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Bilan presse 2012

On le pressentait déjà en 2011: la presse a connu une année 2012 très bousculée.
Lors du 23e Observatoire de la presse, célébré le 21 mars au Pavillon Gabriel, à Paris, les chiffres ne prêtaient pas à sourire. La presse française, soit 3,924 milliards d'exemplaires en 2012, avec 845 titres contrôlés par l'OJD, a connu un recul global (-3,8%). Comme le rappelait Dominique Delport, président d'Havas Media, «la presse payante française est en baisse depuis dix ans». De fait, la vente en kiosques des titres grand public a connu un diminution de 34,6% sur dix ans.

Ainsi, la presse quotidienne, soit 1,945 milliard d'exemplaires payés en France par an, a accusé une chute de 3,7%: les quotidiens nationaux reculent de 7,8%, à 476 millions d'ex., tandis que les quotidiens régionaux perdent 2,3%, à 1,468 milliard d'ex. «Mais si on ne prenait pas en considération l'arrêt de France Soir et de La Tribune, on se situerait plutôt aux alentours de -1%», nuance Dominique Delport. La presse magazine, fleuron français, n'est pas non plus à la fête, avec une diminution de sa diffusion de 4,4% en 2012, à 1,687 milliard d'ex. (dont 18% sont constitués par les suppléments TV et 10% par les suppléments féminins). Trois familles dominantes du papier glacé, la presse TV et féminine (-3,4% chacune) ainsi que les news (-2,4%), limitent leur recul.

«Situation inquiétante du réseau de distribution»

L'environnement à la baisse, dans lequel aucune famille n'est épargnée, n'est pas dû à la seule concurrence d'Internet ou à un contexte de crise, note Dominique Delport, qui rappelle que «depuis l'après-guerre, on compte 30% de kiosques en moins en France». Patrick Bartement, directeur général de l'OJD, insiste aussi sur «la situation inquiétante du réseau de distribution», avec la fermeture, rien qu'en 2012, de 1 082 points de vente, sur un parc de 27 500, selon l'Union nationale des diffuseurs de presse (UNDP).

Stéphane Bodier, président de Mediabrands et de l'OJD, affiche un optimisme «lié au futur essor de la diffusion digitale», les versions numériques ne représentant que 0,69% de la diffusion. Pour Dominique Delport, une étude de Pew Reseach montre néanmoins que «pour un dollar créé dans le numérique, c'est douze dollars de perdus pour le papier». «Le "paywall [mur payant] peut être un moyen de s'en sortir», ajoute-t-il. Tout comme l'innovation: tous les trois mois, il s'agit, pour les éditeurs, de sortir quelque chose de nouveau...» Pour Pierre Conte, directeur général adjoint du Groupe Figaro et président d'Audipresse, ces difficultés sont sources d'opportunité: «C'est en période de crise qu'il s'agit d'investir.»

Delphine Le Goff

On le pressentait déjà en 2011: la presse a connu une année 2012 très bousculée.
Lors du 23e Observatoire de la presse, célébré le 21 mars au Pavillon Gabriel, à Paris, les chiffres ne prêtaient pas à sourire. La presse française, soit 3,924 milliards d'exemplaires en 2012, avec 845 titres contrôlés par l'OJD, a connu un recul global (-3,8%). Comme le rappelait Dominique Delport, président d'Havas Media, «la presse payante française est en baisse depuis dix ans». De fait, la vente en kiosques des titres grand public a connu un diminution de 34,6% sur dix ans.

Ainsi, la presse quotidienne, soit 1,945 milliard d'exemplaires payés en France par an, a accusé une chute de 3,7%: les quotidiens nationaux reculent de 7,8%, à 476 millions d'ex., tandis que les quotidiens régionaux perdent 2,3%, à 1,468 milliard d'ex. «Mais si on ne prenait pas en considération l'arrêt de France Soir et de La Tribune, on se situerait plutôt aux alentours de -1%», nuance Dominique Delport. La presse magazine, fleuron français, n'est pas non plus à la fête, avec une diminution de sa diffusion de 4,4% en 2012, à 1,687 milliard d'ex. (dont 18% sont constitués par les suppléments TV et 10% par les suppléments féminins). Trois familles dominantes du papier glacé, la presse TV et féminine (-3,4% chacune) ainsi que les news (-2,4%), limitent leur recul.

«Situation inquiétante du réseau de distribution»

L'environnement à la baisse, dans lequel aucune famille n'est épargnée, n'est pas dû à la seule concurrence d'Internet ou à un contexte de crise, note Dominique Delport, qui rappelle que «depuis l'après-guerre, on compte 30% de kiosques en moins en France». Patrick Bartement, directeur général de l'OJD, insiste aussi sur «la situation inquiétante du réseau de distribution», avec la fermeture, rien qu'en 2012, de 1 082 points de vente, sur un parc de 27 500, selon l'Union nationale des diffuseurs de presse (UNDP).

Stéphane Bodier, président de Mediabrands et de l'OJD, affiche un optimisme «lié au futur essor de la diffusion digitale», les versions numériques ne représentant que 0,69% de la diffusion. Pour Dominique Delport, une étude de Pew Reseach montre néanmoins que «pour un dollar créé dans le numérique, c'est douze dollars de perdus pour le papier». «Le "paywall [mur payant] peut être un moyen de s'en sortir», ajoute-t-il. Tout comme l'innovation: tous les trois mois, il s'agit, pour les éditeurs, de sortir quelque chose de nouveau...» Pour Pierre Conte, directeur général adjoint du Groupe Figaro et président d'Audipresse, ces difficultés sont sources d'opportunité: «C'est en période de crise qu'il s'agit d'investir.»

Delphine Le Goff

Bilan presse

Tous en baisse (presse magazine)

04/04/2013 - par Delphine Le Goff

Toutes les famille de presse ont essuyé un recul de leur diffusion en 2012. Les news magazine limitent les dégâts.