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Ressources humaines

Trouver un job en fonction de son âge

14/02/2013 - par Gilles Wybo

On ne cherche pas un emploi de la même manière à 25, 35 ou 45 ans. Panorama des techniques qui marchent selon votre âge.

Faut-il se vendre comme un disque ou un livre sur Amazon pour être la page? La technique a été payante pour Philippe Dubost, un jeune chef de produit Web qui a eu cette idée pour sortir du lot. Au plus fort du «buzz», sa page a reçu quelque 300 000 visiteurs par jour. Il aurait depuis été contacté par une centaine d'employeurs. «La page Amazon, c'est fait, le CV version Pinterest ou vidéo aussi, ces coups ne fonctionnent qu'une fois», prévient Jacques Froissant, qui dirige le cabinet Altaïde. Il faudra trouver autre chose pour se faire recruter en 2013. Avoir la bonne idée ne suffit pas, encore faut-il la mettre en œuvre. Ainsi, Philippe Dubost indique avoir passé deux jours à concevoir son site. Le chef de projet Web Nicolas Catard avait, lui, poussé la chansonnette en 2009 dans un clip vidéo, plutôt réussi. Il parvint à se faire embaucher. Au-delà de ces méthodes expérimentales, voici un panorama des techniques éprouvées par les recruteurs pour trouver un poste dans la communication, en fonction de son âge. 

 

A 25 ans, affirmez votre positionnement

Le tremplin vers l'emploi en début de carrière, ce sont bien sûr les stages (pour ceux qui n'ont pas choisi l'alternance, dont les taux d'insertion sont d'ailleurs bien souvent meilleurs). «A cet âge-là, les derniers stages s'avèrent déterminants, confirme Ange Michelozzi, directeur des ressources humaines (DRH) de Fullsix. Il faut prendre soin de bien identifier les sociétés où l'on aura des chances d'être recruté. Pour beaucoup d'entreprises, c'est également un mode de préembauche. Il ne faut pas se planter.»

Autre clé qui va permettre d'entrer plus facilement sur le marché du travail: la maîtrise des nouvelles technologies. Elles ont envahi tous les métiers de notre univers. Au point que des double cursus business-ingénieur ou marketing-ingénieur fleurissent. A l'exemple de l'agence Fifty-Five, spécialisée dans l'«analytics», qui travaille étroitement avec le master en management des nouvelles technologies de Télécom Paris Tech et HEC. Si vous avez suivi un cursus classique – marketing ou communication – et que vous peinez à vous insérer, pourquoi ne pas y ajouter une petite formation à une nouvelle technologie (le «real time bidding», enchères publicitaires en temps réel, par exemple).

Ensuite, l'étape principale est celle du positionnement: à quel marché je me destine? Quels sont mes clients? Quelles techniques je vais mettre en œuvre pour vendre auprès d'eux? «Même pour des métiers créatifs, on attend des candidats qu'ils aient des parcours cohérents», dit Antoine Mingalon, «chief culture officer» de Criteo. Cela se travaille: il faut parfois élaguer certaines expériences de son CV ou en développer d'autres, afin de donner du sens à ses différents stages.

«Il faut aussi faire du nettoyage sur son profil Facebook, le rendre présentable», rappelle Mary Beth Henson, directrice de la communication chez Viadeo. Et s'inscrire sur les réseaux sociaux professionnels – Linked In et Viadeo – si ce n'est déjà fait. Chez Criteo, société en fort développement (lire page xx), l'essentiel des recrutements se fait via les réseaux sociaux. «Mettez votre profil Linked In à jour, c'est le plus puissant en termes de nombre de membres, au niveau mondial», poursuit Antoine Mingalon.

Une fois votre positionnement trouvé, montrez que vous avez réellement planché sur votre sujet. «Bâtissez votre présence sur le Web, tenez un blog, montrez que vous maitrisez les outils», détaille Jacques Froissant, d'Altaïde. Twitter aussi doit faire partie de l'arsenal du jeune chercheur d'emploi. «Toutes les agences sont présentes sur Twitter, pour se faire repérer, affirmer sa compétence sur un sujet, il peut être intéressant de relayer des études de cas», conseille Grégory Herbé, CEO de My Job Company, site de recrutement par cooptation. Bien sûr, il vous faudra être pertinent sur le contenu… Twitter permet de mener une veille intelligente, de flairer en amont les tendances de recrutement, et même de voir passer des offres de CDI (contrat à durée indéterminée) et CDD (contrat à durée déterminée). Et qui peut être un bon outil d'approche du recruteur. «Un candidat qui suit l'activité de l'agence et me demande de le rencontrer, je dis toujours oui», assure Jean-Noël Chaintreuil, directeur associé de l'agence Digidust. Même si la communication a pour habitude de beaucoup recruter par cooptation.

«Le plus efficace consiste à identifier les agences qui gagnent des budgets et à leur adresser des candidatures bien ciblées, en mettant en avant ses expertises», recommande Pierre Cannet, dirigeant du cabinet Blue Search. Toujours se demander ce que l'on peut apporter à une entreprise.

Enfin, ne négligez pas le porte-à-porte, cela peut aussi payer dans les petites structures. «Je connais un designer qui a été embauché comme cela dans une petite agence de design, il s'est présenté à l'accueil, a demandé à rencontrer le patron et ça marché», relate Damien Crequer, associé du cabinet Taste.

 

A 35 ans, rendez visibles vos expertises

«A cet âge-là, c'est le moment où l'on “explose” dans ses expertises professionnelles, note Damien Crequer. Il faut bien choisir les projets sur lesquels on s'engage pour accéder à des postes de direction. Il faut aussi que les compétences soient visibles.»

Pour mettre en avant vos capacités, y compris vos qualités de management, rien de mieux, là encore, que les réseaux sociaux professionnels. «Il est indispensable d'avoir son profil Linkedin ou Viadeo complété, et surtout de le faire vivre, en y publiant régulièrement des choses, note Charlotte Vitoux-Evrard, responsable du recrutement de Digitas, Zenith-Optimedia et Starcom Mediavest. Il est important aussi de s'inscrire à des groupes de discussion thématiques –“hub”– sur ces plates-formes. Parfois, j'y diffuse des offres directement. Exemple, sur Linked In, le hub “UX Paris” compte 50 personnes, c'est là que je vais publier mon annonce car je sais qu'il n'y en a que 5 ou 6 sur le marché.» Vous pouvez aussi régler votre profil Linked In ou Viadeo pour accepter de recevoir des offres d'emplois ciblées.

Il y aussi des solutions pour améliorer le référencement de votre profil. «Les recommandations sont importantes, d'autant plus que vos contacts peuvent aujourd'hui reconnaître vos compétences sur un domaine en particulier, telle la communication de crise ou le “social media”, dit Mary Beth Henson, de Viadeo. Conséquence, si un recruteur lance une recherche, ces expertises seront prises en compte et votre profil apparaîtra en meilleure place.» Pensez également à mettre à jour votre profil à chaque nouvelle compétence acquise ou nomination, car votre réseau en sera averti automatiquement.

Au-delà des réseaux, cette expertise doit s'exprimer sur d'autres terrains. «Pourquoi ne pas rédiger des livres blancs sur des thèmes qui peuvent servir à l'entreprise, devenir intervenant dans des conférences, et faire comprendre à votre communauté que cette année, vous regardez à l'extérieur», recommande Jacques Froissant d'Altaïde.

A 35 ans, vous entrez encore dans les canons des offres d'emplois destinées aux expérimentés, il est donc indispensable de se créer des alertes sur les principaux job-boards (Monster, Cadremploi, Stratégies emploi…). «Il convient également de se faire connaître des cabinets de recrutement, dit Vincent Monfort, directeur marketing de Cadremploi. Enfin, attention, si vous n'avez pas cherché depuis dix ans à bien vous renseigner par rapport aux méthodes de recrutement, elles ont beaucoup évolué.»

 

A 45 ans et plus, misez sur le réseau réel

Où sont les offres? S'il y a déjà peu d'annonces d'emploi dans la communication, inutile de chercher celles qui demandent plus de vingt ans d'expérience, elles n'existent pas. Pour rebondir à cet âge-là, il faudra compter sur d'autres ressorts. Le premier d'entre eux est votre réseau. «A cet âge, on entre dans les entreprises par la porte de la cooptation. Cela tombe bien, on connait beaucoup de monde. Dans quasiment chaque entreprise de son secteur, il y a une personne avec laquelle on a déjà travaillé, remarque Ange Michelozzi, de Fullsix. Des coups de fil s'imposent.»

A plus de 40 ans, on envoie rarement un CV. En tous cas jamais dans un premier temps. Mieux vaut vous faire recommander. «A cet âge-là, quelqu'un qui m'adresse une candidature en réponse à une annonce, je n'y crois pas, il y a une façon plus délicate d'entrer en contact, note Charlotte Vitoux-Evrard, de Digitas-Zenith Optimedia-Starcom. Miser sur le “réseautage”, participer à des petits déjeuners, des conférences, des débats. Et quand on postule dans une entreprise, arriver avec un projet clé en main ou un client.»

Bien sûr, vous devez aussi envisager d'autres formes de collaboration, devenir «partner» d'une agence, par exemple. «En général, on rencontre un copain directeur général d'une entreprise, avec une expertise dans ses bagages, sur le mobile, par exemple, et l'on crée son propre poste», indique  Jacques Froissant. Au-delà de 40 ans, une entreprise recherche avant tout des «intrapreneurs», capables de développer une nouvelle activité.

Encore faut-il nouer des contacts avec son futur employeur. En la matière, la rencontre réelle donne toujours plus de résultats. «J'étais en relation avec la directrice commerciale d'une régie, je l'ai reçue et je me suis rendu compte qu'elle avait une très bonne connaissance du digital. Du coup, je l'ai proposée à un de mes clients pour un poste de directrice d'une “business unit” dans une agence Web», poursuit Jacques Froissant.

Dans tous les cas, il sera d'autant plus important d'avoir vos compétences à jour par rapport aux dernières innovations. «J'ai récemment vu un directeur de la communication d'un groupe du CAC 40 qui n'avait pas de profil Linked In ou Viadeo, ni de compte Facebook ou Twitter», témoigne Damien Crequer, du cabinet Taste. Une catastrophe, bien sûr, quand il s'agit d'être crédible sur ces sujets-là.

Une formation au digital peut être utile. «Dans des métiers qui évoluent très fortement, où le high-tech prend de plus en plus de place, la remise à jour de ses compétences peut être une façon de lutter contre les discriminations liées à l'âge», souligne Vincent Monfort, de Cadremploi. Le poids des années reste le premier critère de non recrutement (voir tableau).

Si vous êtes en poste et que vous souhaitez partir chez la concurrence, Mary-Beth Henson, de Viadeo, a un conseil: «Participez à des groupes réels et faites-les vivre en virtuel grâce aux réseaux sociaux professionnels. Cela permet de garder contact avec des gens avec lesquels vous avez travaillé il y a dix ans, et de les recontacter même s'ils ont changé dix fois de téléphone et de mail. Encore faut-il animer ce réseau, en envoyant des articles qui peuvent intéresser vos contacts, en postant des contributions dans les “hubs”.»

 «Il faut faire du bruit autour de son profil, qui est devenu le pas-de-porte classique du candidat, et agrandir son réseau en envoyant des invitations, y compris à des chasseurs de têtes», conclut Pierre Cannet, de Blue Search.

 

 

Encadré

Trois coups de pouce pour trouver un job

- Le contrat de génération devrait être adopté définitivement avant la fin mars. Le gouvernement espère qu'il permettra de faciliter l'embauche de jeunes de moins de 26 ans et le maintien dans l'emploi de seniors de plus de 57 ans. Le principe: les entreprises bénéficieront d'un allègement de 4 000 euros annuellement pendant trois ans, moitié pour les jeunes et moitié pour les séniors.
- L'aide à l'embauche pour les moins de 26 ans décidée par les partenaires sociaux dans le cadre de l'accord sur la sécurisation de l'emploi: une entreprise recrutant un jeune en CDI bénéficiera de trois mois d'exonération de cotisation, après la fin de sa période d'essai.

- La mobilité externe volontaire permettra à un salarié, ayant plus de deux ans d'ancienneté dans une entreprise de plus de 300 salariés, de tester un emploi dans une autre société, puis, le cas échéant, de réintégrer son précédent employeur.

 

 

Sous-papier

Les discriminations à l'embauche persistent

Un cadre sur trois juge que les comportements et pratiques discriminatoires ont augmenté dans les entreprises au cours des dix dernières années, selon une étude que vient de publier l'Association pour l'emploi des cadres (Apec). La 6e vague du Baromètre sur la perception des discriminations dans le travail réalisée par l'Ifop confirme cette tendance: près de 3 actifs sur 10 déclarent avoir été victimes d'au moins une discrimination dans le cadre professionnel. Les situations discriminatoires les plus fréquentes (c'est-à-dire celles ayant touché plus de 1 actif sur 10) concernent les évolutions de carrière, le travail au quotidien, les barrières à l'embauche ainsi que les augmentations de salaire et/ou les primes.

L'âge, facteur le plus discriminant

Pourtant, depuis 2000, le législateur a été actif sur le front de la lutte contre les discriminations. Une loi en 2001 a fixé les dix-huit motifs de discrimination interdits (origine, sexe, âge…), une autre de 2008 a défini les discriminations dans le droit français. Un volontarisme qui n'a pas réglé tous les problèmes. Les discriminations persistent à l'embauche et repartent même de plus belle dans la période de crise actuelle. «L'âge est le critère le plus cité comme facteur discriminant», décrypte Pierre Lamblin, directeur du département études et recherche de l'Apec.

A l'étape de l'entretien, c'est même pire qu'avant: entre 2005 et 2012, la part des cadres ayant ressenti une discrimination est passée de 28 à 34%. Ce sentiment fait le plus souvent suite à des remarques ou questions sur la situation de famille (mode de garde, disponibilité, projets de grossesse…), sur les origines ethniques ou sur l'âge du candidat. Autre frein important – et paradoxal – au recrutement: le chômage. «Trente-huit pour cent des cadres jugent que le fait d'être sans emploi depuis plus d'un an est un obstacle pour se faire recruter», souligne Pierre Lamblin.

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