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communication éditoriale

Des rapports plus intégrés

30/08/2012 - par Hélène Huteau

Normé, soumis à la législation et à la vérification par des tiers, le rapport développement durable entre dans l'ère de la preuve. Au point qu'il pourrait devenir obsolète, s'intégrant dans un compte-rendu stratégique et financier global.

Nouvelle étape dans la transparence des entreprises, la nouvelle législation sur le reporting environnemental et social (loi Grenelle II, art. 225), parue en avril 2012, devrait donner plus de relief et de poids au développement durable (DD). Elle rend l'exercie obligatoire à plus d'entreprises, étend le nombre de critères à renseigner et impose la vérification par un tiers. Les rapports DD devrait du coup sortir de leur routine. Supports de communication souvent indigestes, «jugés complaisants et peu informatifs», selon l'institut RSE Management, ils avaient l'inconvénient de ne pas toucher deux publics clefs de l'entreprise: les actionnaires et les clients.

Dorénavant, l'obligation de faire vérifier les informations extra-financières par un tiers place au même niveau de fiabilité les données environnementales-sociales et les chiffres financiers. Surtout, cela oblige à quantifier toutes les informations. Aujourd'hui, les critères extra-financiers sont présentés en partie de façon qualitative.

La conséquence de ce changement de dimension est l'intégration de l'analyse DD au sein du rapport global. C'est la tendance principale relevée par le cabinet-conseil en développement durable Utopies, dans son étude prospective sur le reporting extra-financier, parue en avril dernier. Les experts anticipent cette évolution dans les deux à dix ans à venir, mais «elle est encore peu incarnée et mise en œuvre, y compris par les acteurs les plus moteurs», remarque Utopies. Loin d'être une simple fusion des rapports financier et extra-financier, le reporting intégré nécessite une analyse du modèle économique et de la stratégie de l'entreprise au regard des enjeux sociaux et environnementaux. La définition exacte du rapport intégré se cherche encore, ainsi que sa cible et son mode de gouvernance, comme en atteste la note de l'International Integrated Reporting Committee (IIRC) de juin dernier, suite à une enquête auprès de deux cents entreprises.

Même Puma, qui a pourtant innové en 2010 en publiant le premier compte de résultat environnemental, monétisant ses impacts écologiques tout au long de sa chaîne d'approvisionnement, n'a pas de rapport intégré. Si le groupe devait prendre en compte le coût total de réparation des services écologiques impactés par ses activités sur les populations et pays concernés, cela risquerait fort de grever son bilan. En outre, il n'existe pas encore de méthodologie reconnue pour donner une valeur monétaire à la perte de biodiversité… Cependant, l'entreprise utilise ces chiffres pour «aider ses employés, actionnaires et fournisseurs à réaliser l'importance des impacts» et «(les) rapprocher des décisions quotidiennes dans l'entreprise», explique son rapport Environnement Profits & Pertes.

Le souçi de la transparence

Selon le cabinet-conseil Utopies, le rapport intégré devrait évoluer vers un compte-rendu assez bref à l'attention des investisseurs, les éléments détaillés étant publiés sur Internet. Une présentation interactive permet de répondre en profondeur aux demandes spécifiques de chaque public. Le défi reste cependant de rendre parlantes les données DD pour le consommateur. «On aura intérêt à faire passer l'information DD dans celle sur le produit ou le service, à l'image de ce que commencent à faire les grands électriciens auprès de leurs clients», conseille Ganaël Bascoul, d'Ernst & Young.

Le rapport intégré améliorera-t-il pour autant la transparence des entreprises? «En apparence, oui, mais il existe un risque de censure des informations au moment où elles entreront dans le rapport financier», répond Elisabeth Laville, directrice d'Utopies. Cependant, on peut compter sur la participation de plus en plus grande des parties prenantes externes pour soulever problèmes et critiques. En effet, l'usage des réseaux sociaux et la culture de «l'open-data», qui se propage depuis les Etats-Unis, avec l'appui de l'administration Obama, incite la société civile à s'emparer des données brutes mises à disposition par l'entreprise (publique ou privée) et à en tirer ses propres conclusions.

Nike a franchi le pas, consciente que l'interprétation des informations qu'elle apporte est perçue comme biaisée. Outre le souci de transparence, l'équipementier sportif attend de l'interprétation extérieure de ses données brutes une vision nouvelle des problèmes et solutions, soit une coconstruction avec ses parties prenantes. Une révolution dans la communication corporate…

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