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Everest négocie son passage aux 35 heures

19/02/1999

Sandy Arzur, consultante chez Everest Conseil, attend avec impatience le 1ermars. Son agence de marketing opérationnel passera alors aux 35heures. La jeune femme ne rechigne pas à la tâche, comme elle l'affirme d'emblée, mais elle s'est portée volontaire pour participer au Comité Zen, chargé par l'entreprise de préparer l'accord de réduction du temps de travail (RTT) et de convaincre tous les collaborateurs. «Je profiterai de mon temps libre pour intéresser les étudiants de mon école de commerce au marketing opéra- tionnel», explique Sandy Arzur. Après les agences Kenya, Uniteam ou Textuel, c'est donc au tour du groupe Everest, qui compte cent quarante salariés et huit filiales, d'adopter un projet de réduction du temps de travail.

Au terme d'un processus original

Éric Mesnil, Pdg du groupe Everest, en est à l'initiative.«Depuis deux ans, j'avais décidé de ne plus venir au bureau le mercredi matin,confie-t-il.J'en profitais pour m'aérer, m'occuper de mes enfants... Prendre ainsi du recul m'a permis de régler des problèmes difficiles. Finalement, en travaillant moins, j'étais plus performant. Je me suis donc promis d'avoir une attitude positive face à la loi Aubry et de l'imaginer comme la recherche d'un meilleur épanouissement de mes collaborateurs et non pas comme une simple baisse de notre productivité.»À la même époque, une dizaine de collaboratrices lui demandent de travailler à temps partiel.«À l'usage, il est apparu qu'elles étaient moins stressées, plus épanouies,continue Éric Mesnil.Nous avons donc décidé de réfléchir aux 35heures et surtout à l'organisation de notre travail, suivant le slogan: travailler moins pour travailler mieux.»Début 1998, douze collaborateurs se sont portés volontaires pour mener cette réflexion au sein du Comité Zen. Parallèlement, tous les salariés d'Everest ont été sensibilisés au débat, en répondant à un questionnaire anonyme concernant l'organisation du travail et en participant à une réunion d'information organisée avec l'association de Pierre Larroturou, qui milite pour la semaine des quatre jours.«Cette rencontre a été déterminante pour convaincre les salariés d'un accord gagnant/gagnant»,se souvient Axel Ricard, directeur du développement et de la communication. Fin 1998, le Comité Zen remet un projet d'accord à la direction. À peine retouché, il est soumis et accepté le 14 janvier dernier par référendum dans l'entreprise. À compter du 1ermars, le groupe Everest vivra donc au rythme des 35heures hebdomadaires. Signé hors du cadre de la loi Aubry, il prévoit que les 24 jours de repos supplémentaires seront pris à raison d'un jour par mois et de 12 jours annualisés. Les salaires baisseront de 3% mais cette réduction sera reversée aux salariés sous forme de primes exceptionnelles fin 1999 si les objectifs de l'entreprise sont atteints. À l'inverse, les augmentations de salaires ne sont pas bloquées. L'accord redéfinit aussi le temps de travail réellement effectif et prévoit que certaines formations seront prises sur le temps libre. Enfin, le groupe s'engage à réaliser entre 5 et 10% -soit 7 à 14 postes- d'embauches supplémentaires cette année. L'ensemble de l'accord est soumis à une période probatoire qui se terminera fin 1999, pendant laquelle le Comité Zen suivra sa mise en oeuvre, quitte à le modifier pour l'an 2000.

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