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Journalistes: une déduction chasse l'autre

08/01/1999

Journalistes: une déduction chasse l'autre Hervé, journaliste dans un hebdomadaire parisien, peut rester serein. Avec 16000francs bruts de salaire mensuel, il ne devrait finalement pas voir beaucoup de différence sur sa prochaine feuille d'impôt. Après de nombreuses discussions parlementaires, l'abattement fiscal de 30% accordé aux journalistes doit être remplacé par une réduction forfaitaire de 50000francs. Adoptée par l'Assemblée nationale et le Sénat, elle a obtenu l'aval du Conseil constitutionnel. La nouvelle disposition dont bénéficieront les journalistes professionnels, soit 30003titulaires de la carte de presse, viendra compenser l'ancienne. Jusqu'à l'an passé, Hervé avait la possibilité, s'il n'optait pas pour les frais réels, d'inclure un abattement fiscal supplémentaire de 30%, plafonné à 50000francs, entre les déductions de 10% et 20% dont bénéficie chaque contribuable. Lors de sa prochaine déclaration d'impôt, pour ses revenus 1998, Hervé pourra déduire un montant forfaitaire de 50000francs à la base, c'est-à-dire avant la double déduction de 10% et 20%. Cette nouvelle disposition, baptisée par le ministère de l'Économie Allocation pour frais d'emploi de journaliste, bénéficiera plutôt aux «petits salaires», sans vraiment pénaliser les revenus plus élevés. À partir d'environ 16500francs bruts mensuels, les journalistes devront payer un peu plus d'impôt. Ceux qui touchent moins devraient voir leur imposition diminuer. Comme le salaire moyen d'un journaliste s'élève à environ 12000francs, les bénéfices fiscaux seront réels pour la profession.«La bagarre de trois ans que nous avons menée n'aura pas été vaine,se félicite François Boissarie, secrétaire général du SNJ (Syndicat national des journalistes) et coordinateur national de l'intersyndicale qui a dirigé les négociations.Depuis 1934, tous les journalistes bénéficiaient d'un système unique. Nous avons cherché à garder cette idée égalitaire, alors que le législateur plaidait plutôt pour un système par niveau de salaire.»

Ni bénéficiaires ni victimes

La dernière grève des journalistes, au début du mois de décembre, a également permis de faire grimper le niveau d'abattement forfaitaire à 50000francs, alors qu'il avait été initialement fixé à 30000francs. François Boissarie tient également à insister sur le fait que ce nouveau texte de loi est inscrit dans la loi de finance rectificative et non plus dans la loi de finance générale, comme cela était le cas avant.«Cela devrait donner un peu de pérennité au texte,indique-t-il. La loi de finance générale est discutée tous les ans, pas la rectificative. Même si le texte est en phase de validation, les syndicats restent néanmoins mobilisés.«Nous ne voulons être ni des bénéficiaires ni des victimes,poursuit François Boissarie.L'année prochaine, nous serons vigilants, notamment quant à l'aide indirecte accordée à la presse. Les entreprises conservent aujourd'hui l'abattement sur charges, plafonné à 50000francs, mais il faudra rester attentif.»

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