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Télévision

Stupéfiantes séries colombiennes

01/05/2017 - par Gilmar Sequeira Martins

Pour exporter avec succès ses telenovelas et narconovelas, la Colombie dispose d’un atout unique : elle crée des séries très locales capables de séduire la planète entière.

Le pitch était improbable: une jeune femme très intelligente, mais moche, va se rendre indispensable au point de vivre une histoire d’amour avec son patron… Créée en Colombie à la fin des années 1990, la telenovela Yo soy Betty, la fea va pourtant réussir à conquérir les États-Unis avant d’être adaptée dans une vingtaine de pays. «C’est un moment fondateur pour la production colombienne», assure Caroline Servy, qui suit le marché latino-américain pour The Wit, agence d’analyse de la production télévisuelle mondiale.

Un phénomène d'ampleur mondiale

À cette première vague va en succéder une autre, complètement différente, dans les années 2000: les narconovelas. Bâties sur les mémoires d’anciens trafiquants de drogue ou sur des enquêtes journalistiques, elles plongent le téléspectateur dans l’univers du crime organisé. Si El Cartel a marqué les esprits en retraçant les tribulations carcérales d’un parrain de Medellín, c’est Sin tetas no hay paraiso, lancée en 2010, qui va propulser le genre sur la scène internationale. Cette histoire d’une jeune fille pauvre qui décide de s’élever dans la hiérarchie du crime en renonçant à toute considération morale va monopoliser les prime time des téléspectateurs espagnols et italiens durant une vingtaine d’épisodes.

Aux États-Unis, la communauté hispanophone, forte de quelque 55 millions de personnes, soit 17% de la population, s’entiche elle aussi de narconovelas. Telemundo, le second réseau à destination de cette population, en a fait l’un des points forts de sa grille de programmation dans l’espoir de damer le pion à Univision, leader sur ce segment. Le phénomène a pris une telle ampleur que Netflix a voulu également en profiter. En 2015, la plateforme diffuse Narcos, une série tournée en espagnol basée sur la vie de Pablo Escobar, le «capo de la droga» le plus puissant de Colombie, abattu par la police en décembre 1993. Le succès est tel qu’une seconde saison est commandée, puis deux autres. Sentant que le filon réserve encore de bonnes audiences, Netflix s’est associé en 2015 à RCN et Caracol, les deux chaînes de télévision colombiennes les plus en pointe dans ce domaine. La plateforme a ainsi produit deux narconovelas à grand budget, Alias JJ et Lady, la vendedora de rosas, dont elle s’est réservée l’exclusivité mondiale hors Colombie.

Renouvellement

Alors même que le succès international semble éclatant, la Colombie semble déjà regarder ailleurs. «Le public colombien montre une certaine lassitude», résume Caroline Servy. Depuis trois ans, il délaisse en effet les narconovelas pour reporter son attention sur les bionovelas, basées sur la vie de célébrités locales. Une évolution que Caroline Servy suit de près: «La Colombie est en amont des changements.»

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