
SOMMAIRE DU DOSSIER :
PRESSE/Vanity Fair et Neon, attendus au tournant
PRÉSIDENTIELLE/de la sobriété et des idées
TÉLÉVISION/ Du bonus sur petit écran
Réseaux sociaux/Priorité aux objectifs
RADIO/L’écoute se digitalise
DEVELOPPEMENT DURABLE / Le DD au sommet
AUTOREGULATION / Protéger l'image des enfants
MANAGEMENT / La dénonciation s'invite dans les entreprises
AFFICHAGE / Panneaux digitaux et assouplissement réglementaire
EVENEMENTIEL / Une nouvelle relation entre réel et virtuel
E-COMMERCE / La grande bataille des sites de mode
SPORT/Les Jeux de Paris… à Londres
TÉLÉCOMS/Free Mobile s'apprête à faire mouvement
PRESSE / Des quotidiens 100% numériques ?
21/12/2011
2012 sera-t-elle l'année du basculement numérique? Après France Soir le 15 décembre dernier, La Tribune pourrait bien être le prochain sur la liste à abandonner son édition papier pour une offre 100% digitale. Sur les cinq offres déposées auprès de l'administrateur judiciaire quelques jours avant Noël, quatre font ce pari. Objectif, réduire les coûts afin de compenser la chute des ventes et des recettes publicitaires que la crise actuelle ne fait qu'accentuer. Un modèle tout numérique vers lequel d'autres journaux pourraient bien être tentés d'aller. Aux États-Unis, plusieurs titres ont déjà sauté le pas, avec des résultats mitigés. Un basculement qui semble inéluctable, si l'on en croit une étude de l'Université de Californie du Sud. D'ici cinq ans, seuls quatre grands quotidiens survivront: le New York Times, le Washington Post, le Wall Street Journal et USA Today. Également épargnés, les hebdomadaires locaux, le reste des titres étant voués à migrer sur Internet ou à disparaître à tout jamais, estime l'étude qui mise sur le «largest and smallest». De son côté, la France a perdu depuis 1950 six quotidiens nationaux (il en restait dix en 2010) et 69 quotidiens locaux (57 en 2010), selon la Direction générale des médias et des industries culturelles. Côté diffusion, la PQN a réduit son tirage de 50% ces soixante dernières années, quand les quotidiens locaux ont vu celui-ci reculer de 21%. Reste à trouver de nouvelles sources de revenus autres que la publicité et la vente de contenus afin de compenser la perte des recettes liée à l'arrêt du papier. L'Agefi a bien réussi sa mutation, en arrêtant la version papier de son quotidien dès 2005. Tout reste à inventer.
En 2012, les enseignes et les marques de prêt-à-porter essaieront de prendre le meilleur pli de la vente en ligne, après s'être réellement apprêtées pour ce mode de distribution. Cette année sera celle de tous les essayages pour les très nombreuses boutiques en ligne lancées en 2011 ou qui sont en passe de l'être. Des stylistes de renom sont ainsi attendus au tournant du Web, comme Karl Lagerfeld et ses nouvelles marques (fin janvier 2012, cf. Stratégies n°1653 du 03/11/2011), mais aussi John Galliano (gallianostore.com a ouvert mi-novembre 2011). Le phénomène ne s'arrête pas aux créateurs, puisqu'il comprend aussi les initiatives d'une enseigne comme Monoprix, qui a inauguré voici quelques mois la vente sur le Web de ses collections femme et homme, ou celles d'un équipementier comme l'italien Kappa, qui a ouvert son magasin en ligne cette même année. Le marché de l'habillement sur Internet devrait ainsi gagner des parts de marché, même si la crise a fait reculer l'ensemble du secteur, tous canaux de distribution confondus, de près de 2,4% entre janvier et décembre 2011. Au premier semestre de l'année 2011, les ventes de vêtements en ligne représentaient 8,8% du marché total de la mode et affichaient une croissance de 16,5%, selon l'Institut français de la mode (IFM) et la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad). Le prêt-à-porter constitue le quatrième type de bien acheté en ligne, après les voyages, les services (billetterie, photo, téléchargements) et les produits culturels. La dépendance aux réductions constitue cependant une faille, car 54% du chiffre d'affaires de la mode sur Internet provient de produits en solde ou en promotion contre 34% tous canaux de ventes confondus.