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La presse médicale au plus mal

07/02/2013 - par Delphine Le Goff

Disparition de titres, chute vertigineuse des investissements publicitaires, perte de crédibilité : les titres de la presse santé spécialisée traversent une crise sévère.

L'année 2012, annus horribilis pour la presse médicale? «Il y a quelques années, on comptait 250 titres, il n'en reste aujourd'hui que 200», remarque Jean-Yves Gunepin, directeur de Conseil média santé et membre du conseil d'administration du Cessim (Centre spécialisé sur les supports de l'information médicale). En décembre 2012, l'un des acteurs principaux du secteur, le groupe Impact Santé, qui éditait une douzaine de titres dont les hebdomadaires Impact Pharmacien et Impact Médecine, fermait ses portes après plus de trente années d'existence, à la suite d'une liquidation judiciaire. Autre incontournable, LeQuotidien du médecin (édité par La Société d'éditions scientifiques et culturelles, filiale du groupe Profession Santé), déjà passé de cinq à quatre numéros par semaine, a entrepris fin 2012 un plan de sauvegarde de l'emploi, et passe en 2013 à une périodicité bihebdomadaire.

Côté publicité, le malaise est profond. «Les investissements publicitaires ont baissé de 19% en 2012», souligne Jean-Yves Gunepin, qui précise que «les titres de médecine généraliste sont en chute libre: les laboratoires lancent moins de produits “blockbusters”, et les produits génériques “matures” ne communiquent plus». De plus, selon Gautier Picquet, directeur général de Zenith-Vivaki (Publicis), «certains laboratoires estiment que ces titres réalisent déjà un discours de fond sur leurs produits. C'est comme dans la presse automobile, peu de constructeurs y communiquent».

 

Haro sur l'indépendance éditoriale 

De plus, les scandales de santé publique ont laissé des traces, comme celui du Mediator en 2011: la presse spécialisée, soupçonnée d'allégeance aux laboratoires Servier, y avait été fortement mise en cause. La loi sur le renforcement de la sécurité sanitaire, le 29 décembre 2011, a fait obligation aux annonceurs d'obtenir un visa de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé avant toute publication promotionnelle. Alain Trébucq, président du Syndicat de l'édition des professions de santé (SPEPS), ne se voile pas la face. «Il y a eu énormément de publicité déversée sur ces titres, dont l'indépendance éditoriale n'a pas toujours été suffisante: tout en reconnaissant une certaine dépendance vis-à-vis des acteurs du secteur, cette presse ne trouvera son salut que si elle regagne la confiance de ses lecteurs.» Pour le président du SPEPS, qui prévoit «une année 2013 encore marquée par un recul des investissements publicitaires, le diagnostic est clair: il n'y a pas d'hésitation à avoir: l'abonnement doit devenir la première source de revenus des éditeurs de presse médicale».

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