
SOMMAIRE DU DOSSIER :
Brigitte Cantaloube, au cœur de la mêlée
Constance Benqué, une ambitieuse «maman»
La bougeotte de Marie-Laure Sauty de Chalon
Valérie Accary, sans préjugés et sans frontières
Katia Hersard, à haut débit
Natalie Rastoin (Ogilvy France) : à fleurets mouchetés
Anne Browaeys, au mérite
Béatrice de Clermont Tonnerre, en mode «commando»
Nathalie Collin, en binôme
Sylvie Kauffmann, le culte de l’info
Frédérique Granado à la barre
Anne Vincent, numéro deux oblige
Alexandra Rocca, le souci du détail
Michèle Ferrebeuf, marieuse de talents
Sophie Sachnine, la touche suédoise
Marion Darrieutort, storytelleuse
Laurence Bricteux, à la perfection
Mercedes Erra, à l'énergie
Maryam Salehi, «l'optimiste réaliste»
Valérie Decamp (La Tribune) : cash woman
Virginie Calmels, à l'anglo-saxonne
Marie-Hélène Boidin-Dubrule (Auchan) : bienvenue chez la chti!
Isabelle Schlumberger, le goût des autres
Marie-Christine Saragosse, très sport
Valérie Toranian, l'école du doute
Alice Holzman, fixe ou mobile ?
Laetitia Olivier, du tac à tac
Sylvie Lagourgue, participative
Corinne Pitavy, consensus et proximité
Martine Hollinger, directe TV
19/05/2010
Avec trois plans sociaux gérés dans sa carrière, Virginie Calmels accepte la vision que pourrait avoir d'elle le monde extérieur. «On me qualifie de Dame de fer, soupire la présidente d'Endemol France. Si cela ressort aussi souvent, c'est qu'il y a sans doute une part de vérité.»
Après une carrière professionnelle débutée dans l'audit financier, Virginie Calmels s'est imposée dans le paysage audiovisuel en une décennie. À moins de quarante ans, cette jeune maman de deux enfants préside l'une des sociétés de production les plus influentes de l'Hexagone. Ce n'est peut-être pas un hasard. «Malgré des origines bien françaises, entre le Lot et le Gers, je pense avoir un style de management à l'anglo-saxonne, estime-t-elle. C'est un caractère que j'ai acquis dans les écoles de commerce que j'ai fréquentées.» C'est notamment le cas à l'École supérieure de commerce (ESC) de Toulouse et, surtout, à l'Insead, où elle a effectué une formation de quelques mois alors qu'elle n'avait pas trente ans. «Ce cursus était réservé à des membres de conseils d'administration. Or, non seulement j'étais la plus jeune, mais, en plus, nous étions peu de Français et encore moins de femmes», se souvient-elle.
Ce parcours a donné à la présidente d'Endemol France la notion de la justesse: «Je suis obnubilée par le côté juste des choses. Une décision peut être dure, mais elle doit être juste. Je suis aussi pour la méritocratie. Pour progresser, il faut des résultats.»
Dans son bureau parisien de la rue Torricelli, non loin de l'Étoile, entre des photos de ses enfants, des dessins de sa fille aînée et la réplique de la statuette d'un oscar, Virginie Calmels impose donc une certaine rigueur de management.
Le challenge comme élément moteur
Pour diriger, l'ancienne auditrice ne s'est pas entourée d'une «garde rapprochée». «J'ai un comité exécutif de huit personnes, mais ce ne sont pas des “gens à moi”. D'ailleurs, je ne sais pas trop ce que signifie ce terme, dit Virginie Calmels. Le plus important est de partager des valeurs communes et d'avoir un même but.»
Elle prône aussi la complémentarité et préfère avoir des collaborateurs «qui ne se ressemblent pas et ont des particularités». Le challenge est aussi un élément moteur dans sa vie professionnelle. «J'aime bien les gens qui veulent ma place!, lâche-t-elle. C'est plutôt rassurant et sain pour une entreprise. Cela pousse vers le haut. Et puis, j'ai la bougeotte. Je ne reste pas vingt ans dans une boîte.»
Quant à sa condition de femme, ce n'est pas un sujet pour Virginie Calmels. «Je ne fais pas d'ostracisme, affirme la présidente d'Endemol. Je ne privilégie pas les femmes. J'ai une équipe qui reflète la population active du secteur.»
Aujourd'hui, cette femme, qui vient d'abandonner les lunettes et les lentilles après une opération de la cornée, a déplacé les curseurs de sa vie: «J'adore mon travail, mais, désormais, mon plus grand épanouissement, ce sont mes enfants. Cela relativise les choses, surtout dans certaines circonstances.» Comme la bataille sur les Miss France qui oppose aujourd'hui Endemol à Madame de Fontenay.
11 février 1971. Naissance à Talence (Gironde).
1993. Auditrice financière, puis directeur de mission au cabinet Salustro Reydel.
1998. Directrice financière de NC Numéricâble (Groupe Canal+).
1999. Directrice administrative et financière de Sky Gate BV, à Amsterdam (Pays-Bas).
2000. Directrice financière de l'international et du développement, puis directrice générale adjointe de Canal+, enfin codirectrice générale déléguée de la chaîne Canal+.
2003. Directrice générale d'Endemol France, puis PDG en 2007.