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35heures: l'audiovisuel public à la traîne

03/09/1999

Je suis favorable aux 35 heures et suis même décidé à aller vite sur ce sujet.»À Hourtin, lors de l'université d'été de la communica- tion, Jean-Marie Cavada, président de Radio-France, a été très clair. Son plan d'action serait prêt depuis avril 1999. Pourtant, à Radio-France, comme dans les autres entreprises de l'audiovisuel public, rien n'a encore été signé. Les négociations n'ont même pas commencé. On savait les médias peu pressés d'adopter la réduction du temps de travail (RTT). L'audiovisuel a particulièrement traîné les pieds, à quelques exceptions près. Saluons Euronews qui, dès mars 1997, a adopté les 35heures sous forme d'un accord Robien ou Canal+ qui s'est engagé, dès le 23juin, à créer 400emplois dans les douze mois, dont 170 directement issus de la RTT. Le retard de l'audiovisuel public sur le sujet est étonnant. Pourquoi le gouvernement, à l'origine du projet, s'est-il privé de la vitrine sociale qu'aurait représentée l'application précoce de la loi Aubry dans une grande entreprise audiovisuelle publique? Au ministère de la Culture et de la Communication, on invoque des problèmes techniques. Le renouvellement des présidents de groupes, surtout à France Télévision, restait préli- minaire à toute décision. En attendant, toutes les sociétés de l'audiovisuel public étaient chargées de remettre à leur ministre de tutelle un plan faisant état de leurs réflexions sur le sujet. Certains plans, comme ceux de l'INA et de France3, ont même été jugés très innovants, sans qu'il soit possible d'en connaître le contenu. Second frein soulevé: la contrainte des conventions collectives. Celle de l'audiovisuel public pourrait être assouplie à l'occasion des négociations. De plus, certaines catégories de personnels ne travaillent déjà pas plus de 35heures par semaine. Bras de fer en perspective De leur côté, les responsables de l'audiovisuel public renvoient la balle à l'État. Ils attendent toujours, disent-ils, le mandat de négociation que doit leur confier leur autorité de tutelle, en espérant qu'il arrive en septembre. Après, ce sera tout bénéfice - en termes d'image - pour le premier patron qui signera. La compétition risque d'être féroce, d'autant que les syndicats ne seront pas faciles à convaincre. Une fois le mandat obtenu, le problème du financement de l'accord restera entier. Catherine Trautmann a annoncé qu'il serait assumé par un financement hors budget. Mais Bercy n'a pas encore dévoilé le montant de sa contribution. Couvrira-t-elle le passage aux 35heures et les créations d'emplois induites ?«Par prudence, nous prévoyons d'en assumer une partie sur nos fonds tout en sachant que les gains de productivité sont incontournables»,explique-t-on au cabinet de Jean-Marie Cavada. Enfin, le dossier des 35heures arrive dans un paysage audiovisuel en plein bouleversement: fusion de La Cinquième et de La Sept-Arte puis leur intégration envisagée au sein de France Télévision, sans parler de statuts très particuliers, comme celui des musiciens des orchestres de Radio-France... Les négociateurs devront être motivés pour que les accords de RTT soient signés avant le 1er janvier 2000.

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