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Audiovisuel

Vivendi à la peine en version latine

27/04/2017 - par Amaury de Rochegonde

Le groupe Vivendi fait de son ancrage latin une stratégie pour afficher une identité forte face aux Gafa. Mais son déploiement en Italie bute encore sur la réglementation et son conflit avec Mediaset.

Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire de Vivendi, a été obligé de le reconnaître le 25 avril : son partenariat avec Mediaset, ou son ambition de créer un champion latin des contenus n'a « pas débuté sur les meilleures bases. »  Pas de quoi, pour autant, renoncer à ce grand projet : « Notre stratégie en Italie dans les contenus et leur distribution s’est d’ores et déjà traduite par cinq milliards d’euros investis en deux ans »a-t-il rappelé.« Notre ambition reste inchangée : produire et distribuer des contenus latins à forte valeur ajoutée. » Pourtant, c’est un revers que le régulateur des télécoms italien (Agcom) a infligé en avril à Vivendi, en lui ordonnant de réduire sa part dans Telecom Italia (23,9%) ou dans l’empire médias de Berlusconi (28,8%) pour respecter la législation anti-concentration sur le « système de communications intégré » télécoms/médias.

Même si la décision sera contestée devant le tribunal administratif, le Conseil d’Etat ou la Commission européenne, avec la perspective de l’arrivée prochaine d’Iliad en Italie, Vincent Bolloré ne peut que constater que sa « via latina » est un chemin semé d’embuches. L’idée de reprendre le bouquet de télévision payante Mediaset Premium, avec une participation croisée de 3,5% entre Mediaset et Vivendi, a débouché sur un conflit, en juillet, dès la contestation des résultats à venir du bouquet de TV payante. Puis le groupe a décidé de monter au capital du groupe audiovisuel italien, qui termine l’année avec une perte de 294 millions d’euros. Il réaffirme désormais sa foi dans un « écosystème numérique convergent, basé sur l’intégration des contenus et de leur distribution » via Télécom Italia. Il perdrait 100 millions d’euros d’un retrait de Mediaset et dix fois plus d’une déroute sur l’opérateur télécom.

Vision globale 

Si l’Italie est clé, c’est qu’à travers cette tête de pont, Vincent Bolloré veut rivaliser avec les plateformes anglo-saxonnes en créant un « Netflix européen ». Vivendi entend ainsi se différencier par ses contenus en langues latines et son ancrage vers le Sud. En avril 2016, Studio Canal a signé un accord pour devenir majoritaire du studio espagnol de séries télévisées Bambu Producciones. Vivendi a aussi investi dans les séries pour mobiles de 10x10 minutes à travers Studio +, en six langues, dont deux productions ont été tournées au Brésil et en Italie. Et la petite participation du groupe dans Telefonica (1%) a facilité la distribution en Amérique latine des créations de ce studio vidéo.À travers Studio Canal ou Dailymotion, Vivendi est un acteur mondial. Mais c’est surtout le leader Universal Music, fort d’une structure fédérant les artistes latinos, qui offre la possibilité d’une large exposition de talents. Ubisoft et Gameloft, les plateformes de jeux vidéo dans lesquelles le groupe a une participation, sont aussi des producteurs de contenus. Enfin, en Afrique, principalement francophone, Canal+ avec sa chaîne A+ touche 2,8 millions d’abonnés et réalise déjà 450 millions d’euros de chiffre d’affaires. Avec ses Canal Olympia, qui essaiment, dans de nombreux pays africains, la latinité au centre du village… mondial.

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