
SOMMAIRE DU DOSSIER :
Brigitte Cantaloube, au cœur de la mêlée
Constance Benqué, une ambitieuse «maman»
La bougeotte de Marie-Laure Sauty de Chalon
Valérie Accary, sans préjugés et sans frontières
Katia Hersard, à haut débit
Natalie Rastoin (Ogilvy France) : à fleurets mouchetés
Anne Browaeys, au mérite
Béatrice de Clermont Tonnerre, en mode «commando»
Nathalie Collin, en binôme
Sylvie Kauffmann, le culte de l’info
Frédérique Granado à la barre
Anne Vincent, numéro deux oblige
Alexandra Rocca, le souci du détail
Michèle Ferrebeuf, marieuse de talents
Sophie Sachnine, la touche suédoise
Marion Darrieutort, storytelleuse
Laurence Bricteux, à la perfection
Mercedes Erra, à l'énergie
Maryam Salehi, «l'optimiste réaliste»
Valérie Decamp (La Tribune) : cash woman
Virginie Calmels, à l'anglo-saxonne
Marie-Hélène Boidin-Dubrule (Auchan) : bienvenue chez la chti!
Isabelle Schlumberger, le goût des autres
Marie-Christine Saragosse, très sport
Valérie Toranian, l'école du doute
Alice Holzman, fixe ou mobile ?
Laetitia Olivier, du tac à tac
Sylvie Lagourgue, participative
Corinne Pitavy, consensus et proximité
Martine Hollinger, directe TV
04/10/2010 - Marie-Hélène Boidin-Dubrule, directrice de la communication du groupe Auchan, prise un management de proximité et chaleureux. En digne femme du Nord.
Dans les bureaux du service de communication du groupe Auchan, à deux pas du forum des Halles, à Paris, la maîtresse des lieux, Marie-Hélène Boidin-Dubrule, originaire du Nord, cultive la convivialité. Façon chti. Elle a commencé par faire tomber les cloisons entre les collaborateurs et s'installer au milieu de l'open-space. «Je pense que je suis la seule du groupe à avoir fait ça, sourit-elle. On fonctionne comme une ruche, on doit pouvoir échanger en permanence. En plus, cela contribue à l'ambiance.»
Ici, à quelque 200 kilomètres du siège du groupe (à Croix, dans le Nord), la directrice de la communication et du développement durable est un peu à la tête d'une PME familiale. Et si le mobilier est un brin désuet et la moquette passée, aucune importance pour elle. «Je n'ai pas mon bureau attenant à celui du président, mais on est un peu considérés comme une agence interne et l'on nous fait confiance», se félicite cette femme de cinquante-neuf ans.
Du coup, elle a les coudées franches pour imprimer son style de management à sa petite vingtaine de collaborateurs: «Je suis plus leur “coach” que leur chef. Je les aide à voir clair, à trouver la solution quand ils sont bloqués sur un dossier, tout en leur laissant beaucoup de liberté.» Ce que confirme le responsable des relations institutionnelles d'Auchan, Franck Geretzhuber: «Elle délègue souvent et n'est pas dans le reporting constant.» Mais la patronne exerce un contrôle qualité strict: «J'ai besoin de voir tout ce qui sort de chez moi, je suis exigeante et même intransigeante sur certaines choses, comme les fautes d'orthographe.» Mieux vaut être professionnel. «Si je perds confiance, si le travail n'est pas bien fait, je me sépare de la personne, reconnaît-elle. Et quand il faut recadrer quelqu'un, j'ai tendance à ne pas prendre de gants.»
La valorisation des autres
Au quotidien, Marie-Hélène Boidin-Dubrule revendique un management chaleureux: un pot est organisé à chaque anniversaire ou en cas de succès du projet d'un collaborateur. À Noël, tout le service se retrouve dans la salle de réunion pour un repas à la bonne franquette, où chacun a cuisiné sa spécialité. «Son management est plutôt convivial, confirme Michel Bernard, qui a été son patron pendant cinq ans lorsqu'elle occupait la même fonction à l'ANPE. Du fait de son éducation catholique du Nord, elle considère que les objectifs de l'entreprise ne peuvent pas aller à l'encontre de la société et d'un individu.» En bon chef d'équipe, elle «vend» également très bien ses collaborateurs aux dirigeants du groupe: «Je ne m'approprie jamais leur travail, ils signent tous leurs notes.» Selon son collaborateur Franck Geretzhuber, elle est suffisamment à l'aise pour pouvoir valoriser les autres. Quitte à en rajouter. Mettre un peu trop d'affect dans ses relations, cela peut être un travers de Marie-Hélène Boidin-Dubrule, comme l'explique Michel Bernard: «Elle admire un peu trop ses patrons. Du coup, elle a tendance à les surprotéger, à tout leur pardonner.»
Son parcours en bref
1973. Diplômée de Sciences Po Paris.
1986. Directrice des relations publiques du Crédit du Nord.
1990. Directrice des relations extérieures aux AGF.
1995. Directrice de la communication de l'ANPE.
2000. Directrice de la communication et du développement durable du groupe Auchan.
2010. Parallèlement, présidente d'Entreprise & Médias, l'association des directeurs de communication.