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Sur le Web, l'info est en première ligne

19/11/2009 - par Amaury de Rochegonde, avec Delphine Le Goff et Muriel Signouret

Parce qu’elle intéresse les CSP+ et touche mieux les 25-49 ans que les supports traditionnels, l’information en ligne est très convoitée, tant par les marques médias que par les «pure players».

La dernière livraison de Médiamétrie Net Ratings, en septembre, a été un cru exceptionnel pour les médias d'information. Le site 20minutes.fr peut par exemple se flatter d'une progression record de 65% par rapport à juillet 2009. Ceux du Mondeet du Figaro ont gagné respectivement 1,8 million et 2,1 millions d'internautes. Une course à l'audience qui vise à tenir tête aux «pure players» qui, en tant qu'agrégateurs, sont des rivaux pour l'information.

Au point que Philippe Jannet, président du Monde interactif, parle de «banalisation des producteurs d'information» face à des «robinets d'actualités» et s'interroge sur les techniques utilisées par les éditeurs de sites, Le Monde inclus, pour doper leur audience. En cause : l'achat de bases de données de joueurs, comme Kingo Loto, pour toucher des panélistes de Médiamétrie depuis l'élargissement en juillet 2008 de son panel de 9 000 interviews téléphoniques à 25 000 noms intégrant des fichiers de jeux en ligne.

«Nous avons remis l'échantillon à niveau, l'immense majorité de ces panélistes joueurs a été sortie, affirme Charles Juster, directeur de la communication de Médiamétrie. Mais il y a encore du travail à faire sur les règles du jeu.» Mais si les clics forcés vers le site d'un éditeur pour valider une grille de loto sont comptabilisés de manière plus transparente, il n'en va pas de même des pages qui sont recensées sous l'URL d'une marque médias sur Bazar chic, par exemple.

De telles pratiques sont révélatrices de la course à l'audience qui touche les médias d'information depuis que la publicité en «display» (bannière, bandeaux, etc.) tend à se raréfier (–7% au premier semestre 2009, selon l'Irep). Une situation qui crée des tensions dans les régies car elle tire vers le bas le coût pour mille, mais les oblige aussi à évoluer. De plus en plus, les sites de médias traditionnels cherchent à vendre leur spécificité en créant des solutions sur mesure, clés ou cousues main pour les annonceurs. Plongée dans la fabrication, la distribution et la commercialisation de quelques grands médias en ligne.

LE FIGARO. Le groupe emploie une centaine de personnes pour le Web, dont la moitié de journalistes organisés en pôles (féminin, culture, économie, etc.) travaillant indifféremment pour lefigaro.fr, lejournaldesfinances.com ou Sport 24. Le Figaro donne de plus en plus d'importance aux internautes (7,3 millions de visiteurs uniques). En 2009, lefigaro.fr a enregistré plus de 2 millions de commentaires, soit 200 000 interventions publiées. Le site a jusqu'à présent misé sur la gratuité, seule la consultation du journal en PDF est payante. La monétisation vient donc de la publicité, des partenariats et, pour un quart du chiffre d'affaires Web, de la vente de contenu aux agrégateurs. «Nous parvenons ainsi à équilibrer les comptes du figaro.fr, mais le Web ne constitue pas encore un relais de croissance susceptible de pallier la crise du papier», admet Bertrand Gié, directeur délégué des nouveaux médias. Le groupe lancera donc début 2010 une offre payante, entre 3 et 15 euros par mois, pour de l'information et des services. L'application Iphone du Figaro, qui a été téléchargée 300 000 fois pour un revenu de seulement 60 000 euros, devrait se doter d'un volet payant.

LE MONDE. Depuis la fin septembre, les trente-cinq à quarante journalistes du monde.fr ont intégré les locaux duquotidien. «L'objectif n'est pas la fusion des rédactions, assure Philippe Jannet, président du Monde interactif, mais s'il y a des passerelles possibles…» La future patronne de la rédaction, Sylvie Kaufmann, était d'ailleurs récemment en stage au site. Avec près de 5,4 millions de visiteurs uniques, lemonde.fr est à la fois la première source d'abonnement au papier (14 000), mais aussi un espace «vivant» où l'on retrouve des dépêches, une soixantaine de blogs invités et journalistes, des diaporamas et des vidéos. En septembre, Le Monde a même lancé une partie sport afin de conserver plus longtemps ses internautes en visite, notamment le week-end. Grâce à ses revenus publicitaires, et après avoir réussi à attirer quelque 40 000 abonnés à 6 euros par mois ainsi qu'environ 10 000 à 15 euros, lemonde.fr est rentable. Il prévoit de lancer une application Iphone payante début 2010, après s'être étendu à l'Android de Google. Lemonde.fr entend aussi valoriser l'utilisateur par des espaces participatifs dans son édition abonnée.

20 MINUTES. Avec 4,6 millions de visiteurs uniques, 20minutes.fr compte vingt et une personnes dans sa propre rédaction. Les journalistes travaillent à la fois pour le Web et le papier sur la partie sport, mais, assure Antoine Clément, directeur général du site, il n'est pas prévu de généraliser cette expérience, le plus important étant la notion de «“story building”, c'est-à-dire la meilleure façon de nourrir une information pour nos lecteurs». Une info pourra donc être donnée sur le Web, reprise et approfondie le lendemain dans le quotidien, puis développée sous forme de vidéo ou d'analyse sur le site. L'hyperréactivité est encouragée par les 450 000 applications mobiles téléchargées, ce qui justifie une plus grande interconnexion des plates-formes personnelles d'utilisation. En 2010, une meilleure valorisation des contributions et une simplification des identifications (notamment pour l'envoi de photos) sont prévues. Sur le plan commercial, le site s'efforce de défendre son coût pour mille en mettant en place des espaces premium cousus main. «Les annonceurs sont intéressés par notre dynamique de marque globale», estime Antoine Clément.

LES ÉCHOS. Après avoir eu une équipe pour le Web, le groupe s'apprête à fusionner ses rédactions. «Chaque gros service aura son éditeur Web chargé de gérer et de susciter des contenus pour le site», explique Éric Villemin, directeur général Internet et numérique du groupe. Le site a commencé sur un mode payant, avant de passer au gratuit et d'aboutir à un modèle mixte. «Le contenu du journal ainsi que les informations sectorielles pointues sont majoritairement payants, mais nous avons ouvert davantage le site il y a un an et demi afin de drainer plus d'audience, ce qui nous a permis d'atteindre 2,7 millions de visiteurs uniques en juin 2009», poursuit-il. Lesechos.fr comptent aujourd'hui environ 20 000 abonnés, à 365 euros par an pour l'offre Web uniquement, soit 20% de plus qu'en 2007. Le groupe réfléchit à lancer d'autres plates-formes spécialisées, sur le modèle de son Crible. Enfin, la vente de contenus constitue une source de revenus non négligeable.

L'EXPRESS. Avec 4,8 millions de visiteurs uniques, lexpress.fr est alimenté par une rédaction propre d'une dizaine de personnes. On y fait un usage bien tempéré de l'AFP, comme l'explique Corinne Denis, directrice des éditions électroniques du groupe L'Express-Roularta. «On se sert des dépêches comme alertes lorsqu'un événement vient de se produire. L'article AFP est alors diffusé en première intention, puis l'information est enrichie jusqu'à ce que l'article soit vraiment le nôtre.» Les internautes ont la part belle sur le site : «Un journal en ligne, c'est une discussion avant tout», estime Corinne Denis. La rubrique culture va d'ailleurs être considérablement étoffée et sera appelée à être «très communautaire». La monétisation du site, entièrement gratuit pour l'instant, passe classiquement par la publicité et l'affiliation. Mais L'Express entend proposer d'ici à la fin 2009 un abonnement mensuel à moins de 10 euros, qui comprendrait l'hebdomadaire en avant-première, des exclusivités, des archives et des dossiers étoffés.

LE NOUVEL OBSERVATEUR. Une équipe dont le nombre de membres est confidentiel travaille sur le site du news magazine de 5 heures à 20 heures, chaque jour et sept jours sur sept. Les journalistes du support papier mettent aussi la main à la pâte, mais, comme l'explique Flore Segalen, directrice du nouvelobs.com, «cela dépend de chacun, même s'il arrive souvent que les journalistes frustrés de n'avoir pas pu tout dire sur le papier, ou qui veulent sortir une exclusivité le plus vite possible, mettent leur info sur le site». Pendant l'affaire Clearstream, le journaliste Olivier Toscer «twittait» ainsi depuis la salle d'audience. Le site a depuis longtemps adopté un profil communautaire, avec 500 blogs d'internautes actifs dans un mois. Entièrement gratuit, il reçoit 3,7 millions de visiteurs uniques (4,6 millions avec le site de Challenges), un lectorat plus jeune et plus féminin que celui du magazine. Il devrait subir une refonte et, peut-être, passer une partie de son contenu en payant. 

LE POINT. De 7 heures à 20h30, les treize journalistes du point.fr sont sur le pont. «Comme dans tous les sites, on a un fond de sauce qui provient des dépêches d'agence. Nous sommes d'ailleurs abonnés à un flux automatique actif même la nuit», explique Philippe Mathon, rédacteur en chef. Les journalistes, qui ont entre vingt-trois et vingt-huit ans, ont beau, se félicite Philippe Mathon, «faire preuve de générosité et d'envie», travailler pour un site d'information comme lepoint.fr, c'est aussi «une course d'endurance». Le site (près de 2,5 millions de visiteurs uniques en septembre) attache une grande importance aux interventions des internautes. Une zone communautaire devrait mettre davantage en valeur le lectorat du site, qui est encore plus CSP+ que celui du journal. Pour l'heure, tout est gratuit sur lepoint.fr, même si «comme tout le monde, nous réfléchissions à un mode payant», explique Philippe Mathon.

RTL. La rédaction Web compte six personnes, dont le rôle est d'enrichir les informations diffusées à l'antenne. «Le site est aussi une formidable bibliothèque sonore», souligne Tristan Jurgensen, directeur général de RTL Net. L'objectif est de l'ouvrir davantage aux internautes. Aujourd'hui, seuls les huit blogs des journalistes de la rédaction ainsi que les vidéos peuvent accueillir des commentaires. «Le projet de permettre aux auditeurs-internautes de commenter tous les papiers devrait voir le jour avant la fin de la saison, c'est-à-dire d'ici à juin 2010», estime Tristan Jurgensen. RTL Net n'est toujours pas à l'équilibre. Pour l'atteindre, le site doit s'appuyer sur d'autres ressources que la publicité, comme l'élaboration de services premium, un système d'alerte information personnalisée ou la revente de contenus produits par les auditeurs eux-mêmes, une offre mise sur pied en partenariat avec Citizenside, une communauté de reporters amateurs et indépendants.

EUROPE 1. Le site, fort d'une quinzaine de journalistes et de 1,8 million de visiteur uniques, s'appuie sur plusieurs sources : les agences de presse, la veille institutionnelle, les blogs et le reconditionnement de l'information à valeur ajoutée produite par la radio. «En revanche, on cantonne la réécoute des papiers au minimum car, sur Internet, il est nécessaire d'habiller le son», précise Laurent Guimier, directeur de la rédaction radio et Internet, qui n'hésite pas à diffuser des infos sur le site avant de les mettre à l'antenne. S'il renonce aux vidéocasts sur les coulisses des émissions, il mise pour le nouveau site, prévu au début 2010, sur la production de vidéos génératrices de buzz. Ce nouveau site parie sur une plus grande interactivité avec les internautes. Le Club Europe 1, qui sera mis sur pied d'ici à la fin de l'année, permettra de mieux fédérer la communauté autour du site.

TF1. Sur Internet, pour l'information, TF1 se tourne désormais vers… TF1. Le 4 novembre, le nouveau site TF1 News a succédé à celui de LCI, la «marque info» du groupe (11,7 millions de visiteurs uniques pour l'ensemble TF1-Wat, dont 4,3 millions pour TF1 News). LCI reste néanmoins très présent, avec l'accès au dernier flash et à l'écoute de LCI Radio. En revanche, le visionnage de la chaîne en direct reste payant. Mis à part cette partie, tout le site est gratuit et le modèle économique est construit sur la publicité, commercialisée par la régie du groupe. TF1 News bénéficie d'une rédaction propre, mais profite surtout des contributions des journalistes de TF1 et LCI. Ceux-ci sont invités à apporter leur expertise sur une actualité ou un dossier. Les internautes peuvent réagir à tout moment et même envoyer des informations ou vidéos s'ils sont témoins d'un événement. TF1 News, qui entend être un prolongement aux JT de TF1, s'adresse au grand public.

M6. En même temps que le lancement, le 7 septembre, de son JT avec présentatrices, le 19-45, M6 (4,9 millions de visiteurs uniques) a inauguré un nouveau site Internet d'information en s'associant à MSN Actu. «Nous avons maintenant les moyens de rivaliser avec les grands portails d'information», se réjouit Valéry Gerfaud, directeur général de M6 Web. La rédaction de M6 apporte les reportages, images et textes qui enrichissent le contenu déjà réalisé par MSN qui, de son côté, se charge de l'aspect technologique. C'est le cas de la gestion de l'interactivité avec les internautes. Le site, qui ne vit que de la publicité, commercialisée par la régie de MSN, ne possède pas de rédaction en propre. «Tous nos journalistes sont polyvalents, confirme Valéry Gerfaud. Ce site reste généraliste et ne cible pas un public en particulier.» Internet s'inscrit en complément des JT de M6, visibles gratuitement, et permet de toucher une cible plus jeune.

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