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Digital

«Fimalac accompagne le marketing de demain»

08/04/2016 - par Didier Si Ammour

Champion du web français, boss du showbiz, personnalité 2015 de la communication, Marc Ladreit de Lacharrière se déploie avec ambition sur la Toile. Rencontre avec le président fondateur de Fimalac et Véronique Morali, sa compagne, vice-présidente du groupe.

En moins de trois ans, vous avez pris une place incontournable dans l’internet français. Comment avez-vous procédé ?

Marc Ladreit de Lacharrière. Il faut revenir à l’origine du groupe Fimalac [Financière Marc de Lacharrière]. Comme nous avions des moyens limités pour investir, nous nous sommes mis en quête de pépites d’avenir. C’est ainsi que nous avons créé en 1991 une petite agence de notation française avec une mise de fonds de 5 millions de francs seulement. Même pas unmillion d’euros ! Nous sommes allés très vite pour développer cette niche en nous installant dans les pays où les Américains Standard and Poor’s et Moody’s n’étaient pas présents, et en acquérant plusieurs petites agences que nous avons fusionnées sous la dénomination commune de Fitch. À chaque fois, nous misons sur des activités rentables,mais positionnées sur les métiers du futur dans l’idée d’en faire des leaders à l’international.

 

C’est cette stratégie que vous avez appliquée à l’éditeur de sites Webedia ?

Véronique Morali. Investir c’est aussi une question d’opportunité. À la mi-2013, nous avons appris que Webedia ouvrait son capital. Positionné sur des thèmes

à fort potentiel comme les people, le site était déjà rentable avec 18 millions d’euros de chiffre d’affaires. Il débutait par ailleurs son internationalisation. De plus, ce groupe réalisait ses développements technologiques en interne, avec une cinquantaine de personnes. N’oublions pas que le high-tech, c’est 95 % d’exécution et 5 % de stratégie. Webedia avait donc de nombreux atouts. Et notamment un fondateur intuitif, Cédric Siré.

Comme nous avions déjà terrafemina (site fondé par Véronique Morali en 2008-Ndlr), il permettait de nous lancer sur un modèle de sites affinitaires. Surtout que, dans le même temps, AlloCiné était à vendre. Avec une bataille de l’audience déjà gagnée par les GAFA, nous avons cru à l’affinité, à la verticalité. Et convaincu Cédric Siré, le cofondateur de Webedia, de développer ce modèle. En 2014-2015, d’autres opportunités nous ont permis d’acquérir plusieurs pure players dans des verticales d’excellence française : exponaute.com, jeuxvideos.com, millenium.org, easyvoyages.com…et 750grammes. Dans le même temps, nous avons lancé le Bon guide et l’Académie du goût. Des modèles freemium, mais toujours sur nos verticales.

 

Votre projet n’est cependant pas limité au monde numérique…

M.L.de L. Nous avions constaté l’absence de leader dans le spectacle vivant en France. Nous avons donc multiplié les acquisitions - Gilbert Coulier Productions, Auguri, Thierry Suc Production… -. Aujourd’hui, nous produisons les spectacles de 150 artistes. Nous sommes également le premier exploitant de salles en France, avec les Zenith de province et des grands théâtres privés sur Paris. Aucun groupe de cette taille n’existe en France.

VM : La force de notre groupe et son attractivité viennent de notre respect de l’autonomie et de la diversité de nos talents. Nous sommes des « fédérateurs » de talents pas des « industriels » du spectacle. 



Quelle est la complémentarité avec le web ?

M.L.de L. En fait, nous avons construit le leader du divertissement en France, soit physique, soit sur le web, pour s’occuper des gens avides de loisirs. D’abord, nous les informons, sur le cinéma, sur les jeux vidéo, sur les voyages… Ensuite, nous leur proposons des spectacles, avec de la chanson, du théâtre, des comédies musicales, de l’humour… Puis, nous leur proposons les lieux où aller. Nous avons pour cela les salles de spectacles, mais aussi des casinos et des hôtels avec le groupe Barrière, dont nous détenons 40 % du capital. Enfin, nous offrons des services avec la vente de billets. 



La vente de billets ne concerne-t-elle que vos activités ?

V.M. Non, dans le cinéma par exemple, nous avons acquis Côté Ciné, opérateur de vente de billets pour les salles indépendantes. L’e-billet représente aujourd’hui 7 % des ventes, mais nous pensons qu’il va atteindre à terme 60 %. Et nous croyons globalement au préachat. 700 000 places ont été pré-vendues par nos soins avant le lancement de Star Wars. via Allociné. C’est une tendance très prometteuse.

 

Pourquoi ne pas avoir investi, à l’instar d’industriels et hommes d’affaires français, dans les médias historiques ? Cela peut-il changer ?

M.L.de L. Les médias font face à des cycles puissants liés certes à la conjoncture, mais ils dépendent de plus en plus des évolutions économiques, technologiques et réglementaires. Or, un homme d’entreprise doit avant tout anticiper, pas s’adapter. Toutefois, il ne faut pas rester borné. Quand la question m’est posée d’investir par exemple en télévision, je réponds « pourquoi pas ! » si cela est créateur de valeur pour nos publics, nos clients et nos actionnaires.

 

Vous avez récemment fait l’acquisition de l’agence Mixicom qui commercialise les chaînes des youtubeurs à succès. Quelles sont les synergies possibles avec vos activités ?

M.L.de L. Les passerelles sont évidentes, notamment avec le monde des spectacles. Mixicom est en contrat avec les dix youtubeurs les plus influents du moment. Sa plate-forme est aujourd’hui plus prescriptrice que Google. L’agence est consciente que c’est une période particulièrement propice et sur laquelle il faut semer. Elle se place donc dans une logique de cooptation et de détection de nouveaux talents. Des studios sont mis à la disposition de ces derniers dans les locaux de Webedia pour produire dans des conditions professionnelles. Certains sont ou vont vers le spectacle, le stand-up : cela ne veut pas dire que cela marchera pour tous…

V.M. Les modèles qui nous intéressent accompagnent des disruptions. Les synergies entre le web et le spectacle se développent. Nous travaillons ainsi sur l’e-sport, ces compétitions de jeux vidéos. Pour cela, nous sommes en contact avec des éditeurs de jeux, avec des équipes de joueurs. Nous souhaitons

retranscrire des spectacles sur le web.

M.L.de L. Et aussi dans les salles de cinéma. Nous réfléchissons avec le CNC à de nouvelles activités à développer dans les salles dont le taux d’occupation se situe seulement autour de 15 %. Il faut faire venir le public.

 

Envisagez-vous de nouvelles acquisitions ?

M.L.de L. Nous sommes encore dans une période de conquête. Nous avons la chance d’avoir une ruche de jeunes entrepreneurs qui ont une soif de développement et qui caressent l’idée de devenir au moins leader européen. Car si notre audience est composée de 27 millions de visiteurs en France, elle grimpe à 60 millions avec l’international. Webedia est sur le podium mondial dans ses différentes verticales. Il faut continuer à grandir. Les 2 milliards de dollars de la vente des 30% de Fitch, réalisée fin 2014, sont toujours disponibles.

 

En attendant, vous restez l’actionnaire principal ?

M.L.de L.  Quand on est dans une période de conquête, il faut pouvoir prendre des décisions rapides. Cela n’est possible que si l’on est majoritaire.

 

Comment se font vos choix à l'international ?

M.L.de L. L’idée est d’aller toujours très vite. Il faut repérer les pays où il n’y a pas de leaders dans nos verticales. Et se précipiter pour prendre la pépite ou les petites pépites qui gravitent autour.Au Brésil, nous avons ainsi fait l’acquisition de l’équivalent de Mixicom, Parameker, qui nous place dans le top 3 du divertissement sur la vidéo.Mais nous avons aussi acquisle site leader sur la cuisine du pays. En Allemagne, Webedia domine dans le jeu et le divertissement, verticale sur laquelle nous venons de racheter l’entreprise espagnole 3D Juegos, ce qui nous place leader européen de l’édition de contenus gaming avec plus de 13 millions de visiteurs uniques mensuels. Aux États-Unis se trouvent les leaders mondiaux de plusieurs de nos activités, comme les jeux vidéo, le cinéma et la cuisine. Nous avançons nos pions. Récemment, par exemple, nous avons fait l’acquisition de West World Media, une société qui fait du marketing digital et collecte des métadonnées sur le cinéma pour 80 pays dans le monde. Des informations professionnelles qui peuvent être utilisées pour développer des sites s’adressant au grand public et vendues aux Gafa.

 

Vos derniers investissements indiquent une intégration verticale de vos activités commerciales, avec par exemple le trading desk français Tradelab, qui doit commercialiser la data d’AlloCiné, Jeuxvideo.com…

M.L. de L. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Nous misons sur un contrôle de A à Z en commercialisant nos propres sites. Idem pour la technologie. Nous préférons tout internaliser et mutualiser ces activités en cas d’acquisition. Mais l’éditorial reste autonome.

 

Mettre votre expertise éditoriale au service des marques, c’est important dans votre développement ?

M.L. de L. C’est une partie de l’activité qui coulait de source. Elle correspond aux souhaits des marques qui nous ont demandé de développer leurs contenus. Nous mettons des rédacteurs à leur service pour des contenus clairement identifiés. Il faut qu’ils soient intéressants, c’est la condition pour faire de l’audience. Nous les accompagnons avec des expertises en matière de diffusion et de personnalisation des contenus. Nous utilisons notamment l’analyse des langages. D’où l’acquisition en janvier de Semantiweb, une société française spécialisée dans l’analyse des données conversationnelles sur les réseaux sociaux.

 

Et où en êtes-vous dans l’exploitation de la data ?

V.M. Nous disposons de beaucoup de données, sur lesquelles nous commençons à travailler pour aider les marques à se positionner différemment en matière de contenus. Il faut trouverla grammaire pour parler aux gens. Mais il faut aussi savoir garder la liberté de création, celle des youtubeurs notamment. Pour Ubisoft et la nouvelle version de son jeu Assassin’s Creed, une vidéo a été faite, avec Mixicom. L’idée était de mettre en scène le jeu avec les stars du web. Résultat : un carton, avec 20 millions de vues.

 

Comment percevez-vous la concurrence du Figaro, qui a démultiplié sa puissance en audience avec l’acquisition de CCM Benchmark ?

M.L. de L. Webedia est plus international et n’intervient pas sur le secteur de l’info. Nous sommes positionnés sur des verticales, nous sommes différents. Il vaut mieux être leader dans son univers. C’est ce que nous faisons.

V.M. Le Figaro se positionne sur les news, Webedia sur l’entertainment. Ils sont horizontaux, nous sommes verticaux. Nous sommes clairement sur des logiques affinitaires. Nous avons d’ailleurs changé notre signature, avec « Engaging Audience with passion ». En ce sens, nous accompagnons le marketing de demain.

Chiffres-clés

 

Pour la France :

27 millions. Nombre de visiteurs uniques sur l’ensemble des écrans en novembre 2015 (Médiamétrie)

2ème groupe média / éditeur sur les supports digitaux, derrière le Figaro-CCM (30 millions de vues)

1 milliard. Nombre de pages vues en décembre 2015

Plus de 400 millions. Nombre de vidéos vues sur les sites propriétaires et les chaînes YouTube en décembre 2015.



Pour le monde :

90 millions. Nombre de visiteurs uniques sur l’ensemble des écrans en décembre 2015 (source interne)

Plus de 1,5 milliard. Nombre de pages vues en décembre 2015 (source interne)

Plus de 50 millions. Nombre de fans et followers sur les réseaux sociaux en janvier 2016

Et plus d’1 milliard. Nombre de vidéos vues sur les sites propriétaires et les chaînes YouTube en décembre 2015.





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