des seniors ou encore d'allocations chômage. » En résumé, rares seront les journalistes du Monde à pointer dans les mois qui viennent aux Assedic. Au Figaro aussi, « environ 20 % des partants ont plus de 57,5 ans », précise Patrick Bèle, délégué SNJ. Plus étonnant : 17 journalistes du service Économie sont également volontaires. « Le secteur éco est sans doute le plus dynamique de la presse. Il y a un jeu de chaises musicales entre les différents titres. Et certains font aussi le choix de la reconversion en rejoignant des agences de communication », poursuit-il. C'est le cas d'Anne Salomon, ex-rédactrice en chef adjointe enquête et juridique qui, après vingt ans passés au Figaro, a eu envie « d'aller se laver les neurones ailleurs ». En septembre, elle fera sa rentrée chez Image 7, l'agence de communication d'Anne Méaux. D'autres franchissent le seuil de l'entreprise, comme sa consoeur des Échos Lucile Chevallard, fraîchement nommée à la communication de Keolis, une filiale de la SNCF.

Se repositionner

Yan de Kerorguen, ancien rédacteur en chef des pages Futurs de La Tribune, compare pour sa part la situation de la presse à celle connue par la sidérurgie il y a quelques années. « Dans une profession sinistrée, il faut que chacun sache se repositionner. » Ayant dépassé l'âge fatidique de cinquante-cinq ans, Yan de Kerorguen a préféré avoir une démarche proactive plutôt que d'attendre d'être mis à la porte. « Aujourd'hui, je suis encore assez jeune et bien portant pour monter ma boîte », poursuit l'artisan de place-publique.fr, un site qui, à l'instar de Rue 89 et de Mediapart, revendique haut et fort sa liberté de penser et d'informer en toute indépendance. Loin de trépasser, les journalistes sur le départ se réinventent un métier.

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