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Le Web, fenêtre locale

16/10/2008 - par Muriel Signouret

Les groupes de presse régionale développent des projets Web tous azimuts, avec pour objectif de remettre l'information locale au premier plan.

Le Web est-il l'avenir de l'information locale? À voir les nombreux projets Internet qui ont éclos ces dernières années, nul doute que les groupes de presse régionale travaillent à rattraper leur retard. D'autant que, tout en étant l'outil de la mondialisation par excellence, le Web est aussi une fenêtre sur le local, voire l'hyperlocal.

C'est ce qui a motivé Sud Ouest à revoir son offre Internet le 24 septembre dernier. En préambule de cette nouvelle version de sudouest.com, Patrick Venries, vice-président et directeur de l'information du groupe, expliquait: «Il faut revenir à la “petite patrie”, aux communautés au sens de Philippe Auguste.»

Une information locale gratuite pendant 24 heures, qui risque de cannibaliser le papier. «Personne n'ose franchir ce pas. Mais, la diffusion du papier ne cessant de s'éroder, il faut bien trouver des solutions», lâche-t-il.

Autre innovation pour mettre en avant la locale: 30 à 40 alertes quotidiennes, émanant des agences, dans un fil déroulant. En une semaine, les résultats sont probants: «Nous avons réussi à conserver la moitié des visiteurs qui sont venus le premier jour», se réjouit Patrick Venries.

"De la commune au monde"

Le groupe Ouest-France ne s'y est pas trompé non plus en lançant, dès 2004, maville.com. Devant le succès de ce site très axé sur les services, le géant de la côte atlantique décide, en créant de Ma Ville SA en 2007, de le déployer au niveau national. Aujourd'hui, sept groupes de presse ont signé un contrat de licence pour mettre en ligne Ma Ville dans 70 agglomérations. En septembre 2008, le réseau Ma Ville a culminé à 4,29 millions de visites et 17,9 millions de pages vues. «Mais il y a encore un potentiel de développement énorme, souligne Philippe Toulemonde, directeur délégué du groupe. Notre objectif est d'être présent dans 200 villes d'ici à la fin 2009.»

Cette stratégie de développement n'a pas empêché le groupe de lancer ouestfrance.fr, un site compagnon du journal papier. «L'évolution de ce site répond à trois exigences, poursuit Philippe Toulemonde. Premièrement, la réactivé, avec une actualisation des contenus de 7h30 à 1h du matin. Deuxièmement, l'interactivité à travers des commentaires aux articles et des forums. Troisièmement, la dimension locale, à travers le lancement prochain de 60 pages locales, pour renouer avec notre adage "Ouest-France va de la commune au monde".»

Ces efforts tous azimuts ont permis à Ouest-France de renforcer la part du Web dans le chiffre d'affaires global du groupe: «8,5% de la performance de la marque Ouest-France est réalisée par le Web, via le réseau ouest de Ma ville et le site ouestfrance.fr», précise le directeur délégué.

La bataille de la monétisation

Face au géant, Le Télégramme a du mal à résister. «Les investissements que nous avons consentis sur le Web, avec les city guides et une rédaction spécifique, nous ont plombés», admet Hubert Coudurier, directeur de l'information du journal. «Nous sommes en train d'organiser notre riposte», ajoute Olivier Clech, responsable des développements multimédias.

Une nouvelle version du site est prévue pour la fin 2008. Là encore, c'est l'information locale qui sera mise en avant. «Le Web peut devenir encore plus local que le papier, notamment grâce à des services d'hyperproximité», continue Olivier Clech.

Reste à trouver le modèle économique de ces développements. Aux Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA), où fourmillent des projets innovants avec des parcours touristiques téléchargeables, la rubrique Impul'sons donne une vitrine aux jeunes artistes locaux, et une webradio permet de suivre en direct les matchs du Racing de Strasbourg. Mais la question du modèle payant ou gratuit fait débat. «L'information locale étant notre valeur ajoutée, nous la faisons payer», explique Marc Léhé, chargé de mission à la direction générale. Les revenus générés ne sont pas négligeables: 5000 euros par mois, quand la publicité dégage 70000 euros. «Ce choix répond à la volonté de défendre le produit papier, qui reste le vaisseau amiral du groupe», conclut Marc Léhé, tout en admettant que le passage au modèle payant a donné un coup de frein à la progression d'audience du site, qui compte 450000 visiteurs uniques mensuels.

 

 

Les régies sur le pied de guerre

Habituée à son monopole, la presse quotidienne régionale doit s'adapter à l'offre pléthorique du Web. "Les régies sont en train de former leurs équipes pour riposter à la concurrence du géociblage des sites nationaux", explique Jean-Philippe Girin, directeur de clientèle à l'agence Mediatrack. Quels sont les avantages du site de La Provence par rapport à la publicité locale du monde.fr ? «La marque est puissante, "crédibilisante" grâce à sa proximité avec la population locale. À condition toutefois de mettre l'information locale en avant, et qu'elle ne soient pas du copier-coller par rapport au produit papier», tranche Jean-Philippe Girin.

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