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Décoration

28/08/2008 - par Pascale Caussat

Le marché de l’ameublement résiste aux inquiétudes sur le pouvoir d’achat. La maison représente un investissement patrimonial et sentimental pour les Français.

«Cet été, cap sur ma maison», clamait Castorama lors de sa promotion estivale. «Projets d’été», renchérissait Leroy Merlin. Bien vu : alors que l’on imagine les Français allongés sur la plage en juillet-août, nombre d’entre eux en profitent pour fréquenter les enseignes consacrées à la maison. C’est ce qui ressort des premiers résultats du baromètre semestriel lancé par l’Institut de promotion et d’études de l’ameublement (Ipea) avec Sofinco et Le Courrier du meuble et de l’habitat. Parmi les personnes interrogées, 90% déclarent ressentir les hausses de prix des produits alimentaires, 31% y répondent en réduisant leur budget vacances. Logiquement, ils consacrent plus d’argent à leur maison. Ils sont 44% à confier qu’ils vont s’occuper davantage de leur intérieur, ce qui passe par ranger et nettoyer pour 48% d’entre eux. Ensuite, 26% disent vouloir changer le revêtement des sols et des murs, 26,3% entretenir le jardin, 8,3% refaire la salle de bains, 3% installer une cuisine équipée. «Ce que l’on appelle communément le grand nettoyage de printemps est passé à l’heure d’été, affirme Christophe Gazel, directeur de l’Ipea. Les Français sont plus enclins à dépenser de l’argent pour leur maison pendant la trêve estivale. Si la grande distribution a suivi le mouvement, les enseignes d’ameublement ne se sont pas encore adaptées. Quant aux installateurs, ils prennent leurs congés annuels en cette saison.»
Le lancement de ce nouveau baromètre, portant sur 24 000 interviews par an, va permettre à l’Ipea d’élaborer un indicateur plus précis de la consommation dans l’univers de la maison. Bricolage, décoration, ameublement, linge de maison, électroménager, tout est lié. Et force est de constater que le marché résiste plutôt bien. Le meuble a enregistré une croissance de 7,3 % en 2007, du jamais-vu depuis trente ans. Les cinq premiers mois de 2008 affichent encore une progression de 3,4 %, en léger repli par rapport à la même période de 2007, mais tout de même inespérée dans le contexte actuel. Le cabinet d’études Precepta anticipe aussi une croissance de 3,5 % du marché des meubles de cuisine en 2008. Certes, l’évolution s’explique aux deux tiers par la hausse des prix. Toutefois le cabinet juge que le secteur a encore un fort potentiel de progression grâce notamment au maintien de la TVA à 5,5% sur les travaux d’amélioration de l'habitat jusqu’à fin 2010. «De tous les segments du marché du meuble, la cuisine est celui qui affiche les plus forts taux de croissance : plus de 25% en valeur depuis le début de la décennie», rappelle Precepta. L’un des leaders, le groupe Schmidt, a annoncé une progression du chiffre d’affaires de son réseau français de 15% en 2007, contre 8,6% en 2006.
Impossible pourtant de ne pas s’interroger sur les signaux économiques ambiants. Le ralentissement immobilier, la hausse des taux d’intérêt, l’augmentation des prix de l’énergie, la baisse perçue du pouvoir d’achat ont forcément des effets sur le marché de l’habitat. Les observateurs en tiennent compte dans leurs prédictions. Le salon Maison & Objet, qui aura lieu du 5 au 9 septembre à Paris-Nord Villepinte, consacrera son parcours tendances à la simplicité. «La saison délaisse bling-bling, chichis et tralalas, explique le dossier de presse. Face à un monde complexe et incertain, désordonné et encombré, les scénarios vont à l’essentiel. La terre et le terroir reprennent de la valeur. Les citadins, en mal d’enracinement, apprécient un nouvel équilibre entre la ville et les champs. […] Place à l’élégance des objets humbles et modestes.» Le bureau de style Nelly Rodi présentera sa vision des «Métropuritains», une population adepte d’élégance ascétique. La thématique sera reprise au centre commercial Domus, en région parisienne. Consacré à la maison, il organise du 26 septembre au 5 octobre les 10 Jours tendances, en partenariat avec Nelly Rodi et l'organisme Valorisation de l’innovation dans l’ameublement (VIA).
«On observe clairement une position d’attentisme, confirme Christophe Gazel, de l’Ipea. Les Français reportent plus facilement un achat lié à la maison qu’un changement de voiture. On a beau noter une baisse de la fréquentation dans les points de vente milieu et haut de gamme, le panier moyen progresse.» Sans compter que le contexte peut avoir des effets inattendus : échaudés par les hausses des prix de l’immobilier, les consommateurs vont privilégier l’amélioration de leur logement, avec des investissements attendus du côté des cuisines, des salles de bains ou des espaces de rangement. Faute de déménager, les Français veulent ranger. A surveiller aussi, l’univers des luminaires, qui va être bousculé par l’arrivée des ampoules à économie d’énergie. Mais cet investissement sur son intérieur ne signifie pas un repli sur soi. Le «hiving», la maison-ruche synonyme de grandes tablées, identifiée par l’Observateur Cetelem 2007, remplace le «cocooning» individualiste des années quatre-vingt-dix.

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